Annabelle

Lina Bengsdotter

Traduction Anna Gibson

409 pages

Le Livre de Poche, 2020, Hachette Livre Marabout, 2019

Sélection 2020 Prix des lecteurs du Livre de Poche, mois de mars.

Cinquième livre lu dans le cadre du jury.

Fin de lecture 28 mars 2020

A Gullspång, la jeune Annabelle a disparu. L’inspectrice Charlie Lager doit enquêter dans cette petite ville de Suède qu’elle a quittée il y a dix-neuf. Là, le temps semble s’être figé : l’usine où travaillait sa mère Betty est toujours en activité, l’ancienne épicerie sert toujours de repaire pour les fêtes des jeunes où drogue et alcool sont leur meilleur moyen d’oublier qu’ils n’ont pas d’avenir.

Charlie et son collègue Anders, aidés des policiers locaux, interrogent l’entourage de la jeune fille, tandis qu’une autre histoire hante l’enquêtrice : celle de sa propre adolescence, de ses relations conflictuelles avec sa mère cyclothymique, de ses propres rêves d’évasion.

Trois récits – un lointain passé dont on ne devine rien, un passé récent qui est celui qui précède la disparition d’Annabelle, et le présent de l’enquête – ponctuent le livre et explorent chacun, avec précision, des sensations différentes : angoisse, peine, désespoir. Leur ressort commun semble malgré tout être l’amitié, cette relation si précieuse pour chaque protagoniste.

J’ai beaucoup aimé ce livre, car il est bien plus qu’un roman policier. Prenant pour prétexte la recherche de la jeune Annabelle, Lisa BENGSDOTTER livre ici une chronique sociale sans équivoque et empreinte de tristesse sur les villes oubliées de Suède, où l’avenir des jeunes est inexistant.

On se plaît ainsi à suivre Charlie aux confins de ce passé qu’elle se refuse à rejoindre, tout en désirant malgré tout l’affronter : des couleurs fanées de la ville à la lumineuse beauté du lac de son enfance, Charlie s’attache le lecteur par sa profonde humanité.

Un coup de cœur pour ce polar !

Citations

« Pourquoi lis-tu autant, ma chérie ?

Charlie répondait qu’elle lisait parce que ça lui plaisait. Point barre. Elle ne s’aventurait jamais à décrire la sensation que lui donnait la lecture, celle de pénétrer d’autres mondes, de se dépouiller de sa réalité, de devenir quelqu’un d’autre, ailleurs. »

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