Éditorial : Critiquer et analyser un recueil de dessins de presse, un challenge à relever

Il peut être délicat de critiquer ou d’analyser un livre comportant des dessins de presse. Le risque étant effectivement de se concentrer sur des aspects purement politiques, de valeurs, de morale et caetera, qui évidemment sont revendiqués par certains journalistes lorsqu’il publient dans la presse et notamment en fonction de l’obédience du journal considéré.

Je souhaite donc évoquer ici MA démarche personnelle quand je suis sollicitée pour (ou que je choisis de) lire un ouvrage de ce type.

Pour moi, la découverte de livres tels qu’un recueil de dessins de presse, est particulièrement intéressante parce que je m’attache essentiellement à la façon dont l’auteur, le dessinateur, va faire passer le message qu’il veut exprimer.

* Je commence donc toujours par la forme :

->Le dessinateur amène-t-il le message de façon subtile ou au contraire très franche?

->Quelle est la mise en place du dessin au sein de la page : Petit dessin ou grand dessin? Une planche ou deux? Une page ou plus?

->Le trait est-il fin ou épais ?

->Le dessinateur emploie-t-il des couleurs, si oui lesquelles reviennent le plus souvent ?

->Les dessins comportent-ils des bulles?

->Est-il nécessaire de réfléchir pour comprendre le message ou au contraire saute-t-il au visage du lecteur ?

->Quelles préoccupations du dessinateur la répétition de certains sujets met-elle en lumière ?

Il m’arrive sans doute de me poser d’autres questions, mais qui ne me viennent pas à l’esprit à l’instant.

* Après avoir traité de la forme, je passe ensuite au fond.

->Lorsqu’il s’agit d’un recueil, j’essaye de dénombrer les planches qui traitent du même sujet, afin de me faire une idée plus précise des valeurs du dessinateur. ->J’essaye de dégager, s’il en existe un, le fil rouge qui préside à la progression des dessins. Dans certains cas, il ne s’agit cependant que d’une juxtaposition de dessins sans ordre particulier, et je m’efforce de le relever également.

->Je souhaite ensuite m’intéresser à la façon dont le fond – le message – est traité : avec humour, tristesse, douceur, poésie, violence? Y a-t-il anthropomorphisme ?

->Les sujets traités sont-ils accessibles au plus grand nombre ou au contraire réservés à un cercle privilégié ?

->J’apprécie également de savoir quand ont été publiés les dessins et dans quel journal.

*Et enfin, j’essaye de répondre à la question suivante : Quelles émotions le recueil dans sa globalité suscite-t-il en moi? Ai-je aimé ?

Je m’interdis généralement de donner mon avis sur le fond des sujets « tendancieux » (politiques/religieux, …) traités, pour ne m’attacher qu’à la vision apportée par l’auteur. Bien évidemment, si un sujet devait rentrer sous le coup de la loi, mon avis serait plus tranché.

Et vous, comment procédez-vous? Je serais ravie d’avoir votre avis!

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Éditorial : le livre audio et moi, première partie

Les origines

J’ai toujours aimé écouter la radio. Pas de télévision chez moi enfant, j’ai donc été élevée au son des histoires extraordinaires et souvent macabres de Pierre Bellemare à mi-journée.

J’ai bien aimé également des feuilletons audios programmés dans les années 80/90, et plus récemment les historiques de Franck Ferrand ou de Christophe Hondelatte.

J’avais aussi testé, enfant, sur 33 tours, les histoires du Club des Cinq d’Enid Blyton (à plusieurs voix, avec fond sonore, mais tellement mal interprété!) ou les contes d’Alphonse Daudet (« Ah quelle était belle la petite chèvre, avec sa houppelande »), narrés par la voix pleine de soleil de Fernandel ou encore les classiques contes de Perrault (Blanche-Neige, La belle au bois dormant, …).

L’oubli

Mais devenue adulte, et malgré sa généralisation, j’avais quelques réticences à me tourner vers le livre audio. Mais pourquoi donc? Sans doute parce que pour moi, lire, c’est se caler dans un endroit pour m’évader totalement avec un ouvrage dont je peux tourner les pages. J’ai testé le livre numérique, il m’arrive d’y succomber, mais bien plus rarement. J’aime l’odeur du papier, j’aime explorer les pages, revenir en arrière, reprendre à nouveau… et ma faculté de concentration et de mémorisation est bien plus grande avec un visuel, comme la grande majorité de la population.

Le retour aux origines

Mais je m’égare. Le livre audio ne m’était donc pas totalement inconnu, mais ne me paraissait pas vraiment adapté à ma condition de « livrivore » (néologisme!). Oui mais voilà, les dernières années ont été marquées par une recrudescence de lectures, mes autres activités manuelles de détente étant impossibles. Alors une reprise professionnelle se profilant, je me suis demandée comment conserver un rythme de lecture relativement soutenu malgré l’utilisation quotidienne de ma voiture (oui je sais, écologiquement je devrais prendre les transports en commun, mais 1 h 15 aller-retour versus 3h, mon choix est vite fait!).

La difficile sélection du livre audio

Alors j’ai décidé de tester le livre audio. Avec appréhension. Ridicule. Parce que la radio est tout de même mon principal outil de détente en voiture, que j’y écoute des émissions très diverses ou que je passe de la musique sur mon lecteur de CD pour chanter bien à l’abri des oreilles d’autrui (s’il pleut demain, vous saurez qui incriminer!).

Oui mais quoi??? Quel type? Concentration, mémorisation. Les deux enjeux. Il fallait donc une histoire qui retienne mon attention. Donc plutôt un polar ou un thriller, qui me tiendrait en haleine, et dont je ne risquerais pas d’oublier l’intrigue entre deux trajets. Et plutôt avec bonne presse, et d’un auteur que je connaissais.

Que pouvais-je donc choisir qui me tienne en haleine??? La suite dans la deuxième partie, très prochainement!

PS… Si vous suivez ce blog, vous savez déjà quel a été mon premier choix de lecture audio… mais pas forcément pourquoi!