Dernière escale

James Patterson

380 pages

Le Livre de Poche, 2011 (L’Archipel, 2010)

Une petite croisière dans les Bahamas, ça vous tente?

C’est le projet de l’été pour Katherine Dunne, ses enfants Mark, Carrie et Ernie ainsi que son beau-frère Jake.

Le but de Kate est de resserrer les liens distendus avec ses enfants – l’un se drogue, l’une est anorexique, le dernier est triste et tout ce petit monde se chamaille -depuis la mort de Stuart, leur père, et son remariage avec Peter, un avocat en vue.

Voilà donc les 5 navigateurs embarqués sur le bateau familial, mais très vite une avarie va obliger chacun à modifier son comportement, jusqu’à ce qu’une tempête éclate… et que le bateau explose! La petite famille ne peut compter que sur elle-même, car les secours semblent bien long à arriver.

On les croit morts d’ailleurs, jusqu’à la découverte d’un message dans une bouteille.

Les chapitres sont courts, alternant la narration de Kate et le récit des faits et gestes de Peter et des sauveteurs.

C’est haletant, c’est un thriller, … donc tout n’est peut-être pas si limpide dans la nouvelle vie que Kate a voulu reconstruire. D’ailleurs, même des services spéciaux s’en mêlent! L’écriture est fluide et on embarque très vite dans l’histoire, c’est divertissant.

Et comme il s’agit d’un « one-shot », nul besoin de lire les 25 ouvrages précédents… et donc pas d’excuse!

Je n’avais pas lu de roman de James Patterson depuis une dizaine d’années je pense, donc bien contente de mes (8) acquisitions récentes d’ouvrages de l’auteur en Ressourcerie ou ailleurs.

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Le malheur du bas

Inès Bayard

268 pages

Albin Michel, 2018

Rentrée littéraire

Une vie banalement heureuse, un désir d’enfant, puis une sauvage agression qui remet tout en cause : Marie a été violée par son patron, n’a pas osé le dire à son entourage, même pas à son mari. De peur de tout perdre, de peur qu’il la regarde autrement. Et c’est la lente déchéance de la vie conjugale, mais également l’entrée dans une sorte de folie quand elle apprend qu’elle est enceinte. Le père de son enfant ne peut être que son violeur. Marie va donc reporter sa haine sur cet enfant.

On entre dans le livre par une effroyable scène, point final de ce qui est arrivé à Marie. Ce n’est qu’ensuite qu’on découvrira tout le processus qui l’a menée à cette extrémité. Toute la narration est au présent de l’indicatif, ce qui accentue cet ancrage dans le présent : le passé est aboli, il n’y aura pas d’avenir. La beauté de ce qui faisait la vie de Marie se pare bientôt de couleurs sombres, son univers se craquelle, ce qui lui plaisait la rebute désormais. Tout n’est que dégoût. Les descriptions sont claires, pas de place pour la minauderie : le corps peut exulter sous la passion, il peut aussi régurgiter sous l’indicible, c’est lui qui trahit ce que la bouche se refuse à dire.

Les questions posées par ce roman sont prégnantes : comment l’entourage d’une victime réagira-t-il face à cet aveu? Comment aider la victime ? Comment une femme à qui tout sourit peut-elle être ainsi amenée à garder ce secret, continuer à vivre, jusqu’à commettre l’irréparable? Quelle est vraiment la place de la femme dans la société moderne qui prône tant l’égalité des sexes? C’est la question de la dénonciation d’un acte qui pourrait entraîner la destruction d’une famille.

Un roman coup-de-poing, car le sujet, autant que le viol et ses conséquences sur une femme, c’est la plongée dans l’intimité d’un couple après un tel acte. Certains passages sont d’une telle violence qu’on voudrait venir en aide à Marie, même malgré elle.

Lu très vite, âmes sensibles s’abstenir, peu sensibilisés au sujet également… la psychologie d’une victime n’a rien à voir avec celle d’une personne lambda.

Bouleversant, une vraie claque.

Citations

« Il existe peu de femmes véritablement misanthropes, qui osent porter la responsabilité de ne pas être actives ni sociables. Le laisser-aller d’un homme est souvent considéré comme plus naturel, voire poétique. Celui de la femme est contre nature. »