Au petit bonheur la chance !

Aurélie Valognes

376 pages

Le Livre de Poche, 2019, Mazarine/Librairie Arthème Faillard, 2018

Fin de lecture 11 août 2021.

Ouvrir un livre d’Aurélie Valognes, c’est entrer dans un foyer, avec ses joies et ses peines.

Dans cet ouvrage qui reprend des éléments biographiques de la vie de son père, elle met en scène Jean, six ans, profondément attaché à sa maman Marie. Celle-ci souhaite quitter la Normandie pour effectuer un grand saut dans Paris, la ville de tous les possibles.

On est en 1968, les femmes commencent à peine à s’émanciper, et le mieux pour Marie est de confier Jean à sa mère Lucette, veuve, qui pourra s’occuper de lui dans l’appartement familial de Granville.

Pour un peu de temps… ou beaucoup plus.

L’aïeule et l’enfant vont devoir s’apprivoiser, entre contraintes et bonheur de partager leur vie. Le foyer est austère, sans commodité, la grand-mère peine à joindre les deux bouts. Leur quotidien se dessine autour des visites au cimetière, à l’église et aux commerçants préférés de Lucette. Et avec l’amitié du facteur Lucien, porteur de bonnes ou mauvaises nouvelles. L’enfant guette un signe de sa maman chérie, en vain. Le temps passe, entre l’école avec le maître sévère mais les copains, la petite voisine et surtout la famille de cousins et la tante Françoise qui accueille Jean et Lucette pour des week-ends si agréables.

L’enfant grandit, perd ses illusions, l’amour entre la vieille dame et lui se fortifie. Marie pourrait cependant remettre tout en cause en réapparaissant.

Je suis plus jeune que Jean. Mais j’ai retrouvé dans les têtes de chapitres les expressions qui ont marqué mon enfance, dans le récit les détails de l’intérieur de la maison de ma grand-mère ou de celle de mes parents, les odeurs d’école, de papier et d’encre.

« Rien de mieux pour le jeune rêveur que l’odeur du bois fraîchement coupé : il n’a qu’à affûter la mine pour se retrouver en pleine forêt de cèdres. Le mieux, c’est encore qu’on a le droit de gommer. Là encore, la gomme a un parfum magique. Surtout les bicolores, avec leur côté bleu qui fait des trous dans le papier dans les feuilles : au moins, la faute, on ne la voit plus ! Mais le top du top olfactif, c’est le petit pot de colle blanche avec sa pelle miniature glissée au centre. La reine des colles : Cléopâtre. »

J’ai beaucoup aimé ce face-à-face entre l’enfant sensible et la grand-mère bougonne qui dissimule son grand cœur. Les personnages sont terriblement attachants, les descriptions permettent de visualiser sans peine les activités de l’enfant, tant dans l’appartement familial, qu’à l’école ou à la plage.

Quelle jolie plongée dans les années soixante-dix, quelle belle mise en exergue de la difficulté d’assumer ses sentiments et ses actes ! La vie, contée tout simplement, avec tendresse et humour, entre rires et larmes.

Merci Annick de m’avoir prêté un livre aussi agréable !

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