Malfosse

Auteurs multiples, par ordre alphabétique : Patrick Baud, Stéphane Bourgoin, Jérôme Camut, Christian Carayon, Elise Costa, Nathalie Hug, Ingrid Desjours, Sophie Loubière, Anne-Sophie Martin, Gipsy Paladini, Laurent Scalese, Cédric Sire, Franck Thilliez

Série audio en 12 épisodes

Audible Original, 2019

Abandon de lecture (80 %) 19/01/2020

Un préalable : j’aime les livres audio. J’apprécie de découvrir via l’écoute une histoire romantique, policière ou un document. J’ai passé de très bons moments en voiture ou en accomplissant des tâches quotidiennes grâce au talent des acteurs ou auteurs qui lisent ces textes. Je suis même abonnée à un site de téléchargement de livres audio.

J’avais déjà eu l’occasion de découvrir une série audio (Dernière terre), mais complète, à l’issue de sa diffusion et j’avais beaucoup aimé.

J’avais déjà lu et apprécié certains des auteurs impliqués dans cette opération.

C’est donc dire que j’ai un a priori très positif face à ce média et que c’est pour ces raisons que j’ai répondu favorablement à la proposition de Babelio et Audible, que je remercie, d’écouter et de chroniquer Malfosse. D’autant qu’une histoire policière contée par des auteurs divers m’intéressait fortement.

Hélas, je suis passée à côté. Pour de multiples raisons.

Ce qui m’a plu, c’est le jeu d’acteurs : chaque voix correspond à un personnage. Le début était attractif : en 2019, un journaliste, Thomas Loreau, vient enquêter dans la ville de Malfosse qui a connu des meurtres non élucidés en 1948 et 1949. Le corps sans vie du journaliste est retrouvé. Le mystère s’épaissit : qui avait intérêt à le faire disparaître, et pourquoi ? D’autres journalistes et des gendarmes enquêtent, autour des discussions des villageois qui semblent en savoir plus qu’il n’y parait.

Et c’est là que cela se gâte pour moi. Car je ne m’attendais pas à découvrir une série axée sur un pacte avec le diable, des messes noires, … C’est très exactement le genre littéraire que je fuis, car cela me met mal à l’aise. Qu’on y fasse allusion, soit. Qu’on y assiste, ce n’est plus possible. Aller-retour entre aujourd’hui, le dix-septième siècle et les années d’après-guerre, tout tourne autour de ce sujet. (Mais paradoxalement l’épisode avec Nathaniel est celui qui m’a semblé le plus abouti !).

J’ai donc interrompu mon écoute, essayé de la reprendre à autre épisode pour arriver tout de même jusqu’à la fin. Mais j’ai définitivement arrêté après une énième scène où les protagonistes se repaissent de sang sacrificiel au cours d’une réunion… à la mairie !

Outre l’histoire, ce qui m’a gênée était le côté « série ». En effet, l’écoute d’un épisode hebdomadaire ne m’a pas permis de reconnaître tous les personnages. C’est pour cela que j’ai à un moment essayé d’écouter deux épisodes d’affilée.

Mais ici, c’est le manque de cohérence et l’inégalité d’écriture entre les différentes histoires qui se superposent qui m’ont dérangée.

J’ai appris très récemment qu’il y avait autour de l’histoire des « produits dérivés », avec enquête parallèle sur les réseaux sociaux, mais je ne pense pas que cela aurait changé mon avis sur ce projet.

Pour finir sur une note positive, je continue à trouver l’idée de l’écriture chorale intéressante, et cette série me conforte dans mes choix de thématiques de lecture et dans l’idée de pouvoir les écouter à mon rythme.

D’ailleurs, je vais de ce doigt télécharger immédiatement un nouveau livre audio !

L’île des ténèbres

Heather Graham Pozzessere

Traduction de Françoise Nagel

392 pages

Éditions Harlequin SA, 2011

Coucou n préambule, je précise que cet ouvrage est le troisième tome de la trilogie des Frères Flynn, mais je ne le savais pas quand je l’ai trouvé dans une boîte à livres, je n’ai pas lu les deux premiers, mais cela ne gêne pas la lecture.

Rhode Island, dans la tempête et dans le froid.

Eddie, armateur, disparaît en mer alors qu’il transporte un plaisancier.

Sean O´Riley, son associé et ami, tombe gravement malade alors qu’il arrive en Irlande pour effectuer un périple vers ses racines familiales en compagnie de sa toute jeune nouvelle femme Amanda.

A l’hôpital où on le soigne, il fait la connaissance d’une mystérieuse infirmière, Caer (prononcer Caiiir) qui va lui servir de garde-malade pour son retour aux États Unis en compagnie de son ami Zach Flynn, détective privé venu enquêter sur les circonstances du malaise survenu à Sean.

De retour à Newport, Sean est accueilli par sa fille Kat, musicienne qui ne peut supporter sa nouvelle belle-mère, Bridey sa vieille tante conteuse d’histoires pleines de Banshee et de Lepreshun, Tom et Clara les employés de maison et Cal son autre associé avec sa femme Marni.

Les tensions sont nombreuses entre les femmes qui veulent conserver la priorité de l’affection de Sean.

Caer et Zach vont mener l’enquête notamment autour de l’île qui se situe au large pour éclaircir le mystère de la disparition d’Eddie et sauvegarder l’unité de la famille. D’autant que des tentatives d’assassinat se poursuivent au sein même de la maison.

Bon… voilà… contente d’être arrivée au bout… ça m’a semblé long, mais long…

un mélange de polar/thriller/romance/fantastique avec plein d’oiseaux annonciateurs de malheur, je me suis crue dans le livre de Daphné du Maurier adapté par Alfred Hitchcock… en moins bon!

Bref, j’avais déjà lu des romans d’Heather Graham, mais alors celui-ci, on peut s’en passer!

Un cri sous la glace

Camilla Grebe

447 pages

Calmann-Levy, 2017

Stockholm. Flic désabusé, Peter doit enquêter sur le meurtre d’une jeune femme inconnue dans la maison d’un « gros bonnet », Jesper Orre, patron d’une chaîne de magasin de vêtements pour hommes. La tête de la jeune femme, posée près du corps, semble regarder le visiteur.

Emma, jeune employée de la société de Jesper Orre, raconte comment elle a fait la connaissance de son patron, en est tombée amoureuse, a tenu secrète leur liaison et ponctue sa narration de souvenirs de sa vie familiale entre deux parents alcooliques.

Hanne, ancienne consultante profileuse de la police, reprend du service pour cette enquête. Car la méthode employée pour tuer la jeune femme est la même que celle sur laquelle elle a travaillé dix ans auparavant, qui concernait cependant un jeune homme. Mais Hanne est également soucieuse : elle a eu jadis une relation avortée avec Peter, et à présent elle est atteinte d’une maladie affectant sa mémoire.

Et il s’avère que Jesper Orre a disparu.

Les trois personnages précités font tour à tour vivre l’histoire. Et l’on découvre l’existence plutôt meurtrie de chacun et ses ressentis, au fur et à mesure de l’avancée dans le roman.

C’est le premier livre de Camilla Grebe que je lis, j’aime beaucoup son écriture, sa façon de donner de la substance à ses personnages, sans complaisance aucune : leurs défauts sont patents, leurs failles psychologiques complexes, mais le talent de l’auteure amène le lecteur à s’attacher à ces acteurs malgré eux d’une histoire macabre. Cet entrelac de souvenirs, de présent, et d’enquête criminelle est une vraie réussite!

Citations

« Nous ne sommes rien d’autre que la voiture-balai de la société, nous nouons des fils déliés lorsque le tissu s’est déchiré et que l’inimaginable s’est produit. »

« On ne peut pas faire confiance aux femmes.

Non pas parce qu’elles seraient moins intelligentes que nous, mais plutôt parce que nous, les hommes, n’avons ni le courage ni l’énergie de démêler ce qu’elles ont derrière la tête. Nous nous retrouvons par conséquent dans une position constante d’infériorité vis-à-vis d’elles –dont nous avons l’entière responsabilité. »

« La plupart des gens ont de petits secrets inavouables dont ils ne parlent pas volontiers, mais très rares sont ceux qui tuent et décapitent leurs congénères. »

Arrêtez-moi

Lisa Gardner

600 pages

Le Livre de Poche, 2017, Albin Michel, 2014

Boston, 17 janvier. Charlène Grant se met en travers de la route de l’inspectrice D.D. Warren en lui expliquant qu’elle se trouve en danger de mort : ses deux meilleures amies sont décédées un 21 janvier, respectivement 2 ans et un an auparavant. Charlène est certaine d’être la troisième sur la liste.

Alors elle s’entraîne pour échapper à cette mort programmée : boxe, séquences de tirs. Mais Charlène est aussi dévouée aux personnes qu’elle écoute dans son travail au centre d’appel de la police.

D.D. Warren est sceptique, mais quelque chose de sincère semble émaner de Charlène et elle accepte de revoir les enquêtes précédentes sur la mort de ses amies. Cependant, l’inspectrice est par ailleurs happée par les meurtres de pédophiles notoires, et doit mener les investigations en parallèle, avec l’aide de son équipe composée de Neil, Phil, et d’une jeune enquêtrice de la brigade des mœurs, Ellen O.

On suit ainsi ce qui semble être les dernières heures de Charlène, narrées par la jeune femme, et une plongée dans les milieux pédophiles, dont leurs agissements de prédateurs via internet notamment.

Un livre très bien écrit, où l’on découvre de nouvelles facettes de D. D. Warren, en toute jeune maman, pressée de retrouver son petit garçon, ce qui adoucit son caractère bien trempé, et ses interrogations sur ses relations avec ses propres parents ! Et c’est un réel plaisir de retrouver les protagonistes de précédents ouvrages de Lisa Gardner, issus de ses autres séries.

Outre les histoires imbriquées, ce roman explore les méthodes des pédophiles, ainsi que l’effroyable inventivité des mères abusives.

J’ai beaucoup aimé la narration et le fait que l’histoire se déroule avec un compte à rebours, sur quatre jours. Même si j’avais compris quelques éléments, je n’avais pas toutes les clés, et j’ai trouvé le fond plutôt bien pensé : le psychisme, la perte mémorielle due à des traumatismes, le désir de vengeance. Et la part belle à une petite chienne bien attachante!

Merci à Nathalie de m’avoir prêté ce livre!

Triptyque

Karin Slaughter

554 pages

Harper et Collins Poche, 2018

Deuxième semaine du challenge The Black November 2018, la consigne était de lire un policier/thriller ayant un mot dans le titre.

J’ai choisi ce livre car c’est le premier opus de la série des enquêtes de Will Trent. J’ai lu certaines de ses enquêtes suivantes, mais j’avais envie de découvrir les premiers pas de ce personnage dans l’univers imaginé par Karin Slaughter.

Triptyque, c’est la rencontre de trois hommes : John Shelley, qui vient de sortir de prison après vingt ans d’enfermement à la suite d’un meurtre profondément sauvage qu’il a toujours nié avoir commis, un inspecteur de police, Michael Ormewood, et Will Trent, agent du bureau fédéral d’investigation de Georgie (GBI).

La ville d’Atlanta sert de cadre à l’histoire.

Et cette histoire débute par la découverte du corps d’une prostituée dans un immeuble délabré. L’inspecteur Michael Ormewood est chargé de l’enquête, mais d’autres agressions barbares, sur de très jeunes filles, ont été commises récemment et Will Trent vient alors en appui de la police d’Atlanta.

Or, les mutilations observées sur les corps des victimes sont semblables à celles portées sur l’ancienne petite amie de John Shelley, fils d’un avocat qui l’a renié après l’agression qu’on lui a attribuée. Et John vient de sortir de prison, c’est donc le coupable tout trouvé.

On suit ainsi dans le livre, en alternance, l’enquête de Michael et Will, et les agissements et pensées de John, avec notamment des retours sur son adolescence et ses débuts en prison. Seules sa tante Lydia et sa mère l’ont soutenu dans son combat pour faire reconnaître son innocence.

Aujourd’hui, si John sait qu’il doit se tenir à carreaux pour ne pas retourner derrière les barreaux, son objectif est aussi de retrouver le véritable meurtrier de sa petite amie. Mais il découvre que son identité a été usurpée, ce qui représente un danger pour sa liberté conditionnelle.

Michael et Will mènent leur enquête auprès des prostituées et des dealers, mais leur vie privée est également affectée par les affaires.

D’autres policiers interviennent à leurs côtés, dont Angie, une inspectrice qui a travaillé auparavant avec Michael, et qui semble déjà connaître Will.

Je ne souhaite pas en écrire plus pour maintenir le voile sur l’intrigue policière.

Mon avis sur ce livre est assez mitigé : je suis satisfaite d’avoir fait plus amplement connaissance avec les personnages de Will (que je trouve toujours aussi touchant) et Angie, récurrents dans les livres de la même série. Mais j’ai également été gênée parce que j’avais trouvé l’identité du coupable bien avant que ce ne soit indiqué, car on l’apprend à peu près à la moitié du livre. Il m’a ainsi été très difficile de m’accrocher à la deuxième moitié pour connaître le dénouement, puisqu’il y avait beaucoup moins de suspense (j’aimais bien l’inspecteur Columbo… mais quand j’étais beaucoup plus jeune!).

J’ai surtout continué ma lecture parce que cela m’apportait un jour nouveau sur les relations futures entre Will et Angie.

Il y a de bons moments, mais je trouve l’ensemble assez inégal – très lent ou au contraire très tendu – et cela m’a déçue.

Donc, pour moi ce n’est pas le meilleur de la série, à lire cependant si vous souhaitez entamer la série qui comporte de très bons opus.

PS : Ah me direz-vous, et pourquoi le roman s’intitule-t-il Triptyque ?

Lisez au moins jusqu’à la page 353 de cette édition, et vous comprendrez! 😉

Les cahiers de Rémi

Dominique Richard

Illustrations de Vincent Debats

212 pages, et une posface de 6 pages

Éditions Théâtrales jeunesse, 2012

Quatrième tome des âges transitoires, Les cahiers de Rémi est aussi le plus long, car il couvre son existence entre onze et vingt ans.

On y croise des personnages secondaires hauts-en-couleurs, du caïd tendre au jeune homme triste en passant par la grand-mère, le cousin et le frère de Rémi.

Les autres tomes comportent également des dessins, mais celui-ci est le plus abouti car on a l’impression d’y découvrir vraiment la vie de Rémi au travers de ses cahiers d’écriture, de ses dessins, devoirs de vacances, listes d’envies, d’expériences et enfin de renoncements.

Ce sont sans doute les réflexions les plus philosophiques aussi (au regard de la tranche d’âge couverte par le livre), sur le sens de la vie, la recherche d’un métier, la mort, les secrets de famille, les fractures de la vie. Et également la découverte de l’homosexualité au travers de rendez-vous manqués ou aboutis.

Enfin, l’éphémère de l’amourette est bien exposé quand Rémi ne reconnaît plus celui qu’il avait tant aimé en secret.

A nouveau j’ai beaucoup aimé ce livre, et l’alternance de l’écrit et des dessins est agréable.