Femmes sans merci

Camilla Läckberg

142 pages

Actes Sud, 2020

Fin de lecture 1er août 2021.

Voici longtemps que je n’avais pas lu Camilla Läckberg, après la série avec son personnage fétiche Erica.

Ce court polar met en scène Ingrid, Victoria et Birgitta, trois femmes intelligentes, d’âges et de situations sociales divers, dont le seul point commun est d’être malmenées par leur mari.

Hommes de tous poils, gare à vous ! Car la reine du polar suédois a décidé que le meilleur moyen de libérer ces femmes du joug d’un mari violent ou infidèle est de commettre le crime parfait. Et pour cela, un alibi parfait est également nécessaire…

Le texte est composé de trois parties.

Dans la première sont dépeints les affres des épouses exposées au mépris, aux coups et à l’irrespect de leur conjoint.

Victoria

« Si seulement elle avait eu un seul ami, quelqu’un qui soit vraiment gentil avec elle, et la traite comme une personne, et non comme une poupée gonflable avec option ménage et cuisine.»

Ingrid

« Au fond, elle n’avait pas besoin de preuve supplémentaire de l’infidélité de Tomy. Elle avait déjà compris. »

Birgitta

« Elle fixa son regard sur sa main droite. Ses doigts tremblaient. Comme s’il n’avait pas encore décidé s’il y aurait d’autres coups. Mais Birgitta savait, elle le connaissait assez bien pour deviner qu’il y en aurait d’autres. »

L’instinct de survie, le désir de maintenir la situation sociale de leurs enfants les incitent à relever la tête.

Elles réalisent chacune que le seul moyen de se sortir sans dommage financier ou judiciaire de cette situation est d’y mettre un terme de façon définitive.

La deuxième partie narre la réalisation de leurs projets. De femmes soumises et passives, elles deviennent actrices de leur survie physique et psychologique. On y sent de la fébrilité, de l’angoisse, mais aussi une certaine excitation.

La troisième partie, très courte, se déroule un an après les faits.

Mme Läckberg a cette manière d’écrire qui peut amener n’importe quel être humain sain d’esprit à envisager tout à fait sereinement que la mise à mort d’un homme est nécessaire ! Voire à s’inquiéter que ce projet ne puisse réussir…

Bien évidemment, c’est totalement amoral, et l’on espère surtout que la justice passe… sinon cet opuscule très réussi pourrait bien donner des idées à certaines !

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