EMBRUNS

Louise Mey

360 pages

Fleuve Editions, 2017 / Pocket, mai 2018

Les Moreau forment la famille Parfaite. Enfin, surtout les parents, très complices, très amoureux : Chris le père détient un magazine de tourisme sportif, Béa la mère est architecte. Ils élèvent Bastien, 22 ans et Marion, 17 ans, dans le respect de l’environnement, du beau, du durable. Ils leur ont aussi appris des rudiments de survie.

Lorsque Chris reçoit une invitation pour passer un week-end dans une maison sur une petite île bretonne, il y voit également le moyen de permettre à sa fille de surmonter sa phobie de l’eau. Bastien tente de rassurer sa sœur : « Allez p’tite tête, ça va bien se passer ».

Sauf que Marion décide un soir de rester se reposer tandis que ses parents et son frère vont se promener. Et lorsque ceux-ci rentrent, Marion a disparu. Pire, un couteau ensanglanté est retrouvé dans la cuisine.

Désunie, la famille Parfaite commence à s’effriter, surtout lorsqu’elle se rend compte qu’aucun téléphone ne fonctionne sur l’île à cause de la tempête, et que seuls les habitants quelque peu « primaires » peuvent les aider à retrouver Marion sur cet endroit devenu très hostile. Comme le constate Chris : « Depuis leur arrivée sur l’île, l’équilibre parfait, la fluidité de ce quotidien sans écueil semblait se détraquer, et il devait reconnaître qu’il n’était simplement pas habitué à se retrouver dans la merde. Voilà, c’est ça, ils étaient dans la merde. »

Une battue s’effectue alors, dans le noir, en pleine tempête, à la recherche de la jeune fille : « ils étaient coincés dans une toute petite cachette, sur une toute petite île, au milieu d’une très grande mer, sans rien. Juste eux. Eux, leurs ennemis et les embruns. »

Une histoire angoissante, les phobies mises à l’honneur (la peur du noir, la claustrophobie, la peur de l’eau), des personnages déroutants et de superbes descriptions des paysages balayés par les éléments. Une mise en scène soignée. Un thriller comme je les aime.

Une belle découverte au SMEP 2018 d’une auteure que je suivrai désormais.

Citations :

« Là où ils avaient déballé le pique-nique quelques heures auparavant, de lourdes vagues s’éclataient sur le sol, frappant la plage comme s’il y avait un compte à régler, quelque chose de très ancien, une rancune tenace de la mer contre la petite île et sa fierté de haricot, l’outrecuidance de la terre qui osait résister. »

« Prisca se tut une seconde. Béa écoutait, tendue, le silence bourdonnant qui lui résonnait dans l’oreille. Il n’y avait pas de tonalité. Elle pressa le bouton. Le pressa encore. Rien. Pas de tonalité.

Pas de tonalité.

Pas de téléphone. »

« Leurs mouvements étaient précautionneux, comme une danse au ralenti, comme des mouches tentant de ne pas faire vibrer une toile d’araignée. Les couleurs des feuillages changeaient avec la lumière. Ils eurent beaucoup de temps pour observer les nuances de vert qui se coulaient de gris en bleuté, en passant par des teintes cuivre et amande. »

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :