Les vies qu’on s’invente

Nando López

270 pages

Sol y Lune Éditions, 2018

Merci aux Éditions Sol y Lune pour m’avoir fait parvenir ce livre (associé aux goodies de la photo, un grand merci supplémentaire!), et à Babelio pour me l’avoir fait gagner lors de la masse critique de septembre 2018.

Avant d’aborder le fond du livre, une petite réflexion sur sa couverture : elle est magnifique! Sur fond noir, des soleils et lunes parsemés en surimpression qui mettent en exergue le couple au centre de l’histoire, et les couleurs projetées sur les visages plongés dans leur intense réflexion. Visage tourné vers le passé pour l’homme, vers le futur pour la femme.

Les codes typographiques (marges et hauts et pieds-de-pages très réduits, succession des chapitres sans transition), qui sont différents des éditions que je lis habituellement m’ont un peu perturbée au début, mais je m’y suis vite faite.

La narration alterne entre l’histoire de Leo, l’homme, et celle de Gaby, son épouse, la quarantaine tous les deux.

Madrid. Ce lundi soir, Leo, par temps pluvieux, dans « un virage sans visibilité », heurte avec sa voiture une silhouette qui a soudain surgi devant lui. Mais il continue sa route. Comme il considère que ce n’est pas de sa faute – après tout il n’y est pour rien si cette personne a traversé à ce moment et à cet endroit- et qu’il ne veut pas détruire l’équilibre de sa famille, il va rentrer chez lui et faire comme si. Comme si rien n’était arrivé. Un mensonge de plus dans sa vie, car il est coutumier du fait. Mais il doit cacher les preuves pour ne pas être démasqué et va s’intéresser de près à l’enquête pour voir s’il risque d’être inquiété.

De son côté, Gaby s’ennuie dans son couple, dans son travail, dans sa vie tout court. A quarante-huit ans, elle aime son mari Leo, son fils adolescent, Adrián, mais ne trouve plus sa place. Elle n’en peut plus d’être superwoman et de devoir répondre présente pour plaire à tout le monde. A la faveur d’une discussion avec son meilleur ami Jorge, elle fait le pari de se trouver un amant. Elle a une semaine. Pour trouver. Mais aussi pour apprendre à mentir.

La communication n’existe plus dans le couple formé par Gaby et Leo. Ils vivent ensemble, mais en parallèle. Au lieu de s’épancher, de trouver une oreille attentive et un soutien, chacun raconte donc à l’autre ses « petits arrangements avec la vérité », la dissimulation devenant obligatoire pour que leur couple survive. Mais jusqu’à quand?

Car Leo et Gaby sont dans deux optiques très différentes : Leo veut surtout avancer dans sa vie, personnelle et professionnelle, quitte à mentir pour arriver à ses fins. Il n’éprouve aucun regret et finit même par croire aux mensonges qu’il raconte. Sa principale crainte étant d’être démasqué, il met tout en œuvre pour que cela n’arrive pas. Tout.

Par contre, Gaby est profondément affectée par ses propres mensonges et les cachotteries qu’elle commet. Elle se remet constamment en question. Il s’agit plus pour elle d’une période de transition dans sa vie, rendue possible par ses mensonges, mais qui ne saurait durer.

Ce livre explore notre façon de considérer nos faits et gestes, les décisions que nous prenons, au travers de deux personnages qui vont être confrontés à leur propre conduite et la façon dont celle-ci va rejaillir sur leurs proches et d’autres personnes : s’affranchir de la vérité, finir par croire à des mensonges jusqu’à ce qu’ils deviennent une réalité absolue. Et peut-être même en toute impunité.

Drame, polar, roman à ressorts psychologiques, c’est un ouvrage inclassable qui m’a permis de découvrir un auteur dont j’aimerais lire les autres écrits.

Citations

« Maintenant je suis en train d’occulter quelque chose qui s’est vraiment passé, alors que l’autre fois je m’étais limité à mentir sur la façon dont cela s’était passé. Ce n’était qu’une question de nuances. Et de point de vue. »

« Que c’est triste d’avoir l’impression que nous ne sommes pas fâchés à cause de ce que nous nous disons, mais à cause de toutes ces choses que nous nous taisons. D’une certaine façon, nos disputes commencent à éclater par omission. »

« Ce qui m’inquiète est qu’autant de petits mensonges soient le résultat des efforts pour occulter quelque chose de beaucoup plus important. »

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