Un homme à la crèche

Thomas Grillot

107 pages

Seuil, 2016 Collection Raconter la vie

Fin de lecture 15 décembre 2019

Conseillé par le club de lecteurs, ce livre évoque l’emploi des hommes dans des métiers essentiellement dévolus à la gent féminine.

On y aborde donc la thématique des métiers « genrés », mais pour une fois dans la peau d’un homme.

Thomas Grillot propose, à travers plusieurs exemples vécus, une plongée dans cet univers – une crèche – au sein duquel un homme doit encore plus prêter attention que ses collègues à son comportement avec des jeunes enfants.

Ne surtout pas se substituer aux parents, êtes simplement un relais pour quelques heures, frôler l’invisibilité pour ne pas les faire culpabiliser, certes, cela leur est commun. Mais un homme qui passe son temps « à quatre pattes » à « jouer à des jeux qui ne sont plus de son âge » ? C’est forcément un homosexuel ! Ou, plus grave, un pédophile ???

La vision sexuée des métiers est toujours très prégnante dans notre société, et si le militantisme s’est fortement focalisé sur l’égalité d’accès des jeunes femmes à des métiers dits « virils », l’homme qui veut conserver cette virilité au sein d’une équipe féminine, dans un emploi connoté « maternisant » a également du souci à se faire !

J’ai apprécié de pouvoir envisager ainsi l’autre côté du sexisme ordinaire, dans un court ouvrage qui permet de se poser les bonnes questions : la société qui souhaite toujours plus le partage des tâches à la

maison ne semble ainsi pas encore vraiment prête à accueillir ce partage des genres dans les emplois. Et lorsque, femme ou homme, l’employé envisage ses compétences à l’aune de son sexe, il court manifestement à sa perte, ainsi que le montre l’exemple cité par Thomas Grillot. Un « escalator de verre », – inverse du fameux « plafond de verre » – existe pour les hommes, il leur est obligatoire de le franchir en raison même de leur sexe, même s’ils estiment ne pas en avoir les compétences.

Remettre ses compétences et ses envies en perspective, voilà ce qui fait avancer. Se demander si on a le « bon » genre pour réussir dans un emploi, voilà qui freine les élans.

Un excellent ouvrage, jamais rébarbatif et fort intéressant.

Citations :

« Laisser faire, beaucoup. Observer. Ecouter. Parler peu mais bien. Établir une relation si discrète que les choses arrivent, que l’enfant grandisse aussi grâce à vous, mais que vous ayez l’air de n’y être pour rien : ce serait l’idéal. 

Avec abnégation, votre travail serait en somme d’avoir l’air presque inutile. »

« Une assignation à résider dans ton habit d’homme. »

« Tout conspirerait à faire des hommes isolés dans des milieux de femmes des parangons de l’antinature, du travail, de l’effort. »

Dans la combi de Thomas Pesquet

Marion Montaigne

254 pages

Dargaud, 2017

Prix Cultura des Lecteurs au festival d’Angoulême 2017

Fin de lecture : 11 décembre 2019

Marion Montaigne, j’aime.

Thomas Pesquet, j’aime.

La réunion des deux : je ne peux qu’aimer !

Ce roman-document graphique (oui avec 254 pages, ça n’a plus rien d’une simple bande dessinée!) est né de leur rencontre et du travail effectué par la scénariste et dessinatrice en amont, pendant et après la mission de l’astronaute français.

Mais loin de s’arrêter à décrire cette seule mission, l’auteure évoque l’histoire de l’aventure spatiale, le parcours du combattant pour être enfin retenu pour intégrer l’ISS, et les conditions de vie sur place.

La rectitude scientifique côtoie donc l’humour, les digressions, pour le plus grand bonheur du lecteur. J’ai ainsi appris – entre autres – pourquoi l’emplacement géographique des bases de lancement des modules spatiaux se situait obligatoirement près de l’équateur.

Le dessin très simple des personnages – difficile de reconnaître Thomas Pesquet sous les traits de ce gaillard – est contrebalancé par l’extrême précision apportée aux décors, à l’environnement dans lequel évoluent les astronautes, autant dans la phase de préparation sur terre que sur la station spatiale internationale.

Je me suis donc instruite, amusée, mais jamais ennuyée lors de cette lecture… et j’en redemande !

Un de mes coups de cœur « BD » de 2019.

P.S. : Comment j’en suis arrivée à lire ce livre.

Comme tous les gens qui ont une télévision, une radio ou internet, je n’ai pas pu passer à côté de l’aventure spatiale de Thomas Pesquet. D’autant que je disposais de tout mon temps pour lire ou regarder des vidéos puisqu’il m’était impossible d’utiliser mes bras… Bref, j’ai donc été plus loin, en m’intéressant de plus près à l’aventure spatiale dans sa grande largeur. Fascinée ? Oui ! Envieuse ? Non ! Claustrophobie oblige, je n’aurais jamais pu rester enfermée dans un de ces bidules pendant des mois sans pouvoir me promener à l’envie sur le plancher des vaches… et puis mon niveau en mathématiques faisait pleurer mes professeurs, donc exit le rêve de voler plus près des étoiles.

Mais fortement attirée par les sciences, les découvertes et le côté aventurier (j’aime aussi Mike Horn, mais loin de moi l’idée de le concurrencer dans ses voyages en arctique ou dans la jungle pleine de vilaines bébêtes), j’ai suivi avec plaisir les exploits de notre astronaute :

apprécié les photographies et vidéos qu’il transmettait depuis l’ISS, suivi son atterrissage à Baïkonour, tremblé jusqu’à l’ouverture de la capsule, jusqu’à ce que, ouf, il apparaisse sain et sauf !

Les interviews, puis la promotion qui ont entouré la sortie de la B.D. de Marion Montaigne, m’ont également interpellée. Et puis, la vie suivant son cours, j’ai lu de nombreux ouvrages, et ai oublié celui-ci.

Jusqu’à ce que je tombe sur une interview de notre héros, qui projette désormais une tournée lunaire dans quelques années… alors je me suis rappelée mon envie d’en savoir un peu plus sur lui et l’aventure spatiale, racontée par une scénariste et dessinatrice dont j’aimais déjà à la fois l’humour décapant et la rigueur scientifique.

C’est ainsi que j’ai emprunté le livre à la médiathèque… pour mon plus grand plaisir !

Ce qu’elles disent

Miriam Toews

Traduction Lori Saint-Martin et Paul Gagné

227 pages

Éditions Buchet et Chastel, 22 août 2019

Reçu dans le cadre d’une rencontre avec l’auteure le 26 juin 2019, pour une publication lors de la rentrée littéraire d’automne 2019, je remercie les Éditions Buchet et Chastel et Babelio pour m’avoir adressé cet ouvrage.

Miriam Toews évoque dans ce livre un fait divers relaté dans le journal The Guardian : des femmes mennonites qui ont dénoncé les violences physiques et sexuelles dont elles ont été victimes, de la plus jeune à la plus âgée, par certains membres masculins de leur communauté.

L’auteure a fait partie de cette communauté de chrétiens baptistes très fermée, dans laquelle les droits des femmes sont inexistants. Sa colère à la lecture du fait divers a donné lieu à un livre qui expose, sous forme de compte-rendu écrit par l’instituteur du village, les tergiversations de huit femmes durant quarante-huit heures : ce laps de temps qui permettrait aux hommes de la communauté emprisonnés de voir payée leur caution doit en effet permettre aux femmes de décider si elles vont partir ou rester dans la communauté.

Trois axes se dégagent ainsi : « Voilà qui nous ramène une fois de plus à nos trois raisons de partir, toutes valables. Nous voulons que nos enfants soient en sécurité. Nous voulons préserver notre foi. Et nous voulons pouvoir penser. »

August, l’instituteur, amoureux silencieux d’Ona, n’est pas considéré comme un homme par les autres. C’est ce qui lui permet d’être intégré par les femmes. Et comme celles-ci sont illettrées, il est le seul qui peut écrire les débats. Il aura également la charge de rééduquer les jeunes garçons et ensuite les jeunes filles pour leur permettre une émancipation des pratiques fondamentalistes de la communauté.

August se réfère fréquemment à Flaubert car il a vécu hors de la communauté et respecte les auteurs classiques. Il s’agit de reprendre le rôle fondamental de l’enseignement par l’amour et non par la violence prônée par les chefs de la communauté. Flaubert n’a-t-il pas écrit « Je suis Madame Bovary »?

Les caractéristiques des huit femmes ont été choisies par l’auteure dans les femmes de son entourage, sa mère, sa soeur, sa meilleure amie, sa fille, la meilleure amie de sa fille, …

Ce roman-témoignage (je le classe ainsi dans la catégorie des documents pour son apport à la connaissance de la communauté mennonite) est étouffant de violence : on la sent dans les propos tenus, dans les cris de certaines des femmes, dans les silences parfois. Et à certains instants, les jeunes filles apportent un peu de luminosité par leurs rires et leurs facéties, offrant ainsi au lecteur une petite respiration. Pour mieux replonger ensuite dans la discussion animée dont on voudrait extirper très vite ces femmes, les soulager d’un poids trop lourd à porter en prenant la décision à leur place.

Et on souffre aussi pour August et son amour malheureux, mais qui sera sauvé de la dépression par le fait d’avoir été le témoin actif de la discussion et son scribe consciencieux.

Il s’agit presque également un essai philosophique, avec ce questionnement autour de pardon, du pouvoir et de son exercice, de l’amour et de la connaissance.

J’ai donc lu cet ouvrage par morceaux, en alternance avec d’autres plus légers, car les thèmes abordés sont très profonds et malheureusement d’actualité. Et malgré la difficulté d’appréhension de l’écriture au début, il faut le lire absolument car il dénonce les actes bien connus de l’intérieur mais trop souvent cachés à l’extérieur… pour le malheur des nombreuses femmes qui en sont victimes.

Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ?

Mimie Mathy et Gilles Legardinier

234 pages

Éditions Belfond, 2017

La question posée par le titre, osée et complètement décalée, donne le ton du livre.

Les deux auteurs y exposent, sous forme de joute verbale bienveillante et teintée d’humour, ce qui les a construit malgré ou grâce à leur différence. Les liens familiaux, la tendre mais ferme volonté des parents biologiques de l’une et adoptifs de l’autre de ne jamais leur mentir ont payé.

Bien loin de les cantonner à leurs différences, ces parents aimants ont su aider leurs enfants à s’en servir pour qu’elle devienne une force, car après tout, rien ne pourrait la changer !

J’ai aimé la façon dont Mimie Mathy livre son regard sur ce qu’elle est, sa personnalité qui ne se mesure pas à sa taille, bien au contraire. On y lit la joie de vivre, le désir de progresser pour réaliser ses rêves, de concrétiser ses projets, depuis l’adolescence. J’ai noté la persévérance dont elle a fait preuve pour intégrer l’école de Michel Fugain et l’honnêteté de ce dernier : deux tentatives et trois ans se sont passés avant qu’elle ne lui semble prête à se lancer dans l’aventure. Considérer l’être humain et non son apparence a permis à l’apprentie actrice de mûrir, alors qu’elle aurait sans doute échoué si elle était arrivée plus tôt dans l’univers des médias.

De son côté, l’écrivain Gilles Legardinier dévoile ce qui le motive, fait de partages et d’échanges, d’observation des autres, qui l’aident à construire les personnages de ses romans dans lesquels il met un peu de lui. Il évoque avec pudeur son choix de ne pas rechercher sa famille biologique et de garder le patronyme de ses parents adoptifs au lieu de se choisir un pseudonyme.

Autant l’une se refuse à entrer dans ce qu’elle appelle un « ghetto » des personnes qui lui ressemblent physiquement, autant l’autre est attiré par ceux qui ont vécu l’adoption. Là encore, la différence s’exprime dans leur façon de réagir face aux autres. Ainsi que par quelques phrases bien affirmées !

Malgré quelques répétitions, j’ai trouvé ces témoignages, appuyés de quelques anecdotes, intéressants et fondateurs d’espoir pour tous : chaque individu est différent des autres, donc plutôt que de se morfondre, cultiver l’optimisme et persévérer dans des projets même s’ils semblent irréalistes aux yeux de certains, voilà qui peut changer la donne de départ !

Citations

«  Il vaut mieux parler des choses. Garder pour soi quelque chose qui ne va pas, c’est l’assurance de le voir pourrir. Je pense qu’on ne résout rien en se taisant. Mais peut-être vaut-il mieux quelquefois éviter de parler de ce qui fait très mal, agir comme si tout allait bien pour attendre le bon moment et être en situation de mener ces combats-là. » p147 MM

« Ce ne sont pas les épreuves qu’il faut évaluer, mais notre faculté à les dépasser. » p172 GL

« Les gens agressifs sont aussi porteurs d’une différence, ils sont malheureux ou carrément néfastes, mais eux aussi ont besoin d’aide, que ce soit une main tendue ou une bonne baffe ! » p177 GL

« J’aurais pu avoir une vie discrète, parallèle, effacée, en retrait – « Excusez-moi d’être comme ça ». Je serai toujours reconnaissante à mes parents d’avoir eu cette force de dire : « Regardez c’est notre fille ! » p192 MM

Une vengeance au goût amer

Ann Rule

Traduit par Isabelle Saint-Martin

505 pages

Le Livre de Poche, 2011, Éditions Michel Lafon, 2009

Ça faisait un ou deux ans que je n’avais pas lu un livre d’Ann Rule. Un échange sur les réseaux sociaux m’a donné envie de sortir celui-ci de ma PAL.

C’est l’histoire vraie d’une famille, celle de Mike Farrar et Debora Green et de leurs trois enfants, Tim, Lissa et la petite Kelly. L’auteure expose comment cette famille aisée, à qui tout aurait pu réussir, se retrouve finalement au cœur d’un drame abominable : deux des enfants décèdent dans l’incendie de la maison familiale.

Et Ann Rule de reprendre par le menu la vie de Mike et Debora, leurs études de médecine, leur rencontre, la constitution de leur famille puis les difficultés conjugales et la maladie inexpliquée de Mike. Le lecteur détient alors une sorte de statut de témoin privilégié des scènes de la vie courante des Farrar dans leur maison de Kansas City, s’émouvant ou s’indignant tour à tour.

J’ai retrouvé ce que j’aime chez cette chroniqueuse judiciaire : la narration d’une enquête policière, et plus encore, le décorticage des faits et gestes qui amènent des individus à commettre le pire, puis la relation du procès.

Il n’y a pas de parti pris, juste une observation objective des faits. Qui amène cependant le lecteur à se poser la même question que certains témoins directs du drame : n’y aurait-il pas eu plusieurs fois la possibilité de l’empêcher ? Parce que, franchement, tout était en place pour une terrible issue !

Les jeunes femmes de cinquante ans

Mylène Desclaux

309 pages

Mon Poche, 2019, Éditions Jean-Claude Lattès, 2018

Dans cet ouvrage offert par ma meilleure amie (que je remercie pour m’avoir permis une belle tranche de rire), Mylène Desclaux évoque avec humour la « Saint Quantaine », celle qu’elle préfère voir sous son meilleur jour.

Elle montre que non, tout n’est pas fini lorsqu’une femme atteint cet âge horrifique (le seul avantage étant de ne plus appartenir au panel de la « ménagère de moins de cinquante ans » si horripilant ! Et ça c’est moi qui le dit, pas l’auteure !!!). Bien sûr, le physique ne suit plus comme à vingt ans, mais fi des convenances des trente glorieuses, cette femme toujours jeune est sportive (ou pas), fait attention à son poids (ou pas), ne se laisse pas aller (oups), et pourrait même rencontrer – enfin – l’âme sœur.

Enfin bref, ce livre n’est pas à proprement parler une suite de conseils, je l’ai plutôt vu comme un recueil de témoignages sur des situations de la vie quotidienne des femmes de notre époque, qui ont encore pas mal de projets et une belle vie à venir. J’ai ri, c’est plein d’allant et sans prétention, parfait pour la détente sur la plage (ou le canapé en ce qui me concerne).

Alors mesdames concernées par la question, chaussez vos lunettes – presbytie oblige – posez-vous dans un transat… et surtout, cachez la couverture, on pourrait identifier votre âge ! Et ça, Mylène Desclaux vous le dit : absolument hors de question de le dévoiler !

Citation

« Garder ses cheveux blancs, porter des lunettes de vue et un tailleur jupe marron en tweed (à la taille élastique), une paire de mocassins en semelles de crêpes, et roulez vieillesse ! Vous êtes au top pour prendre rendez-vous avec un spécialiste du viager. »

Ma vie, un sport de combat

Michaël Jeremiasz

Écrit avec la participation de Virginie Troussier

221 pages

Hachette-Marabout, 2018

De Michaël Jeremiasz, je connaissais le jeu de raquettes, l’investissement dans les tournois de tennis fauteuil et la journée « Tous en fauteuil » de Roland-Garros. Et ce magnifique sourire lors des interviews autour de son sport de prédilection.

Découvrant ce livre mis à l’honneur par un membre de mon club de lecteurs, j’ai souhaité savoir qui se cachait derrière le sportif de haut niveau, et son rapport au handicap.

Dans cette biographie, Michaël Jeremiasz se dévoile enfant avec les liens familiaux très prégnants, notamment avec ses frères Benjamin et Jonathan. Une vie aisée mais surtout empreinte d’amour et de fureur de vivre.

Car avec ses frères et ses copains, l’adolescent va réaliser les quatre-cents coups. Jusqu’à ce terrible 7 février 2000, où une prise de risque un peu plus osée se termine en bas d’une piste de saut à Avoriaz. Il gît, tel un pantin désarticulé. Il a dix-huit ans et est devenu paraplégique : il ne sent plus rien en-dessous du nombril.

Une autre vie débute ainsi, celle de la reconstruction, avec l’appropriation de nouvelles capacités. Le soutien familial inconditionnel, l’entourage sont alors primordiaux, la vérité aussi : Michaël ne veut pas de pitié ni de faux-semblants.

Mais la fureur de vivre est toujours là, l’envie de se dépasser, aussi. Alors, le jeune homme va travailler dur pour rééduquer son corps meurtri et se lancer de nouveaux défis : être un athlète de haut niveau, parvenir aux sommets, transformer son handicap en possibilité. Toujours très entouré par sa famille, ses frères notamment et des amis, il renoue avec le tennis jusqu’à devenir champion du monde et champion olympique de tennis-fauteuil.

Parallèlement, il milite pour dépasser une certaine vision du handicap : pour cesser d’être pris en pitié, pour que la personne adulte plus précisément ne soit plus réduite à ce handicap mais au contraire considérée pleinement, pour que la société prenne en compte les difficultés -accessibilité, aménagements, … – mais sans l’œil réducteur qui est si souvent opposé aux personnes handicapées. J’ai été – à juste titre – choquée de la scène décrite par l’auteur dans laquelle un inconnu lui passe la main dans les cheveux…

L’envie de vivre qui a menée Michaël Jeremiasz au plus haut niveau le porte à présent, grâce à l’association qu’il a fondée avec son frère, à aider ceux qui voudraient accéder aux sports, à veiller aux durées de retransmission des jeux handisports, à prôner une vision différente du handicap.

J’ai aimé découvrir les diverses facettes de l’homme : le séducteur, le travailleur acharné, le militant.

J’ai trouvé intéressantes les citations de ceux qui ont côtoyé l’auteur en tête de chapitre. Je regrette néanmoins un manque de structuration dans la narration, les événements étant relatés un peu dans le désordre, je me suis souvent perdue dans la chronologie.

Reste le portrait d’un homme sympathique avec une vision très ouverte sur le handicap, dont j’aurai plaisir à suivre l’évolution dans la société.

Citation

« Être privé de l’usage de membres reste une punition qui invite à la ruse. Être privé d’un sens, c’est se trouver dans la nécessité de définir d’autres repères, de nouvelles façons de vivre, des curiosités gagnantes. Je suis diminué mais non résigné, j’explore l’espace différemment, dans ce mouvement intérieur volontaire. »