Une triche si parfaite

David G. Baldacci

Traduction de Philippe Rouard

540 pages

Éditions Pocket, 2000, Éditions Flammarion, 1998

Fin de lecture 26 avril 2020

LuAnn Tyler a tout pour devenir une vedette de cinéma : belle, intelligente. Mais elle est née au mauvais endroit, dans une petite ville où chômage rime avec misère, et où son compagnon Duane la maltraite depuis la naissance de leur petite Lisa.

Alors, quand un certain Monsieur Jackson propose à LuAnn de gagner le Loto américain, son honnêteté est mise à l’épreuve. D’abord réticente, elle finit par se laisser convaincre pour donner une vie agréable à sa fille. Mais si M. Jackson organise tout et prend en charge ses frais, LuAnn est inquiète car, suspectée de meurtre, il lui faut disparaître. Et elle se rend compte qu’elle va devoir payer très cher son gain du Loto. Sa vie et celle de sa fille sont en effet menacées, et elles doivent s’exiler.

Dix ans plus tard, LuAnn choisit de revenir aux Etats-Unis, en contravention avec les préconisations de M. Jackson. Aidée de deux hommes convaincus de son innocence, elle mettra tout en œuvre pour faire tomber le masque de cet homme insaisissable et dangereux.

Pour pouvoir vivre sans crainte, elle n’a en effet pas le choix.

Il s’agit du quatrième roman de David Baldacci que je lis, et comme les autres, j’ai beaucoup aimé. On y retrouve les ingrédients habituels : une histoire complexe, un twist inattendu (Hé oui, je ne l’avais pas vu venir!) des moments lents de préparation et un rythme plus soutenu au plus fort de l’action. Il dresse ici un beau portrait de femme, vulnérable et forte, prête à tout risquer pour son enfant. Le personnage de Charlie, avec son côté paternel, et protecteur est également attachant, et celui du beau Matthew en sauveur comble le côté sentimental qui a bien fait défaut à LuAnn. Mais le personnage le plus réussi est sans conteste celui de Jackson, transformiste de génie, machiavélique à souhait, qui fait peser sur tout le roman une certaine angoisse.

Coup de coeur !

Citations

« Si décliner l’offre revenait à poursuivre une existence misérable en compagnie d’un Duane Harvey, accepter n’était pas sans conséquences. Si vraiment elle gagnait au loto et devenait immensément riche, l’homme lui avait dit qu’elle pourrait avoir et faire tout ce qu’elle voudrait. »

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Meurtre chez un éditeur

JB Livingstone (alias Christian Jacq)

248 pages

Éditions Gérard de Villiers, 1992, Éditions Alphée, 1990

Fin de lecture 29 avril 2020

Antony Newfield, célèbre éditeur londonien, est mort. Assassiné. Homme impitoyable, scrupuleusement attaché à la ponctualité, sans doute avait-il nombre d’ennemis. Mais voilà que les six membres du comité de lecture qu’il réunissait tous les vendredis s’autoacccusent chacun d’avoir commis le crime !

Le superintendant Scott Marlow, de Scotland Yard, ne peut prendre seul en charge cette enquête, et fait appel à l’ex inspecteur-chef Higgins.

Celui-ci, dépité de sortir de sa retraite, où entretien des ruches et du potager se mêle à la découverte de Shakespeare et de l’Histoire, se prend cependant d’intérêt pour cette situation exceptionnelle.

Trouver un coupable, passe encore, mais départager des personnes qui s’accusent elles-mêmes d’avoir tué, voilà qui est pour le moins amusant… Crime passionnel, politique, vengeance ? Avec l’aide de son complice habituel William Stafford, Higgins va essayer d’identifier qui a sévi : l’extravagant poète Harold Nigel, la vaniteuse poétesse Margaret Pinter, les essayistes John Finch et Antonia Grey et enfin les romanciers Malcolm Bath et Elsie Griffith.

Christian Jacq prend la plume sous l’influence d’Agatha Christie et met en scène un ex-inspecteur dont les manières rappellent celles d’un certain Hercule Poirot, ne jurant que par « le concours de l’intuition » : interrogatoire des suspects tour à tour, enquête approfondie et dévoilement à l’assemblée des suspects réunis des raisons de la mort de l’éditeur. Ce n’est pas de la grande littérature, mais un bon moment de lecture, teinté d’humour et du charme suranné des romans anglais, fussent-ils rédigés par un auteur français à la fin du vingtième siècle !

Citations

« Aux yeux de Higgins, Marlow avait le tort de croire aux méthodes d’investigation modernes et aux ordinateurs. Comment résoudre une enquête criminelle sans le concours de l’intuition, fille de l’ordre et de la méthode, seule capable de mettre à nu tous les mystères ? »

« D’ordinaire, un enquêteur rêve d’obtenir des aveux spontanés qui réduisent au minimum ses efforts d’investigation. Dans le cas présent, le superintendant croulait sous une telle abondance d’aveux qu’ils provoquaient une véritable indigestion criminelle. »

Meurtre à l’anglaise

Cyril Hare

231 pages

Éditions Payot et Rivages, 2005

Fin de lecture 8 mai 2020

C’est Noël dans la campagne anglaise, dans une demeure ancestrale où le vieux lord Warbeck est en train de s’éteindre. Autour de lui sont rassemblés son fils Robert, son cousin Sir Julius et son garde du corps Rogers, Mme Carstairs, une habituée, Lady Camilla, jeune aristocrate sans-le-sou. Le professeur Bottwink, historien, a été invité à se joindre à eux.

Briggs le majordome et les domestiques s’affairent dans la froideur du lieu et des relation.

Mais à minuit, Robert meurt. Qui l’a tué ? Pourquoi ?

C’est un huis-clos qui se joue, avec tout le charme des romans policiers anglais : la campagne, la maison isolée par la neige, les classes sociales qui s’affrontent, le cyanure qui pourrait bien y mettre bon ordre ! Et sa petite dose d’humour… Les caractères des personnages sont si marqués qu’on pourrait les mettre sur une scène de théâtre.

Un roman sympathique mais qui ne me laissera un souvenir impérissable.

Citations

« Dans n’importe quel autre pays d’Europe, des retrouvailles en de telles circonstances auraient appelé une embrassade. De toute évidence, cela était hors de question. Robert, bien entendu, avait cessé d’embrasser son père depuis qu’il ne portait plus de culottes courtes. Lorsqu’ils se voyaient, les deux hommes se serraient la main, comme le voulait la tradition anglaise. »