Le journal de ma disparition

Camilla Grebe

428 pages

Calmann-Lévy, 2018

Deuxième livre du challenge annuel lancé par Séverine (blog Ilestbiencelivre), avec pour le mois de janvier la consigne de lire un livre avec une couverture évoquant l’hiver.

Ce livre fait suite à Un cri sous la glace, on y retrouve les mêmes personnages, qui doivent aider à résoudre une vieille affaire du meurtre d’une enfant dans un petit village enneigé, Omberg.

Mais voilà que Peter a disparu. Hanne est retrouvée errant dans la neige et ayant perdu ses repères. La jeune Malin, inspectrice originaire du village, et qui avait autrefois découvert la fillette morte, va assister le policier Manfred, ami et collègue de Peter, pour mener l’enquête.

Jake, un jeune garçon déboussolé par la perte récente de sa mère, prend part malgré lui à cette affaire, car il a trouvé le journal que tient Hanne depuis que sa perte de mémoire devient plus prégnante. C’est au travers de sa lecture qu’on va comprendre petit à petit ce qui s’est passé.

L’histoire se construit donc de l’alternance du récit de Malin et de Jake, lui-même lisant le journal de Hanne.

On est quasiment dans un huis clos avec ce village reculé qui compte quelques familles disséminées par-ci par-là, une bourgade qui a perdu presque tous moyens économiques et dont les migrants, qui sont installés dans une ancienne boutique reconvertie en centre d’accueil, sont devenus la cible de propos et d’actes outrageants.

Une fois de plus, les personnages sont particulièrement fouillés, leurs ressentis décortiqués, avec en toile de fond la misère sociale et la xénophobie latente. Ils semblent tous être sur le point de basculer dans une autre vie : Hanne qui perd la mémoire, Jake qui cherche son identité, Malin qui doit se marier.

Le déroulement et la résolution de l’enquête vont les mener à s’interroger et à opérer des choix très importants pour leur avenir.

L’atmosphère est oppressante, la neige semble tout envelopper et permettre que les crimes restent impunis en effaçant les traces.

C’est très bien fait et malin de la part de l’auteure d’intégrer les pages du journal d’Hanne dans la narration de Jake… je n’avais qu’une envie, tourner plus vite les pages en me disant que si j’avais été le garçon, je serais allée directement à la dernière !

J’ai encore plus apprécié cet ouvrage que le premier roman de Camilla Grebe, j’ai hâte de lire le prochain qui sera édité en français !

Citations

« J’écris le journal de ma disparition. Pas physique, mais métaphorique – car chaque jour qui passe, je m’enfonce un peu plus dans le brouillard. »

« P. est comme une drogue pour moi. Une drogue extraordinaire dont je ne veux me passer sous aucun prétexte.

Il était la drogue ; j’étais la toxicomane, qui suis-je pour l’accuser à présent ? »

« Peut-être ai-je peur d’Ormberg – ou plus exactement, de ce qu’Ormberg ferait de moi si je restais. Je suis persuadée que je me transformerais, serais engloutie dans le désespoir qui plane sur ces contrées et deviendrais comme tous les autres.

Gris, étroits d’esprit, sans rêves. »