Bilan de mars 2019

Un mois de mars bien chargé : le salon du livre de Paris, des rencontres, des challenges en tous genres!

Des lectures marquées par le #USbookchallenge que j’identifie avec (C), donc une majorité d’auteurs américains – et de thrillers, mais également une incursion dans la littérature européenne (challenge #Armentoipourlire) avec deux auteurs que j’ai eu le plaisir de rencontrer : Serena Giuliano via les rencontres Babelio et Marc Voltenauer sur invitation de la maison d’édition Slatkine et Cie.

12 livres papier lus qui faisaient partie de ma monstrueuse PAL, et un seul emprunt, le livre audio. Donc je fais aussi descendre -un petit peu – ma PAL!

Et je n’arrive pas encore à publier tous mes retours, mais ils vont arriver…

Policier/thriller

  • La ferme, Tom Rob Smith
  • Ne me racontez pas d’histoires, Joy Fielding (C)
  • Nous les menteurs, Emily Lockhart (C)
  • Une seconde après, William R. Fortschen (C)
  • Là où elle repose, Kimberley McCreight (C)
  • L’île des ténèbres, Heather Graham Pozzessere (C)
  • Meurtre. com, Jeffery Deaver (C) (+ 600 pages #Ilestbiencelivre également)
  • Qui a tué Heidi?, Marc Voltenauer
  • L’aigle de sang, Marc Voltenauer
  • Bikini, James Patterson (C)
  • Fleur de Tonnerre, Jean Theulé (audio)

Document

  • Notre maison dans un sac à dos, Olivier Toublan

Philo/psycho

  • Ciao Bella, Serena Giuliano
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Bilan de février 2019

Un mois avec dix lectures très diverses (pour lesquelles je n’ai pas encore publié toutes les chroniques), et la rencontre avec Marc Roger à la librairie Folies d’encre d’Aulnay-sous-Bois.

Policier/thriller

  • On t’aura prévenue, James Patterson
  • Meurtres à l’académie, Jo Soares
  • Ma sœur, serial killeuse, Oyinkan Braithwaite
  • Promenez-vous dans les bois, Ruth Ware

Romance

  • Du côté de Bombay, Dominique Marny
  • Gran Paradiso, Françoise Bourdin

Psycho/philo

  • Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle (audio)

Document

  • Affaires de famille, Agnès Naudin

Drame mais aussi humour

  • Murmurer à l’oreille des femmes, Douglas Kennedy (audio)
  • Grégoire et le vieux libraire, Marc Roger

Qui a tué Heidi ?

Marc Voltenauer

546 pages

Pocket, 2019, Slatkine et Cie, 2017

Un grand merci aux Éditions Slatkine et Cie pour m’avoir adressé ce livre en préalable de la rencontre du 25 mars 2019 avec l’auteur autour de son troisième opus L’aigle de sang. Et merci à Marc Voltenauer pour sa disponibilité à répondre à mes nombreuses questions 😉. (Cf l’article L’aigle de sang)

Un thriller champêtre, dans l’alpage suisse, où se croisent des personnages un peu paumés, marqués par la vie et l’enfance et qui vont devenir, pour certains, les acteurs malgré eux d’une machination qui les dépasse.

C’est ainsi que l’inspecteur Andreas Auer, suspendu de ses fonctions pour des faits relatés dans le précédent tome (que je n’ai pas encore lu, snif), va, malgré son congé forcé, enquêter sur la mort de deux vaches, celle d’un fermier, la disparition de plusieurs femmes et des transactions immobilières douteuses.

On découvre ainsi, dans la petite ville de Gryon, au fil de chapitres assez courts, un tueur à gages russe amateur de luxe à la James Bond (l’auteur aime beaucoup ce personnage), des éleveurs acharnés à gagner le prix de la vache de l’année, un homme hanté par sa mère, des jeunes gens un tantinet désœuvrés et amateurs d’alcool, dont les destins vont se heurter.

Andreas, aidé de son compagnon le journaliste Mikaël, va essayer de démêler tous les fils, tout en faisant face à ses propres cauchemars récurrents, qui l’amènent à s’interroger sur son passé.

J’ai trouvé la mise en place un peu longue, puisqu’il faut attendre une centaine de pages pour que l’action démarre vraiment. Mais j’ai compris ensuite combien cela sert l’intrigue, puisque le lecteur connaît déjà les façons d’être des protagonistes et leurs objectifs intimes sans pour autant que soit dévoilée la manière dont ils vont se croiser ultérieurement.

Marc Voltenauer explore au sein de plusieurs maisons les relations père-fils, l’absence de la mère – décédée, enfuie, disparue – qui malgré tout impose encore sa présence virtuelle dans le foyer abandonné. C’est ce qui fait tourner en bourrique le lecteur qui se dit tour à tour « c’est lui le jeune homme qui aimait sa mère »! Et se trompe forcément…

J’aime beaucoup l’écriture fluide, les descriptions précises, la narration d’histoires qui se superposent et s’entremêlent, l’humour distillé au moyen notamment du personnage du tueur à gages tellement décalé : Russe aimant le luxe, rêvant d’une retraite dorée mais tellement pointilleux et glaçant lorsqu’il s’agit d’exécuter son travail(❗️attention spoil : et si étonné, voire désappointé, quand on le devance!)… et qui éprouve des états d’âme au sujet de certaines de ses victimes en particulier.

Il y a de l’action, et l’attachement qui grandit pour le personnage d’Andreas laisse le lecteur en déroute à la fin, dans l’attente de la suite de ses aventures.

Quand on referme le livre, il flotte une étrange odeur de mort mêlée d’un parfum suave. Shalimar.

Citations :

« Dehors, la tempête faisait rage. Les instruments à cordes étaient la pluie, qui tombait avec un rythme effréné, saccadé. Puis le tumulte des vents, le rythme qui s’accélère, les trombones, les tubas, les cymbales, la grosse caisse. Dès les premières mesures, on pouvait prévoir le destin dramatique des héros. »

« Andreas avait de la peine à accepter l’idée que l’ombre mène une existence propre, parfois indépendante. Impossible de la diriger et de la contrôler complètement. Le risque, si on ne cherchait pas à la comprendre et à l’apprivoiser, était qu’elle étende subrepticement son voile dans l’inconscient. »

« Andreas s’était placé au centre, comme on le lui avait demandé. Il regarda les autres autres concurrents se ranger à côté de lui, un à un, avec sa vache. Le juge avait-t-il cette fois commencé par la fin ? Serait-elle classée dernière ? Lorsque toutes les vaches eurent rejoint le centre, le juge se dirigea vers Yodeleuze et mit sa main sur son dos. C’est à ce moment qu’il comprit. »

Meurtre. com

Jeffery Deaver

Traduit par Isabelle Maillet

664 pages

Calmann-Levy, 2003, Le Livre de Poche, 2005

Vous avez un ordinateur ? Vous écrivez des mails, vous conservez des photos, vous effectuez des transactions financières ? Coupez tout !

Ah mais même cela ne servirait à rien, car probablement que toutes vos données antérieures se trouvent stockées quelque part et peuvent ressurgir à tout moment. Ou bien vous êtes un expert en informatique, un wizard, et vous aurez vous-même effacé toutes ces données.

L’atteinte à la vie privée, le détournement d’informations à des fins malhonnêtes et ici meurtrières, voilà le sujet du livre de Jeffery Deaver.

Californie, Silicon Valley, début des années 2000.

Un hacker, Wyatt Gillette, condamné à quelques années de prison pour avoir piraté quelques systèmes gouvernementaux, est extrait de sa cellule pour aider la Brigade de répression de la criminalité informatique (BRCI) à traquer un meurtrier qui semble accaparer la vie virtuelle de ses futures victimes pour mieux les piéger.

Le lecteur entre alors dans un monde parallèle où la police dispose de moyens financiers et techniques relativement réduits pour mener ces recherches, comparativement au génie dont certains humains font preuve. On y découvre que le meurtrier peut se faire passer pour votre meilleur ami, tuer votre patron, infiltrer la police et donc donner des ordres pour contrecarrer les avancées que vous faites pour le trouver.

Il existe néanmoins un code d’honneur des hackers (enfin, de ceux d’avant!) : l’interdiction de s’attaquer à des individus, l’enjeu – voire le jeu – consistant surtout à trouver les failles de sécurité dans les grosses entreprises ou systèmes gouvernementaux.

Mais le tueur, ici, s’attaque à tout. Car il joue. Il veut acquérir des points, et plus la difficulté est grande pour accomplir sa sinistre besogne, plus de points il engrangera. Et sa folie meurtrière peut également passer par simplement générer de la peur et du stress chez ses adversaires lorsqu’il estime que les atteindre est trop facile.

Alors l’équipe de la BRCI, des spécialistes en informatique mais surtout des policiers, aidés par Wyatt, vont devoir se méfier de tous, et peut-être même de leurs proches.

Je ne souhaite pas dévoiler plus, car il y a de nombreux rebondissements dans ce livre, très addictif, même pour moi qui n’y connaît pas grand-chose en informatique. Je l’ai trouvé assez accessible néanmoins (un glossaire est placé en tête de livre, bien pratique) pour comprendre les manipulations que font les uns et les autres dans ce jeu de dupes, cachés derrière leur écran.

L’équipe de la BRCi, avec Franck Bishop notamment, est attrayante, voire attachante, chacun ayant sa personnalité et ses réticences à travailler avec un détenu, fut-il un des meilleurs spécialistes informatiques au monde : Tonny Mott le jeune flic qui n’attend que l’occasion d’aller sur le terrain, Shelton qui manifestement déteste Wyatt et l’informatique, Stephen Miller l’informaticien un peu dépassé, et les deux femmes qui la complètent, Linda Sanchez la future grand-mère et Patricia Nolan la consultante.

On se laisse prendre au jeu, on essaye d’identifier les complices éventuels du tueur, et on fait fausse route en permanence, tel mené par un routeur qui nous ferait tourner en bourrique.

Un excellent thriller de Jeffery Deaver.

Notre maison dans un sac à dos

Olivier Toublan

150 pages

Éditions Saint-Augustin, 2018

Je remercie les Éditions Saint-Augustin et Babelio pour ce livre reçu dans le cadre de la masse critique de février 2019.

J’avais sélectionné ce livre car j’aime beaucoup les récits de voyage, je suis une inconditionnelle des livres d’aventures de Mike Horn, que je déguste depuis mon canapé, bien en peine de réaliser les mêmes exploits!

Il m’intéressait de connaître les raisons qui pouvaient faire tout abandonner pour se lancer dans des voyages sans autre but que de visiter, et toute la logistique qui y présiderait.

Je n’ai pas été déçue. Olivier Toublan évoque la cinquantaine qui s’annonce, les rêves qu’il n’a pas réalisés jusqu’à présent. Parmi eux, voyager partout. Ce qui n’était qu’un rêve va devenir réalité quand les choses se mettent en place avec sa compagne.

Plus qu’un recueil de récits de voyage, il s’agit d’un mode d’emploi et de conseils avisés pour qui souhaiteraient l’imiter, assortis d’anecdotes. Préparation drastique du voyage, doutes contre envies, comment lâcher prise avec le quotidien. Puis conseils sur les éléments essentiels à conserver pour voyager léger mais confortable : finances, vêtements, applications informatiques, … Et des points que j’ai beaucoup aimé sur les sites à visiter, pas forcément les pièges à touristes, mais plutôt des lieux à part, même si l’auteur exprime avec un grand recul ses doutes sur la conservation des coutumes locales pour autre chose que pour attirer le chaland.

Je regrette que les points financiers ne soient exprimés qu’en francs suisses (merci le convertisseur de mon téléphone, finalement je n’ai fait qu’imiter l’auteur !) et quelques redites par-ci par-là.

Mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé le concept, car outre l’enthousiasme de vouloir réaliser ses rêves, Olivier Toublan ne fait pas l’impasse sur les difficultés qui peuvent se présenter, qu’il s’agisse de santé, de sécurité ou de promiscuité avec son conjoint.

Qu’on choisisse de voyager au long cours ou juste quelques jours, il s’agit d’un livre intéressant, aux conseils judicieux et au message que je retiens : prendre le temps de vivre ses rêves, malgré la peur que cela peut représenter.

L’habitude des bêtes

Lise Tremblay

125 pages

Éditions Delcourt, 2018

Lu 26/01/2019

Dentiste ayant réussi sa vie professionnelle mais totalement raté sa vie privée, Benoît Levesque se voit confier un jeune chien par un vieil indien et découvre à cet instant une vie chargée d’un nouveau sens.

Adepte précédemment des chasses dans la forêt loin de Montréal, Benoît s’installe dans un vieux chalet qu’il continue de retaper, et on le retrouve quelques années plus tard, au moment où son chien, Dan, devenu âgé, est en passe de mourir. Et sa voisine Mina aussi…

Le livre expose la prise de conscience de Benoît sur ce qu’a été sa vie, ses rapports avec sa fille, sur les habitants qui gravitent autour de lui, même s’il est toujours considéré comme un étranger, car dans ce village reculé, on se retrouve quasiment dans un huis-clos, à l’arrivée des loups.

Alors que ressurgissent de vieilles rancœurs, des morts non élucidées dans un village où une famille domine, même aux confins de la loi, Benoît se retrouve malgré lui face à des choix.

La vie, le vieillissement, la mort, le sens de nos choix, voici bien des thématiques évoquées dans ce très court roman, avec un réalisme, une distance et pourtant une une approche tendre du lien qui peut se créer entre les êtres, humains ou animaux, et qui peut modifier la perception de l’autre.

J’ai beaucoup aimé.

Merci beaucoup aux Éditions Delcourt Littérature de m’avoir permis de découvrir ce roman de Lise Tremblay.

Citations

« J’avais été heureux, comblé et odieux. Je le savais. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. »

« Je me suis répété en marchant vers le chalet les mots de Mina : « Vieillir tranquille. » J’ai pensé à Odette et à l’alcool, à mes insomnies. Ça me semblait impossible d’être tranquille en marchant si près d’un précipice. »

Une seconde après

William R. Forstchen

Traduit par Florence Mantran

478 pages

Le Livre de Poche, 2011, Ixelles Editions,2009

Lu 4/03/1019

John Matherson, veuf, ancien colonel de l’armée, professeur d’histoire à Black Mountain, Caroline du Nord, s’apprête à fêter les douze ans de sa fille Jennifer quand le courant électrique s’arrête.

Mais John se rend vite compte que tous les mécanismes composés d’électronique sont désormais hors d’usage : téléphones mobiles, automobiles, groupes électrogènes, …

Des centaines de personnes qui se trouvaient sur l’autoroute convergent vers la petite ville qui est bientôt mise à sac.

John essaye de mettre le maximum de chances de survie de son côté en stockant de l’insuline pour Jennifer, atteinte de diabète, et les quelques denrées qu’il a pu se procurer. Sa fille aînée Elisabeth et son petit ami Ben le soutiennent, tandis qu’il finit par accueillir chez lui ses beaux-parents, le mari étant atteint d’un cancer en phase terminale.

L’expérience de John lui permet de comprendre qu’une attaque d’ampleur inégalée a affecté les États-Unis, une attaque par impulsion électromagnétique (IEM) et que toutes les bonnes volontés doivent être utilisées pour assurer la sécurité des habitants et organiser les nouvelles conditions de vie. L’équipe composée de la maire, Kate, Charlie, le responsable de la sécurité civile, Tom, chef de la police, le Docteur Kellor, médecin et John, va devoir prendre les décisions qui s’imposent pour rationner les vivants et les protéger des attaques de bandes malfaisantes.

Mais bientôt le village est ramené quelques siècles en arrière, quand faim, épidémies, révoltes réveillent le pire dans l’être humain. Une vraie guerre s’instaure entre les villageois et ceux qui veulent prendre le peu qu’il leur reste.

Thriller de type apocalyptique, basé sur un rapport scientifique remis au Congrès américain le même jour que celui sur les responsabilités relatives à la tragédie du 11 septembre 2001, et qui n’a donc pas vraiment fait les honneurs de la presse, ce livre de William R. Forstchen se lit comme on visualiserait un film. Les odeurs (nauséabondes surtout!), les descriptions de pillage, de scènes de guerre, l’entraide ou au contraire le chacun pour soi sont particulièrement bien décrits dans ce roman impossible à lâcher. Certains passages sont proprement révoltants et d’autres particulièrement émouvants.

L’auteur interpelle notre dépendance à ces technologies dont il nous est bien difficile de nous passer. Il a été recommandé par le New York Times comme étant le livre que tous les Américains devraient lire… On a du mal à rester quelques heures sans électricité et sans réseau téléphonique, qu’en serait-il si cela devait durer plus longtemps ?

Un excellent ouvrage de fiction, premier d’une trilogie dont les deux suivants ne sont malheureusement pas traduits en français à ce jour. Mais celui-ci peut se suffire à lui-même.

Citations

« Le visage de Jérémiah avait viré au blême. Il avait une bonne tête. Comme tous ceux de son équipe, il jouait les durs, mais ce n’étaient tous que les gentils garçons d’une petite ville bien-pensante, qui n’auraient jamais imaginé qu’en l’espace de quelques jours ils passeraient du sport, des examens ou du flirt au maniement d’une arme à feu. »

« Le crime, le vrai crime venait de ceux qui connaissaient le danger représenté par une IEM et refusaient de le prévenir. Ces gens-là souffraient-ils comme le reste de la nation souffrait en ce moment, ou étaient-ils tranquillement planqués avec leur famille dans les bunkers réservés au Congrès et à l’administration, où les attendaient vivres, eau et médicaments pour des années ? Cette seule idée le faisait hurler de rage. Il savait très bien ce qu’il ferait, s’il se rendait là-bas : il leur montrerait Jennifer puis s’occuperait de leur infliger ce qu’ils méritaient. »