La veuve

Fiona Barton

Traduction de Séverine Quelet

411 pages

Fleuve Éditions, 2017

La veuve, c’est Jane Taylor, une femme qui menait une vie plutôt paisible en apparence jusqu’à ce que son mari Glen se retrouve accusé de l’enlèvement d’une petite fille, Bella Elliott.

Alors sa vie bascule, avec un déchaînement médiatique terrible.

L’enfant n’est pas retrouvée et quatre ans plus tard, le mari décède dans un accident de la circulation.

Les médias sont à nouveau très insistants auprès de la veuve pour l’amener à donner plus de précisions sur sa vie de couple et son mari.

Une journaliste notamment, Kate Waters, qui avait sympathisé avec la maman de l’enfant enlevée, décide le tout pour le tout en voulant obtenir une interview exclusive de la veuve. Et comme une nouvelle enquête policière a été ouverte pour déterminer exactement les causes de la mort de Glen, la journaliste collabore avec le policier chargé de l’enquête, qui n’a jamais pu se résoudre à clore le dossier de la disparition de l’enfant.

Le livre est construit sur l’alternance de la narration des faits relatifs aux personnages principaux : la mère de l’enfant disparue, la journaliste, l’inspecteur de police Sparks et bien évidemment, la veuve. Seule cette dernière expose sa vision de sa vie personnelle et de couple en utilisant la première personne du singulier, ce qui renforce son discours, avec de fréquents retours dans le passé de sa vie commune avec Glen. En effet, elle seule détient la vérité et peut la dévoiler à présent que son mari est décédé.

Mais si elle savait quelque chose, cela ne fait-il pas d’elle la complice de son mari ? Pourquoi n’a-t-elle rien révélé ?

Le livre montre ainsi combien la disparition de la petite fille va modifier le cours de la vie des personnages gravitant autour de l’enquête au point de devenir une obsession, à des degrés divers, affectant largement leur vie privée et professionnelle. On y découvre aussi la complexité de certaines relations de couple et les difficultés à s’en extirper. Et l’acharnement médiatique, avec la « course au scoop », sans aucun respect des personnes, est également largement dénoncé.

J’ai plutôt aimé ce livre, même si j’ai eu, à plusieurs reprises, envie de secouer cette veuve pour l’amener enfin à s’exprimer… Mais il faut attendre très longtemps pour comprendre ce qui s’est joué dans cette petite maison de Greenwish.

À lire par les adeptes de thrillers domestiques et psychologiques.

Citations

« J’ai l’impression de raconter l’histoire d’un roman d’amour ; Kate Waters boit mes paroles, elle griffonne sur son calepin, me scrute par-dessus ses petites lunettes et hoche la tête comme si elle comprenait. Je ne suis pas dupe. »

« Je ne peux pas lui confier que je restais éveillée la nuit, à espérer que Glen soit mort. Bon, pas vraiment mort. Je ne voulais pas qu’il souffre ou quoi que ce soit, je voulais juste qu’il ne soit plus là. »

« (…) le mal était une substance visqueuse, qu’on ne repérait que de temps à autre, ce qui le rendait d’autant plus effroyable. »

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