Le sortilège de Stellata

Un petit air venu d’Italie du nord…
© CF 6/8/2021

Daniela Raimondi

526 pages

Slatkine & Cie, mai 2021

Fin de lecture 31 juillet 2021.

Je remercie les éditions Slatkine & Cie pour m’avoir adressé cet ouvrage dans le cadre d’un service presse.

Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture, je me suis interrogée : cette saga familiale, autour de rêves prémonitoires, me plairait-elle ?

Et pourtant ! L’amour d’un rêveur éveillé et d’une belle Tzigane sonne le point de départ à l’histoire passionnante de tous leurs descendants, à travers un siècle de la grande Histoire dans le nord de l’Italie. L’arbre généalogique joint au livre aide à suivre les liens entre les générations.

La prémonition de l’aïeule, selon laquelle les rêveurs fomenteront leur propre malheur, s’avérera juste au fil du temps.

« Toute la famille devait savoir, tous devaient être conscients du malheur qui les menaçait. La folie coulait dans les veines des Casadio, et tôt ou tard leurs rêves impossibles les mèneraient au désastre. Il fallait être vigilants, se méfier des passions folles et des amours irréfléchies. »

Dans les enfants et petits-enfants se perpétueront les traits des grands-parents : d’une part, les blonds aux yeux bleus, d’autre part, les yeux noirs et cheveux couleur corbeau. Peu mêleront les caractéristiques. Mais chaque génération aura sa dose de souffrances. Malgré les précautions pour ne pas se laisser happer par les rêves romantiques.

Comme toile de fond de cette saga à laquelle on se laisse prendre avec bonheur, le village de Stellata et la maison familiale.

La plume délicate de Daniela Raimondi y dessine des portraits d’hommes et de femmes pragmatiques ou rêveurs, attachés par les liens fraternels ou filiaux. Le lecteur est tour à tour posté au coin de la maison, surveillant la cuisson de la « pasta » dominicale, accompagnant d’autres près du Pô, s’échappant d’un camp, contemplant des champs de café brésilien ou fomentant de sombres projets…

Cette comédie humaine est majoritairement menée par les femmes. Depuis la Tzigane qui jette son dévolu sur Giacomo, en passant par Neve qui se refuse à son mari pour ne plus concevoir d’enfants, jusqu’à la combattante Donata. Mais chaque génération verra un ou plusieurs de ses membres discuter avec les disparus, pressentir fortement la survenue de la mort.

Chacun vivra intensément sa vie, au gré de l’évolution technique, plus souvent dans la pauvreté que dans l’abondance. Mais la vraie richesse réside dans les liens qui les unissent, par-delà les frontières physiques ou immatérielles.

Cela pourrait être une histoire profondément triste, mais c’est la description de la vie, tout simplement. Et écrite avec un tel talent qu’on se surprend à ne pas vouloir la refermer, à continuer à s’immiscer dans cette fresque tantôt lumineuse tantôt sombre. C’est donc avec peine que l’on quitte cette famille qu’on a fait sienne le temps d’une lecture que l’on n’oubliera pas de sitôt !

Coup de cœur pour ce premier roman d’une grande poétesse dont j’aimerais pouvoir lire les écrits en version originale.

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