Éditorial : le livre audio et moi, première partie

Les origines

J’ai toujours aimé écouter la radio. Pas de télévision chez moi enfant, j’ai donc été élevée au son des histoires extraordinaires et souvent macabres de Pierre Bellemare à mi-journée.

J’ai bien aimé également des feuilletons audios programmés dans les années 80/90, et plus récemment les historiques de Franck Ferrand ou de Christophe Hondelatte.

J’avais aussi testé, enfant, sur 33 tours, les histoires du Club des Cinq d’Enid Blyton (à plusieurs voix, avec fond sonore, mais tellement mal interprété!) ou les contes d’Alphonse Daudet (« Ah quelle était belle la petite chèvre, avec sa houppelande »), narrés par la voix pleine de soleil de Fernandel ou encore les classiques contes de Perrault (Blanche-Neige, La belle au bois dormant, …).

L’oubli

Mais devenue adulte, et malgré sa généralisation, j’avais quelques réticences à me tourner vers le livre audio. Mais pourquoi donc? Sans doute parce que pour moi, lire, c’est se caler dans un endroit pour m’évader totalement avec un ouvrage dont je peux tourner les pages. J’ai testé le livre numérique, il m’arrive d’y succomber, mais bien plus rarement. J’aime l’odeur du papier, j’aime explorer les pages, revenir en arrière, reprendre à nouveau… et ma faculté de concentration et de mémorisation est bien plus grande avec un visuel, comme la grande majorité de la population.

Le retour aux origines

Mais je m’égare. Le livre audio ne m’était donc pas totalement inconnu, mais ne me paraissait pas vraiment adapté à ma condition de « livrivore » (néologisme!). Oui mais voilà, les dernières années ont été marquées par une recrudescence de lectures, mes autres activités manuelles de détente étant impossibles. Alors une reprise professionnelle se profilant, je me suis demandée comment conserver un rythme de lecture relativement soutenu malgré l’utilisation quotidienne de ma voiture (oui je sais, écologiquement je devrais prendre les transports en commun, mais 1 h 15 aller-retour versus 3h, mon choix est vite fait!).

La difficile sélection du livre audio

Alors j’ai décidé de tester le livre audio. Avec appréhension. Ridicule. Parce que la radio est tout de même mon principal outil de détente en voiture, que j’y écoute des émissions très diverses ou que je passe de la musique sur mon lecteur de CD pour chanter bien à l’abri des oreilles d’autrui (s’il pleut demain, vous saurez qui incriminer!).

Oui mais quoi??? Quel type? Concentration, mémorisation. Les deux enjeux. Il fallait donc une histoire qui retienne mon attention. Donc plutôt un polar ou un thriller, qui me tiendrait en haleine, et dont je ne risquerais pas d’oublier l’intrigue entre deux trajets. Et plutôt avec bonne presse, et d’un auteur que je connaissais.

Que pouvais-je donc choisir qui me tienne en haleine??? La suite dans la deuxième partie, très prochainement!

PS… Si vous suivez ce blog, vous savez déjà quel a été mon premier choix de lecture audio… mais pas forcément pourquoi!

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Am, Stram, Gram… Ce sera toi qui me plairas!

Catherine-Rose Barbieri

357 pages

Éditions Eyrolles, 2019

Ravie, ravie, ravie! Touchée par ce premier roman plein de fraîcheur et d’humour, de gaieté et jolis sentiments qui font du bien dans la grisaille de ce mois de novembre! Et quand je parle de bons sentiments, ce n’est pas niais, bien au contraire.

Car l’histoire comptée par Catherine-Rose Barbieri nous entraîne dans la vie de Camille, jeune Lyonnaise de 25 ans, qui semble s’ennuyer dans son job, dans ses baskets, car très seule. Pourquoi? À cause d’une déception amoureuse qui lui a ôté toute confiance dans les hommes notamment, mais également dans l’humanité. Devenue un brin paranoïaque, Camille préfère les livres et les séries à ses compagnons bipèdes.

Aussi Camille est-elle surprise le jour où elle reçoit un mail anonyme d’un admirateur dont elle va chercher l’identité tout au long du livre, guettant des signes à chaque rencontre masculine, pour le plus grand bonheur du lecteur!

Cette quête va l’amener à s’ouvrir aux autres, qu’il s’agisse de ses collègues de bureau, dont elle découvre une face cachée bien loin des a priori qu’elle pouvait tenir, ou des personnes demeurant tout près d’elle dans son immeuble. Avec l’aide de sa meilleure amie Anna, Camille va connaître bien des bouleversements dans sa petite vie bien rangée, pour le meilleur!

L’écriture est fluide, et avec en fond les rues et monuments de Lyon, on s’attache très vite à Camille. Elle est sincère, pleine d’humour, on compatit avec ses gênes, ses doutes, et on vit intensément avec elle sa recherche de l’auteur anonyme de ces mails. Les autres personnages, dont Anna et Colm, sont bien campés également et j’ai trouvé bien agréable ce jeune homme droit et rassurant, à l’écoute des autres.

C’est un très joli livre que j’ai beaucoup aimé, un vrai coup de cœur, car il fait du bien!

Bien qu’étant un roman, il distille subtilement des messages aux aspects de conseils en développement personnel, notamment sur la possibilité de se reconstruire après un échec amoureux même très difficile.

Un grand merci aux Éditions Eyrolles et à Babelio de m’avoir permis de découvrir cet ouvrage et son auteure, dans le cadre de la rencontre organisée le 16 novembre 2018.

Citations

« C’est hyper traître, la vodka-pomme. On croirait boire un jus de pomme vaguement aromatisé à quelque chose et on ne se rend compte que trop tard de la montée en flèche de son taux d’alcoolémie. »

« Depuis quand son cerveau souffre-t-il d’un syndrome proche de celui de la Tourette, l’amenant à PENSER n’importe quoi, n’importe quand, en présence de n’importe qui ? C’est comme avoir quelqu’un qui te parle dans l’oreillette en même temps que tu discutes avec une autre personne. Comme un présentateur de télé qui doit gérer les conneries que la régie lui débite en même temps qu’il s’adresse au public. »

« Camille se sent parfois enfermée dans une tour dont les seules ouvertures sur le monde seraient des meurtrières. Ça paraît glauque, un donjon, mais ça peut aussi être rassurant, parfois. On se sent à l’abri, loin du tumulte, protégé des hordes sauvages au dehors. Des fois, on envisage même d’installer des rideaux occultants aux meurtrières, parce que le peu de lumière qui entre suffit à créer des reflets sur l’écran de la télé. Et quand on s’y est habitué, à son donjon, on a du mal à avancer sereinement au grand jour, parce qu’on se sent constamment exposé. Et même quand on a réussi à sortir et à passer les douves, on continue malgré soi de voir les gens comme à travers l’orifice d’une meurtrière, c’est-à-dire mal, de loin, comme des ennemis qui voudraient nous percer de flèches. »