Une seconde après

William R. Forstchen

Traduit par Florence Mantran

478 pages

Le Livre de Poche, 2011, Ixelles Editions,2009

Lu 4/03/1019

John Matherson, veuf, ancien colonel de l’armée, professeur d’histoire à Black Mountain, Caroline du Nord, s’apprête à fêter les douze ans de sa fille Jennifer quand le courant électrique s’arrête.

Mais John se rend vite compte que tous les mécanismes composés d’électronique sont désormais hors d’usage : téléphones mobiles, automobiles, groupes électrogènes, …

Des centaines de personnes qui se trouvaient sur l’autoroute convergent vers la petite ville qui est bientôt mise à sac.

John essaye de mettre le maximum de chances de survie de son côté en stockant de l’insuline pour Jennifer, atteinte de diabète, et les quelques denrées qu’il a pu se procurer. Sa fille aînée Elisabeth et son petit ami Ben le soutiennent, tandis qu’il finit par accueillir chez lui ses beaux-parents, le mari étant atteint d’un cancer en phase terminale.

L’expérience de John lui permet de comprendre qu’une attaque d’ampleur inégalée a affecté les États-Unis, une attaque par impulsion électromagnétique (IEM) et que toutes les bonnes volontés doivent être utilisées pour assurer la sécurité des habitants et organiser les nouvelles conditions de vie. L’équipe composée de la maire, Kate, Charlie, le responsable de la sécurité civile, Tom, chef de la police, le Docteur Kellor, médecin et John, va devoir prendre les décisions qui s’imposent pour rationner les vivants et les protéger des attaques de bandes malfaisantes.

Mais bientôt le village est ramené quelques siècles en arrière, quand faim, épidémies, révoltes réveillent le pire dans l’être humain. Une vraie guerre s’instaure entre les villageois et ceux qui veulent prendre le peu qu’il leur reste.

Thriller de type apocalyptique, basé sur un rapport scientifique remis au Congrès américain le même jour que celui sur les responsabilités relatives à la tragédie du 11 septembre 2001, et qui n’a donc pas vraiment fait les honneurs de la presse, ce livre de William R. Forstchen se lit comme on visualiserait un film. Les odeurs (nauséabondes surtout!), les descriptions de pillage, de scènes de guerre, l’entraide ou au contraire le chacun pour soi sont particulièrement bien décrits dans ce roman impossible à lâcher. Certains passages sont proprement révoltants et d’autres particulièrement émouvants.

L’auteur interpelle notre dépendance à ces technologies dont il nous est bien difficile de nous passer. Il a été recommandé par le New York Times comme étant le livre que tous les Américains devraient lire… On a du mal à rester quelques heures sans électricité et sans réseau téléphonique, qu’en serait-il si cela devait durer plus longtemps ?

Un excellent ouvrage de fiction, premier d’une trilogie dont les deux suivants ne sont malheureusement pas traduits en français à ce jour. Mais celui-ci peut se suffire à lui-même.

Citations

« Le visage de Jérémiah avait viré au blême. Il avait une bonne tête. Comme tous ceux de son équipe, il jouait les durs, mais ce n’étaient tous que les gentils garçons d’une petite ville bien-pensante, qui n’auraient jamais imaginé qu’en l’espace de quelques jours ils passeraient du sport, des examens ou du flirt au maniement d’une arme à feu. »

« Le crime, le vrai crime venait de ceux qui connaissaient le danger représenté par une IEM et refusaient de le prévenir. Ces gens-là souffraient-ils comme le reste de la nation souffrait en ce moment, ou étaient-ils tranquillement planqués avec leur famille dans les bunkers réservés au Congrès et à l’administration, où les attendaient vivres, eau et médicaments pour des années ? Cette seule idée le faisait hurler de rage. Il savait très bien ce qu’il ferait, s’il se rendait là-bas : il leur montrerait Jennifer puis s’occuperait de leur infliger ce qu’ils méritaient. »

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Ma sœur, serial killeuse

Oyinkan Braithwaite

Traduit par Christine Barbaste

239 pages

Éditions Delcourt Littérature, 2019

Lu 17/02/2019

Un grand grand merci aux Éditions Delcourt Littérature pour l’envoi de ce livre dont la couverture me plaît toujours autant!

Nigeria. La narratrice, c’est Korede. Sa sœur, c’est Ayoola. Korede est laide, Ayoola est magnifique. Enfin, ça c’est ce qu’on voit.

Parce que Ayoola a la fâcheuse tendance à aimer se faire aimet des garçons, mais à ne pas les supporter bien longtemps. Et que ses réactions sont plutôt radicales. Et que ça se traduit souvent par un appel à sa sœur pour faire place nette. Or Korede, qui aime beaucoup sa sœur, n’en peut plus de se rendre complice de la disparition de ses conquêtes. D’autant que Korede est infirmière, et que son rôle, c’est tout de même de favoriser la vie des gens, pas le contraire!

Alors Korede déborde, il lui faut parler, se confier! Et quoi de mieux que ce patient dans le coma pour épancher tous ses petits secrets inavouables ? Et surtout en profiter pour expliquer la position de chacune des sœurs au sein d’une famille africaine complexe, dont l’ombre du père disparu rôde encore.

D’autant plus que Ayoola a décidé de séduire l’homme que Korede aime en secret : comment alors concilier la protection de cet homme avec l’amour de sa sœur ? Et enfin satisfaire leur mère qui rêve de voir mariée sa préférée Ayoola?

Avec humour et dérision, entre crimes bien noirs et tendresse familiale, Oyinkan Braithwaite livre une satire sociale d’un pan de vie africaine entachée de corruption et de traditions douteuses, dans un livre impossible à lâcher. J’ai ri, je me suis étonnée, j’ai été choquée, et j’ai tout aimé, que dis-je, j’ai adoré, oui même la fin, qui me semble dans la continuité totale de ce qui précède.

Citations

« Cela prend beaucoup plus de temps de se débarrasser d’un corps que de se débarrasser d’une âme, surtout quand on souhaite ne laisser aucune preuve du meurtre. »

« Si j’étais convaincue qu’elle est amoureuse de lui, je pense que je pourrais me réjouir pour eux. Oui, j’en serais capable, je crois. Mais elle ne l’aime pas et, pour une raison qui m’échappe, il n’y voit que du feu. Il est aveugle, ou alors ça lui est égal. »