La beauté des jours

Claudie Gallay

404 pages

Actes Sud, 2017

Vous est-il déjà arrivé de croiser les regards des voyageurs dans le métro ou le train et d’essayer de deviner leur vie? Moi oui.

Mais Jeanne, la quarantaine, elle, va beaucoup plus loin. Elle suit des gens, elle invente, elle envisage. Pourtant, dans la vie de Jeanne, tout est bien réglé : un mari, deux filles, une famille qu’on retrouve tous les dimanches. Trop réglé peut-être. Parce que si cette routine la rassure, elle la bloque aussi. Et l’artiste serbe Marina Abramović (qui existe « en vrai »), qu’elle admire depuis son adolescence, lui sert de prétexte pour remettre sa vie en question.

Elle rencontre par hasard son premier amour, sa meilleure amie connaît une rupture, ses filles désertent la maison familiale, cet été semble finalement moins routinier qu’il n’y paraît.

Un très joli livre qui invite à réfléchir sur ce qui fait le sel de la vie, les habitudes qui naissent de ce que d’autres ont imaginé pour nous (les phrases de la mère de Jeanne sont tellement réductrices!), la peur du changement et de ce qu’il pourra induire, la façon dont l’art peut également permettre d’envisager le dépassement de soi et de ses propres doutes… ou de se rendre compte qu’on est très bien comme ça.

La découverte aussi d’une artiste dont je ne connaissais pas l’œuvre, très intéressante dans ses recherches de sublimation des relations humaines et des ressentis.

Une héroïne rêveuse et fantasque, au sein d’un univers banal, à qui il est donc facile de s’identifier, un livre qui fait du bien.

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