Sirènes

Joseph Knox

Traduction de Jean Esch

502 pages

Le Livre de Poche, 2019, Éditions du Masque, 2018

Fin de lecture 18 juin 2020

Sélection 2020 Prix des lecteurs du Livre de Poche, mois de juin.

Onzième livre lu dans le cadre du jury.

L’inspecteur de police Aidan Waitsa commis une faute. Pour échapper à un procès, son supérieur Parrs lui demande d’infiltrer le réseau de trafic de drogue de Zain Carver à Manchester. Désavoué, le jeune homme ne peut qu’obtempérer : il devient ainsi pour le grand public l’inspecteur ripoux, ce qui lui offre une porte d’entrée royale pour s’attirer les bonnes grâces de Zain.

Mais le célèbre député Rossiter veut aussi faire revenir sa fille Isabelle, qui a fugué et est devenue une des « sirènes » de Zain, celles qui collectent l’argent de la drogue.

Waits se trouve alors empêtré entre son désir de protéger la jeune fille et la peur d’être démasqué.

Pour compliquer le tout, la vieille histoire de la disparition de l’ancienne petite amie de Zain, Joannah, refait surface.

Aidan, observateur obstiné des agissements des alliés de Zain, évolue entre trois « sirènes » : Isabelle la fugitive, Sara Jane la nouvelle petite amie du malfrat, et Catherine, dite « Cath ».

Joseph Knox s’y entend pour mettre en scène un policier jeune mais néanmoins désabusé, le monde de la nuit, ses bagarres de saoûlards et ses coups fourrés ! Sirènes est un polar noir, où flics corrompus côtoient jeunes gens de bonne famille venus s’acoquiner pour quelques grammes de drogue, et où les gangs se mènent la guerre pour contrôler leurs territoires de distribution.

Sur fond de novembre glacial et pluvieux, jeté dans les rues d’un Manchester hostile et ne sachant bientôt plus à qui se fier, Aidan Waits a tout à perdre, y compris la vie.

Vivant l’infiltration par les yeux d’Aidan qui joue tour à tour le flic ou le voyou, le lecteur a bien des difficultés à s’y retrouver et à démêler le vrai du faux, pour son plus grand plaisir…

C’est un coup de cœur !

Citations

« J’avais passé quelques années à inspecter les domiciles de victimes innocentes qui n’avaient rien à cacher. En général, ils étaient encombrés d’un tas d’objets accumulés qui définissaient leur existence. Rien de tel ici. J’avais l’impression de me trouver chez quelqu’un qui avait fait quelque chose de mal. »

« Une fois de plus j’essayais de disparaître dans les rues, un simple sans-abri parmi d’autres, sur lequel glisse votre regard quand vous traversez la rue. Une lumière grisâtre, faiblarde, dégelait la ville, la circulation était redevenue fluide, semblable au sang qui coule dans les veines.

J’avais envie qu’elle m’emporte, pour m’oublier. »

« Il faisait sombre et les immeubles se dressaient au-dessus de moi telles des idées noires. Je gardais les yeux baissés. Une pellicule de givre couvrait le trottoir et j’avais l’impression que la ville entière était en train de geler. Tout et tout le monde évoluait en état d’inertie depuis plusieurs mois, pendant que le mal se répondait, pendant que les gens reprenaient leur souffle. »

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :