L’Aile des vierges

Laurence Peyrin

479 pages

Pocket, 2019, Calmann-Lévy, 2018

Fin de lecture 29 juin 2021.

Ce livre mis en avant sur un présentoir, je l’ai choisi sur conseil d’une libraire. Mon premier de Laurence Peyrin, et à coup sûr ce ne sera pas le dernier !

Maggie a déjà bien souffert lorqu’elle intègre sur recommandation la domesticité du manoir Sheperd House dans le Kent, pour y servir la famille Lyon-Thorpe, juste après la Deuxième Guerre Mondiale.

Logée, elle y intègre le couloir réservé aux femmes de chambre, l’Aile des Vierges.

Cependant, descendante de femmes engagées, féministes, elle doit se faire violence pour s’intégrer au personnel dont les individus essayent d’obtenir les faveurs de cette noblesse qui la répugne.

Il est délicat de raconter l’histoire de Maggie sans en déflorer les principales aventures et rebondissements. Et j’ai tant aimé les découvrir que ce serait dommage de spoiler. Aussi vais-je m’en tenir surtout à un avis d’ensemble de cet ouvrage.

Maggie. Quel personnage ! Bien campée, droite dans ses bottes, prête à envoyer paître autrui pour respecter ses convictions. Et malgré tout une femme toute en nuances et en empathie, qui s’oublie pour aider les plus faibles.

Deux périodes très distinctes de la vie de Maggie sont relatées : une première au style « so british », château et parc verdoyant, maîtres et valets, qui m’a fait penser à la série Dowtown Abbey, dans laquelle Maggie devrait rester en retrait pour conserver sa place. Une deuxième, beaucoup plus moderne, beaucoup plus rapide aussi, où se dessine un destin de premier plan pour elle.

Maggie est tournée vers le progrès pour les droits des femmes (même et surtout lorsqu’ils n’existent pas encore en Grande-Bretagne), les acquis sociaux. Son combat sera ainsi pour elle-même et pour ses collègues domestiques notamment, avec parfois une certaine naïveté, charmante, mais opiniâtre. Son naturel la pousse à exprimer ses pensées sans filtre, et ses réparties sont ainsi pleines d’humour et de causticité… et quelquefois déplacées dans le monde feutré de l’aristocratie anglaise.

« Elle eut la certitude qu’ici, personne ne l’apprécierait, et qu’elle entamait aujourd’hui une carrière d’emmerdeuse de bout de table. »

Son ambition est à la mesure de ses convictions, et elle ne saurait stagner dans un univers qui lui déplaît.

Mais au fur et à mesure qu’elle gagne en maturité, elle se trouve écartelée entre des choix publics et privés, entre l’être et le paraître. Cette ambivalence est très bien décrite, et les injonctions reçues en héritage viennent se heurter à son envie de s’épanouir autrement que par des combats féministes, de vivre simplement SA vie, non une ligne tracée par d’autres.

Les personnages secondaires ne laissent pas non plus indifférent, qu’on les aime ou qu’on les déteste ! Certains sont surprenants et donnent du piquant à l’histoire, d’autres sont attachants. J’ai eu un petit faible pour le vieux Monsieur Lyon-Thorpe…

J’ai adoré. J’ai ri, j’ai pleuré. J’ai suivi Maggie dans l’Aile des Vierges quand elle a construit son petit nid, je l’ai accompagnée sous la pluie à la recherche d’un train, dans un petit puis un grand bureau, dans des hôtels… J’ai vécu ses atermoiements et prié pour qu’elle fasse le bon choix.

Voici un très beau portrait de femme. Un voyage entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Une histoire d’amour. Une histoire sociale. Une histoire pleine d’humanité. Un coup de cœur !

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2 réflexions sur « L’Aile des vierges »

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