Mortel Caravage

Renée Bonneau

207 pages

Nouveau Monde Éditions, avril 2018

Décidément, mes lectures ce mois-ci m’ont ramenée vers l’histoire et notamment la Deuxième Guerre Mondiale et ses exactions.

Après les jeunes enfants arrachés à leurs parents pour intégrer le programme Lebensborn, après la douloureuse découverte de son ascendance allemande par un jeune magnat de l’immobilier New-Yorkais, voici un livre qui relate « l’ « aryanisation » des biens juifs » et notamment les œuvres d’art.

L’auteure est partie d’une probable copie du tableau « Judith décapitant Holopherne » du Caravage réalisée par le peintre lui-même au début du 18ème siècle, peu avant sa mort. On retrouve cette copie chez un galeriste d’art juif en 1941, Mathias Wengel. Mais c’est l’époque où les œuvres d’art sont pillées par les nazis et notamment Goering. Aussi Wengel décide-t-il de mettre à l’abri le tableau, avec l’aide de sa fille Judith.

Mais c’est sans compter l’acharnement d’un SS, ancienne connaissance de Judith, qui met en jeu un sordide contrat pour récupérer le tableau. Judith doit fuir et Wengel est arrêté. Bientôt la fin de la guerre, mais les Russes ont aussi envie d’art…

Ce court roman réussit à mettre en avant les méthodes des SS pour s’approprier des œuvres incomparables, ainsi que celles des Russes non moins condamnables. Le roman d’invention est très documenté (la première partie sur la réalisation du tableau par le Caravage notamment) et l’histoire de Judith et de son père est plausible au regard des faits réels rapportés après la libération.

Une découverte intéressante.

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Tous complices

Nicci French

415 pages

Fleuve Noir, Univers Poche, 2011

Bonnie doit monter un groupe de musiciens pour jouer au mariage d’une de ses amies. Bonnie pioche parmi ses connaissances et un nouvel arrivé, Hayden, s’avère le plus talentueux. Mais le plus cynique aussi. Il vit aux crochets des uns et des autres, a une moralité douteuse et semble semer la zizanie partout où il passe. Mais Bonnie tombe amoureuse. Et voilà qu’Hayden meurt.

Qui donc a bien pu le tuer? Pour quelles raisons?

Bonnie relate dans des chapitres alternés les faits et gestes de chacun avant et après la mort d’Hayden.

L’histoire est finement orchestrée par le couple French, qui fait tourner le lecteur en bourrique, le héros malgré lui étant un homme tour à tour attachant et repoussant et les suspects potentiels nombreux. Le fait que l’histoire soit racontée par Bonnie, personnage central en tant que chef d’orchestre du groupe, est très habile car elle a une vision élargie des implications de la mort d’Hayden, et elle en est elle-même partie prenante. C’est gênant, déconcertant et donc hautement intéressant.

Mais pas le meilleur des Nicci French, car un peu lent à mon goût.

Je regrette par ailleurs le travail d’édition, car je crois n’avoir jamais lu un livre avec autant de fautes et d’oublis de mots…