Un hiver en enfer

Jo Witek

335 pages

Éditions France Loisirs, 2015, Actes Sud, 2014

Fin de lecture 2 septembre 2021.

Déniché en boîte à livres par ma meilleure amie, ce roman se lit très vite !

Edward vit dans une famille très aisée. Son père est architecte, sa mère une pianiste reconnue. Mais cette dernière ne lui apporte aucun amour, et ses séjours en hôpital psychiatrique ont plutôt amené le jeune garçon à s’éloigner d’elle et à le rapprocher de son père.

Fragilisé, Edward est ainsi devenu depuis plusieurs années avec un autre jeune, Henry-Pierre dit « HP », la tête de Turc des autres garçons de son établissement scolaire très huppé.

Alors qu’il a aujourd’hui quinze ans, sa mère revient changée de sa dernière hospitalisation : elle semble vouloir sincèrement se rapprocher d’Edward, ce qui provoque une étincelle dans la vie du garçon.

« Pour la première fois depuis plusieurs années, il perçut une attention dans ses yeux. Une présence entière et généreuse, entièrement tournée vers lui. Et cette main tendue lui fait l’effet d’un baiser. De ces baisers maternels dont il n’avait pas goûté ou alors dont il n’avait plus aucun souvenir. Est-il possible qu’elle soit réellement guérie ? »

Mais très vite, un drame affreux le plonge dans le néant : son père décède dans un accident de voiture, il se retrouve seul avec cette mère qui a totalement modifié son comportement avec lui. Bouleversé, son statut ayant changé au lycée, Edward décide également de se rebeller contre ses camarades bourreaux en les provoquant.

« Il n’était plus Ed le strange dont il fallait se foutre, mais Ed le porte-poisse qui puait la mort. De bouc émissaire, il était passé au rang d’intouchable, enfermé dans une vie saccagée qu’aucun ne souhaitait côtoyer. »

Et l’issue de cette scène provoque un nouvel épisode dans le renouveau de ses relations avec sa mère : celle-ci le prive bientôt de tout contact extérieur. Edward se sent en grand danger, sans nul autre contact que HP. Il va devoir tout mettre en œuvre pour échapper à l’emprise de sa mère, alors même que personne ne croit en son histoire. Autrement, Edward pourrait à son tour sombrer dans la folie…

« Il était taré. Les faits jouaient contre lui. Sa mère jouait contre lui, effaçant les traces ou achetant le silence des témoins gênants. Un gosse fragile, sujet aux crises d’angoisse, souffrant de TOC et de crises de violence, un enfant qui avait perdu son père, une maman qui avait retrouvé sa santé mentale et dont il ne pouvait supporter l’amour : tout cela l’avait conduit à une grosse crise de paranoïa. »

J’ai beaucoup aimé ce thriller écrit par une spécialiste des romans jeunesse. Plusieurs thèmes sont abordés autour de l’intrigue principale : le harcèlement scolaire, les relations parents-enfants, l’emprise psychologique, l’amitié, les premiers émois amoureux… et l’intuition policière ! Le personnage d’Edward est profondément attachant dans sa quête de l’amour inconditionnel de sa mère et dans son instinct de survie malgré son envie récurrente d’en finir avec une vie bien compliquée.

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