La disparue de la cabine n°10

Ruth Ware

428 pages

Fleuve Noir, 2018

Un commentaire esthétique tout d’abord : la couverture est très belle, ce hublot qui donne vers la mer avec les gouttes d’eau qui coulent en relief, une vraie réussite !

Laura, journaliste pour un magazine touristique, est profondément choquée après le cambriolage de son appartement. D’autant que sa relation avec son petit ami, trop souvent absent pour affaires, est tumultueuse. Traumatisée, peu alerte après plusieurs nuits sans sommeil, elle décide néanmoins de participer pour son travail à la croisière inaugurale d’un luxueux bateau affrété par Richard Bullmer, richissime homme d’affaires.

Les premiers instants à bord sont ceux de la découverte de la magnificence des lieux et des autres passagers conviés par l’armateur autour d’un repas bien arrosé : journalistes, hommes d’affaires, mannequin, photographe, …

Alcool et fatigue ne font pas bon ménage, et lorsque Laura est réveillée par un bruit sourd, elle met du temps à réaliser qu’il s’agit probablement d’un corps qui vient de tomber à l’eau. Dès cet instant, la jolie croisière qui devait permettre à Laura de monter en grade prend une tournure très différente : en effet, la jeune femme est persuadée que la femme qu’elle a vue la veille dans la cabine numéro 10, voisine de la sienne, est forcément celle qui a disparu. Laura alerte les instances de sécurité du bateau, jusqu’au propriétaire lui-même. Mais aucun passager ni membre d’équipage ne manque à l’appel. Et pire encore pour la crédibilité de Laura, la Cabine numéro 10 est inoccupée suite au désistement d’un passager. Et aucun moyen de communiquer à l’extérieur du bateau, cae le wifi ne fonctionne pas.

Laura lutte contre le scepticisme des autres et ses propres doutes, dans lesquels elle se trouve néanmoins confortée lorsque des messages de menace lui sont transmis. Laura veut aller prévenir la police à terre, mais cela sera-t-il possible ?

J’ai bien aimé la montée en tension de la narration, l’alternance avec des mails échangés durant la croisière de Laura. Même si j’avais deviné très très vite l’intrigue, cette lecture m’a divertie. C’était plutôt un bon moment, j’aurais peut-être préféré une fin un peu plus « fun » et une héroïne un peu plus réactive… Voilà, prévisible est le terme sans doute approprié pour l’ensemble du livre, mais pour des lecteurs peu habitués au thriller, ça devrait bien fonctionner.

Citations

« Apparemment, la majorité des robes de bal sont conçues par des fillettes de cinq ans armées de pistolets à paillettes ; mais, au moins, celle-ci n’évoquait pas immédiatement une explosion dans une fabrique de Barbie. »

Beauté

Scénario et couleurs : Hubert

Dessin : Kerascoët

Tome 1 : Désirs exaucés, 2011

Tome 2 : La reine indécise, 2012

Tome 3 : Simples mortels, 2013

Éditions Dupuis

A l’époque des châteaux, des rois du nord et du sud et des valeureux chevaliers, Morue est une jeune paysanne très laide, affublée de ce surnom du fait de l’odeur qu’elle véhicule à force d’écailler du poisson.

Alors qu’elle se désespère de sa laideur, elle prend un jour pitié d’un crapaud et fait couler une larme sur lui. Ce crapaud se change en corbeau-fée dénommé Mab et propose à Morue d’exaucer son vœu le plus cher en remerciement de sa délivrance.

Morue souhaite la beauté, mais Mab ne peut modifier son apparence. Par contre, elle change pour toujours la perception de Morue chez les autres, et notamment les hommes. Ainsi prend naissance Beauté.

Beauté, qui ensorcelle malgré elle les hommes qui la voient, est obligée de fuir, et, trouvant refuge dans un château, s’éprend du chevalier Eudes. Mais la vilaine fée Mab veille et n’a de cesse de provoquer des caprices et des rêves de grandeur chez la jeune femme, qui a bien vite oublié sa précédente condition de servante.

S’ensuivent de nombreuses aventures, durant lesquelles Beauté fera tourner bien des têtes et causera bien des guerres, toujours sous l’œil intéressé des fées.

Bande dessinée en trois tomes, estampillée jeunesse, je la classerais plutôt pour des grands adolescents ou adultes, car certains dessins et dialogues sont assez explicites. Entre violence, appropriation de la femme uniquement pour sa beauté et ébats sexuels, la majorité des messages contenus dans cette série ne me semble donc pas convenir à des enfants, non susceptibles de prendre un recul suffisant. On se croirait dans les vieux contes de fées de Perrault et autres Grimm, bien avant qu’ils n’aient été remaniés à la sauce Disney!

Mais quelques idées dans le troisième tome notamment vont un peu chambouler l’ordre préétabli, ouf!

Ça se lit vite et bien, on a envie de savoir ce qui va arriver à Morue/Beauté et à ceux qui gravitent autour d’elle. Les dessins sont plutôt agréables, les dialogues écrits en caractères suffisamment grands pour ne pas gêner la lecture. Et je confirme que quand on voit Morue sous les traits de Beauté… elle est vraiment, vraiment, très belle! Un peu comme un dessin de manga, avec de grands yeux et pleine de douceur.