Sept psychopathes

Scénario Fabien Vehlmann

Dessins Sean Phillips

Couleurs Hubert

64 pages

Éditions Delcourt, 2007

Lu dans le cadre du Black November 2019, semaine 1 : lire un thriller qui ne soit pas un roman.

Résumé de l’éditeur :

Londres, 1941. Un colonel de l’armée anglaise reçoit une proposition hors du commun : recruter ces détraqués, choisis parmi les pensionnaires des asiles psychiatriques, pour former un commando chargé d’assassiner Hitler !

Ces psychopathes sont si imprévisibles, leurs raisonnements si déroutants, que l’ennemi ne parviendra jamais à anticiper leurs agissements ou leur tactique. Winston Churchill en personne ayant donné son accord, le groupe est parachuté sans délai au-dessus de l’Allemagne…

Mon avis :

J’ai acheté ce livre dans un destockage de la médiathèque. Le sujet m’attirait, ainsi que le fait qu’il s’agisse d’une collection de sept ouvrages avec à chaque fois sept personnages, placés dans sept situations ou univers différents.

Cette uchronie me semblait particulièrement intéressante et décalée au regard du nombre de tentatives d’assassinats sur la personne d’Hitler avortées, et des légendes sur sa mort présumée bien avant 1945.

Le fait que le colonel Thompson, qui va proposer cette nouvelle tentative, soit lui-même un personnage dépressif, est également décalé.

Quand le gouvernement britannique décide de s’adjoindre les services de « Sept psychopathes » pour assassiner Hitler, tout peut ainsi arriver : un medium, un escroc, un tueur, un géant, un rapporteur de la commission sur les conditions de vie dans les asiles, une jeune maman tireuse d’élite, emmenés par un professeur fou de vengeance, vont devoir affronter leurs propres démons pour les retourner contre Hitler. Mais n’est-ce pas dangereux pour l’avenir de l’humanité ?

Le lecteur se retrouve donc plongé à la fois dans l’univers de la psychiatrie et dans celui de la guerre, d’où des scènes majoritairement sombres.

Autant j’ai trouvé l’histoire intéressante, autant les dessins des personnages hommes trop semblables m’ont perdue à plusieurs reprises, au point que j’ai dû noter leurs noms et caractéristiques précises sur une feuille à part pour m’y retrouver.

J’essaierai néanmoins de lire les autres tomes de la série « Sept », puisque les scénaristes et dessinateurs sont tous différents.

Citations :

« Ces esprits authentiquement libres tueront le Führer parce qu’ils ignorent que c’est impossible… »

L’allée du sycomore

John Grisham

Lu par Stéphane Ronchewski

19 h 41, 81 plages en deux CD

Audiolib, 2014, Éditions Jean-Claude Lattès, 2014

Mississipi, Comté de Ford, octobre 1988.

Seth Hubbard, un richissime homme d’affaires, vient de mettre fin à ses jours.

Mais il a adressé quelques jours auparavant un dernier testament holographe à l’avocat Jake Brigance, qui a précédemment défendu un homme noir dans le cadre d’une affaire de meurtre qui a suscité des réactions houleuses dans le comté. Dont l’incendie de la propre maison de Jake par le Ku Klux Klan local.

Dans ce dernier testament, Seth Hubbard laisse la majorité de ses biens à sa femme de ménage noire, Letty Lang, ce qui provoque de nombreuses indignations et interrogations, sur la santé mentale du vieil homme ainsi que sur la teneur de leurs relations.

Jake doit alors défendre la succession de Seth Hubbard, contre les avocats des enfants du défunt qui veulent récupérer leur part de l’héritage, et face à un juge de la vieille école, colérique mais somme toute assez facétieux et terre-à-terre.

D’interrogatoires en découvertes diverses, John Grisham dresse le portrait d’un Mississipi marqué par le racisme et les jeux de pouvoir. Le lecteur suit toutes les audiences du procès, les techniques mises en œuvre par les divers avocats pour parvenir à leurs fins, les rebondissements et le suspense est total jusqu’au dénouement poignant.

L’écriture est remarquable, les descriptions permettent de se projeter et de visualiser les scènes : j’ai entendu les cris des petits-enfants de Letty, ressenti le froid de l’Alaska, je me suis retrouvée dans l’enceinte du tribunal, dans le cabinet de travail de Jake, ou sur la terrasse du vieux juge.

J’ai adoré ce livre, l’habillage musical proposé par l’éditeur, et la voix harmonieuse de Stéphane Ronchewski qui m’a accompagnée durant une quinzaine de jours, et il m’a été bien difficile de sortir de mon véhicule pour vaquer à mes occupations!

La demoiselle du Mississipi

Alexandra Ripley

Traduit par Myrtha Bel

506 pages

Archipoche, 2016, Belfond, 1993

La Nouvelle-Orléans, Louisiane.

Dans les Appalaches, Mary McAllistair fête ses seize ans. Elle reçoit de sa mère un coffret qui se transmet de génération en génération, et de son père une somme d’argent. Lorsqu’elle apprend le décès soudain de son père, elle quitte le couvent dans lequel elle était en pension pour essayer de retrouver la famille de sa mère à La Nouvelle-Orléans.

Elle effectue le périple via le Mississipi, et rencontre des personnes plus ou moins fréquentables. Dans sa naïveté, elle s’attache à une femme, Rose Jackson, qui essaye de l’intégrer de force dans sa maison de passe. Mary réussit à s’enfuir grâce à l’aide d’un homme qui la trouve dans la rue, Valmont Saint-Brevin, dont elle tombe éperdument amoureuse.

Recueillie par une riche famille créole pour servir de dame de compagnie à leur fille Jeanne, bavarde et frivole, Mary est bientôt à nouveau trahie et jetée à la rue. Sa force et son envie de vivre vont lui permettre de travailler dur pour s’en sortir grâce à la couture qu’elle a apprise au couvent.

Une nouvelle vie s’ouvre devant elle, mais Valmont ne l’entend pas ainsi. Et pour son malheur, le vaudou guette la jeune fille.

J’ai beaucoup aimé relire l’histoire de cette jeune femme pleine de ressources, que j’avais découverte dans les années 90. La plume d’Alexandra Ripley conte une année de la jeune fille, mais au-delà, c’est toute l’atmosphère de la Louisiane avant la Guerre de Sécession : créoles fêtards, riches mécènes, traditions du « plaçage » des jeunes filles Noires installées par des « Mait’ » Blancs dans des maisons, rites vaudou, et la menace toujours présente de la terrible fièvre jaune.

Dans la moiteur de la ville, Français et Américains, Noirs et Blancs, riches et pauvres, tous cohabitent dans un fragile équilibre, bien près de se rompre.

Une visite qui donne envie de traverser l’Atlantique et de remonter le Mississipi sur les traces des Français de Louisiane.

Challenge lectures communes de l’année 2019

Séverine Lenté, blogueuse Il est bien ce livre? que je suis sur Facebook, a proposé pour l’année 2019 des thématiques mensuelles de lecture.

Comme l’expérience du Black November 2018 m’a bien plu, je souhaite la renouveler, d’autant que le challenge annuel est un peu plus simple, puisqu’il s’agit ici d’UN seul livre par mois et par thématique (ce qui n’empêche pas d’en lire d’autres évidemment!).

Voici donc la liste des thématiques via la copie de la page Facebook de Séverine #Ilestbiencelivre (avec l’aimable autorisation de son auteure 😉) :

Et voici les premiers livres que j’ai recensés, et qui peuvent évoluer en fonction des entrées et sorties de ma PAL, mon objectif étant de diminuer celle-ci (😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂) :

Janvier : Une lumière sous la neige, Anita Shreve

Février : Les filles du préfet, Camilla Collette

Mars : La maison des sœurs, Charlotte Ink

Avril : Juste avant le crépuscule, Stephen King

Mai : Trois femmes puissantes, Marie NDiaye

Juin : NT

Juillet : La nouvelle vie de Kate Ready, Allison Pearson

Août : NT

Septembre : NT

Octobre : Le huit

Novembre : NT

Décembre : on va attendre le slip à l’envers de Séverine 😂

Bien sûr, je posterai une chronique par livre et les mises à jour en fonction de mes trouvailles par thématique.

Et je souhaite à tous ceux qui lisent de très bons moments de lecture pour 2019! 😍

Entre ombres et lumière, Esperanza

Emmanuelle Marly

282 pages

Pierre Téqui Editeur, 2018

Je remercie l’éditeur Pierre Téqui et Babelio pour m’avoir adressé ce livre dans le cadre de la masse critique de novembre 2018.

Esperanza est une jeune Andalouse de dix-sept ans. Accompagnée de son jeune frère Paco, âgé de six ans et demi, elle essaye de survivre en pratiquant la cueillette et le ramassage de fruits ou légumes.

Mais comme ils se sont enfuis d’un orphelinat, les deux enfants sont recherchés par un policier malfaisant, Sedaño.

Or, cet homme va les retrouver et exercer un odieux chantage sur Esperanza : elle doit lui procurer les moyens de s’infiltrer dans les domaines d’élevage de taureaux pour qu’il puisse y voler des semences de reproducteurs, sinon il la séparera de son frère.

Voilà donc les enfants travaillant dans différents élevages taurins andalous. Les premiers vols y sont opérés, au grand dam d’Esperanza. La jeune fille se sent bien seule, écrasée par sa culpabilité et effrayée par sa peur de perdre Paco.

Mais Esperanza va enfin trouver un appui auprès de deux jeunes gens, Juan, le fils de son nouveau patron, et Raphaël, un étudiant vétérinaire français.

A destination de la jeunesse, ce livre permet de découvrir les milieux taurin et équin, autour d’une variante de la tauromachie, le rejoneo, qui se pratique à cheval, et surtout sans mise à mort du taureau.

Comme il se déroule en Espagne, une large place est faite à la langue du pays, avec en fin d’ouvrage un lexique/glossaire intéressant, permettant au jeune lecteur de s’approprier tout à la fois le vocabulaire espagnol et celui des haciendas. L’éditeur étant religieux, une digression est également présente, mais elle reste discrète.

C’est un livre qui pourrait plaire aux toutes jeunes filles qui aiment l’aventure, les valeurs de fidélité, d’honnêteté, d’amitié et d’honneur.

(Lu également dans le cadre du challenge « 3 en 4 » proposé sur Fb par @Ludo Bond, soit lire 3 livres de notre PAL en 4 jours)

Challenge The Black November 2018, le récapitulatif

Voilà, The Black November 2018, c’est fini! Snif, c’était bien…

J’ai déjà publié les chroniques de chaque livre lu dans la catégorie policier/thriller, mais voici ci-dessous un petit résumé de chacun, associé aux consignes imposées par Séverine.

Lire chaque semaine de novembre un à plusieurs (le maximum possible) thrillers/policiers comprenant des restrictions :

du 1er au 4 novembre : lire un thriller/policier de moins de 300 pages

La mort est dans l’pré de Paul-François Husson, 170 pages : Une découverte de l’auteur, qui réussit dans un court roman à faire frissonner le lecteur pour Rachida, jeune policière qui enquête incognito sur des meurtres.

Mais comme je l’ai lu (très) vite, je me suis laissée tenter par

Les emmurés, Serge Brussolo, 286 pages : là aussi, un auteur que je connaissais seulement de nom, un livre étrange avec Jeanne qui va réaliser un reportage dans une maison où certains propriétaires ont été emmurés par le passé.

du 5 au 11 novembre : lire un thriller/policier dont le titre ne comporte qu’un seul mot

Tryptique de Karin Slaughter, 554 pages : premier opus de la série Will Trent, un jeune homme nie avoir tué sauvagement sa petite amie, et emprisonné et à sa sortie de prison, les meurtres identiques reprennent. Un avis mitigé car on sait dès la moitié du livre qui est l’assassin. L’enjeu est surtout de voir comment il va être découvert.

du 12 au 18 novembre : lire un thriller/policier se déroulant en Amérique du Nord.

J’ai choisi Baby Doll de Holly Overton, 362 pages, donné en mai 2018 par ma copine Elisabeth du blog littelecture.wordpress.com et qui a fait l’objet d’une lecture commune avec elle : un très bon thriller qui commence après la fuite de Lily et de sa fille, à la suite d’une imprudence de leur geôlier. Pour Lily et sa sœur jumelle, il va falloir essayer de se reconstruire. Un parti pris très intéressant, l’enquête étant relancée par la fuite de Lily.

Et j’ai enchaîné avec Jusqu’à ce que la mort nous sépare, le premier livre de Lisa Gardner, 371 pages : Tess a été mariée à un rueur en série et c’est elle qui l’a dénoncé. Il a juré de se venger. Tess fait appel à T.J., un ancien mercenaire, pour lui apprendre à se protéger et à protéger sa fille Samantha. J’ai beaucoup aimé ce thriller, qui mêle traque et moyens de reconstruction.

du 19 au 25 novembre : lire un thriller/policier écrit par une autrice française.

J’ai choisi Des clous dans le cœur de Danielle Thiéry (prix du Quai des Orfèvres 2013), 396 pages : le commandant Revel et son équipe mènent l’enquête sur le meurtre d’une ancienne star de la chanson quand une vieille affaire refait surface, qui touche de près Revel. Un très bon moment de lecture !

Alors j’ai enchaîné avec Tromper la mort de Maryse Rivière (prix 2015 du Quai des Orfèvres), 373 pages, et je me suis ennuyée. Malgré des bons points de départ, un libraire tueur en série qui s’enfuit en Irlande pour échapper à la police française et continuer à commettre ses crimes, je n’ai pas du tout accroché.

du 26 au 30 novembre : lire un thriller/

Comme prévu, j’ai lu Leona : La fin justifie les moyens de Jenny Rogneby, 540 pages, la suite des aventures de la policière Leona Lindberg, qui exerce son métier parallèlement à des activités illégales pour régler les dettes accumulées lors du tome un.

Et en parallèle, hors compétition, j’ai écouté deux thrillers dans ma voiture, sans doute mes coups de cœur de ce TBN :

* Les apparences de Gillian Flynn (18 h, j’ai rendu le CD, donc c’est le film qui se teouve sur la photo!), où comment la vie d’un jeune couple New-Yorkais qui a rejoint le Mississipi, bien sous tous rapports, peut cacher l’insoupçonnable… ou presque!

* Une vraie famille, Valentin Musso, (10 h) mon premier livre de cet auteur que je voulais découvrir depuis longtemps, et je n’ai pas été déçue par cette histoire d’un couple sans histoire qui accueille chez lui un jeune homme venu de nulle part, pour le pire…

Voilà, j’ai réussi à tenir le rythme, en alternant également avec d’autres livres à date limite de remise de chronique, et j’ai pris un grand plaisir à relever ces défis et à vider un peu ma PAL!!!

Un grand merci à Séverine #Ilestbiencelivre et à tous les amateurs de #The Black November qui ont partagé leurs lectures pour nous donner encore envie de découvrir d’autres livres! Ma wish-list déborde…

Une vraie famille

Valentin Musso

Interprété par Marc-Henri Boisse

53 plages, 10 h 10

Sixtrid Éditions, 2016

Lecture audio en parallèle du challenge The Black November, pour rester dans l’univers du thriller.

L’histoire s’ouvre sur un prologue plein de violence. Un jeune homme très sûr de lui, très froid, va exterminer d’autres jeunes gens au sein d’une université.

Sans transition, le premier chapitre expose la vie de François et Mathilde Vasseur qui vivent à Quimperlé, dans leur maison de campagne, presque retapée.

On en retient la pluie, une pluie d’hiver, pas simplement une bruine ou un crachin, non, une vraie pluie et une vie très réglée. François est un érudit, Mathilde tient sa maison à la perfection.

Mais cette vie va être chamboulée par l’arrivée d’un jeune homme, qui va aider François tombé en panne de voiture. François pense que le jeune homme a besoin de travailler et il va lui demander d’effectuer de menus travaux dans le jardin, puis dans la maison et bientôt Ludovic, ainsi dit-il se prénommer, va devenir presque indispensable. Malgré tout sa présence pèse au couple. En effet, que savent-ils de ce Ludovic, qui semble prendre ses aises un peu plus chaque jour ?

Valentin Musso distille savamment des mots et des phrases qui rendent l’atmosphère malsaine : on se demande avec François et Mathilde d’où vient Ludovic, ce qu’il leur veut vraiment, tout en s’inquiétant comme leurs voisins de leur regrettable naïveté d’avoir ouvert leur porte à un inconnu. Tour à tour, le lecteur est troublé par les relations qui se mettent en place et la vision des différents protagonistes. Et là c’est la fin de la première partie!

Car il est impossible d’en écrire plus sans spolier l’histoire, et ce serait bien dommage !

Jusqu’au dénouement final! Waouh… On ressort un peu déboussolé de ce livre, avec une espèce de perte des repères

Je suis ravie d’avoir enfin lu Valentin Musso, et cela me donne envie d’en lire d’autres.

Je ne peux que conseiller la lecture de ce thriller excellent, un vrai coup de cœur!