Écume de sang

Elizabeth Haynes

378 pages

Presses de la cité, 2012

Tellement emballée par le premier livre écrit et publié en français d’Elizabeth Haynes, Comme ton ombre, j’ai laissé passer quelques lectures avant de me plonger dans Écume de sang, de peur d’être déçue.

Mais j’ai tout de même été déçue…

L’histoire de départ est plutôt intéressante : Gennie a plaqué son boulot, son appartement, bref, sa vie d’avant à Londres pour retaper une péniche dans le Kent, le rêve de sa vie.

Mais la nuit suivant sa pendaison de crémaillère, une de ses anciennes connaissances, Caddy, est retrouvée morte noyée près de sa péniche.

Gennie ne veut pas dire qu’elle la connaissait, car Caddy et elle exerçaient une activité de danseuses de pole-dance dans un club pour messieurs. Et qu’un des proches du patron, Dylan, avait confié à Gennie un colis en toute discrétion, dont elle soupçonne qu’il n’est pas très légal.

Gennie ne sait plus trop vers qui se tourner, surtout lorsqu’elle se fait agresser sur sa péniche. Mais un gentil policier pourrait bien l’aider…

Alternance du passé et du présent qui permettent de découvrir l’histoire de Gennie à Londres, mais il y a beaucoup d’invraisemblances.

Pour moi le plus intéressant a été de découvrir la partie concernant la retape de la péniche, ainsi que celle des activités nocturnes de Gennie. Le reste est plutôt cousu de fil blanc, sauf un petit retournement qui fait sourire.

A lire pour se divertir, mais pas du tout dans la lignée du précédent ouvrage.

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L’Absente de Noël

Karine Silla

442 pages

Éditions de l’Observatoire/Humensis, 2017

« Vous, les Occidentaux, vous avez l’horloge, nous, les Africains, nous avons le temps. »

Voilà qui pourrait résumer ce très beau roman de Karine Silla, auteure franco-sénégalaise. Sous prétexte de nous raconter l’histoire de la famille composée, recomposée et décomposée qui part à la recherche de Sophie, jeune idéaliste de 20 ans, Karine Silla propulse le lecteur dans un Sénégal haut en couleurs et en bruits, par contraste avec le froid Noël français.

Sophie est partie pour un voyage humanitaire dans ce pays et doit revenir pour fêter le réveillon en famille. Oui mais quelle famille!

Sophie ne rentre pas, alors presque d’un coup de tête, la seule chose plausible c’est d’aller la chercher.

C’est majoritairement Virginie, la maman protectrice de Sophie qui narre les événements et les ressentis, mais tour à tour, on explore les pensées des autres personnages. Le beau-père réparateur, Gabriel, essaie de maintenir les soupapes en-dessous du point de rupture.

Chloé, la sœur de Sophie, est jalouse de l’attention encore une fois portée à son aînée.

René, père de Virginie, grand-père de Sophie, est celui qui se montre le plus équilibré.

Antoine, le père de Sophie, ainsi que son épouse Fanny et leur fils Paul, vont se retrouver embarqués malgré eux dans l’aventure.

Et tout ce petit monde qui s’ignorait jusqu’alors va devoir cohabiter : dans un avion, puis dans un minibus, enfin dans un hôtel. Les rancœurs, les non-dits, la haine parfois vont enfin s’exprimer après tant d’années de mensonges et de souffrances.

N’eussent été les superbes descriptions du Sénégal, des odeurs, des bruits, des couleurs, des individus aux croyances ancestrales, on aurait pu croire à un huis-clos.

La confrontation des croyances et des modes de vie, ces instants transportés hors du temps habituel vont permettre à ces personnes que tout semble opposer de construire un pont, grâce à la sagesse et à l’humanité de Sénégalais très attachants.

Une très jolie découverte.