Néreides

Christophe Royer

278 pages

Taurnada Éditions, mars 2023

Fin de lecture 2 mars 2023

Je remercie les Editions Taurnada de m’avoir adressé cet ouvrage en format numérique dans le cadre d’un service presse. Mention spéciale pour la couverture, magnifique !

Dans ce nouvel opus des aventures de la Commandante Nathalie Lesage, on se déporte de Lyon vers Albi. En effet, Nathalie est appelée par son ancien amant Samir, sans nouvelles de sa jeune soeur Louane, étudiante dans cette ville.

Les deux amis mènent une enquête officieuse qui leur permet de détecter que d’autres jeunes gens ont disparu, de façon régulière depuis plusieurs années, sans intervention majeure de la police.

Parallèlement, on suit le calvaire de deux jeunes filles, Alexandra et Laetitia, détenues, droguées.

Les recherches de Nathalie et Samir se portent rapidement sur une mystérieuse école de magie au cœur d’Albi. La ténacité de l’enquêtrice est mise à rude épreuve, car elle n’a aucun droit d’intervenir hors de sa juridiction.

Comme dans ses précédents ouvrages, Christophe Royer s’inspire de croyances marginales horrifiantes pour mettre en scène son personnage et l’histoire policière. Il n’y a aucun temps mort, le livre démarre sur les chapeaux de roues. Et, pour une fois, la très secrète Nathalie se dévoile un peu, au hasard d’une rencontre avec une fantastique vieille dame qui lui fait -enfin – tomber sa garde. C’est émouvant de lire les sentiments contradictoires de la jeune femme face à l’aïeule. L’humour est également présent grâce à Cyrille, le fidèle lieutenant de Nathalie.

J’ai passé un bon moment grâce à ce livre, ai pris connaissance de techniques peu banales, et il m’a donné envie d’aller découvrir le pays albigeois !

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L’attaque du Calcutta-Darjeeling

Abir Mukherjee

398 pages

Éditions Liana Levi, 2019

Fin de lecture 28 janvier 2023

En préalable à une rencontre avec l’auteur et à la lecture de ses nouveaux romans, j’ai décidé de lire le premier tome des aventures indiennes du capitaine Wyndham.

La Première Guerre Mondiale est terminée, pas l’influence britannique. Son empire s’étend toujours en Inde en 1919, et certains de ses sujets voient d’un mauvais œil la percée des autochtones dans les services publics, dont la police.

Le capitaine Wyndham, rescapé mais profondément marqué par la guerre, et fraîchement débarqué de Londres, est rapidement confronté au racisme, à la place des femmes et à la chaleur torride qui accable Calcutta. Un Blanc, haut fonctionnaire de surcroît, a été manifestement assassiné dans un quartier qu’il n’aurait pas dû fréquenter.

Aidé de Digby, un autre Blanc plutôt raciste et de Sat Banerjee, un brillant sergent Indien, Wyndham doit mener l’enquête au plus vite. Mais en parallèle, un autre crime est commis dans le train postal qui relie Calcutta à Darjeeling. Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?

Sur fond de terrorisme latent, de main-mise d’un pouvoir anglais qui s’exerce par la violence faute de contenir le bruit sourd de la révolte indienne, Wyndham et ses collègues mènent leur enquête durant une semaine.

Les réflexions du narrateur, le capitaine Whyndham himself, sur le pays qui l’accueille, se révèlent pleines d’humour :

« Un des avantages des pensionnats anglais est qu’on y reçoit une éducation de premier ordre sur les façons d’entrer et sortir furtivement de n’importe quel bâtiment. »

L’enquête du capitaine le conduit aussi bien dans les palaces des Britanniques fortunés que dans les quartiers mal famés de Calcutta. Inquiet et conscient de la rébellion qui s’annonce et de la prochaine remise en cause de la souveraineté de l’empire, Whyndham l’intègre cherche à démêler le vrai du faux face à la terrible Section H des militaires qui exécute des Indiens à tour de bras. Et s’interroge sur ses propres choix, pas si simples dans cette période trouble.

« Je me sens mal à l’aise. Cet homme va être pendu pour des crimes dont je ne suis pas intimement convaincu qu’il soit coupable. Avant de venir en Inde, je n’aurais jamais imaginé une chose pareille. Et à présent, c’est exactement ce que je me propose de faire. Et pourquoi ? Parce qu’il est plus facile de le condamner que de prouver son innocence. Parce que cela contribuerait à affirmer ma réputation dans un nouveau poste. Parce que la vie d’un Indien a moins de valeur que celle d’un Anglais. »

C’est peu dire que j’ai aimé ce livre. Je me suis régalée de l’atmosphère, de l’aspect sociologique, de l’humour de Whyndham et de ses réflexions sur le pays et ses habitants de tous sexes et origines. Je suis ravie d’avoir pris le temps de déguster cet ouvrage, qui campe bien le décor dans lequel le capitaine exerce ses fonctions, avant de me plonger dans ses autres aventures.

Il court, il court, le furet

M. J. Alridge

428 pages

Éditions 10/18, Éditions Les Escales, 2016

Fin de lecture le 16 janvier 2023.

Voici le deuxième volet des aventures policières de la commandante Helen Grace.

Mise en repos après les événements survenus dans Am Stram Gram, elle reprend du service auprès d’une équipe renouvelée, depuis son chef jusqu’à certains de ses collaborateurs.

De nouveaux crimes sont commis, sur des hommes apparemment bien sous tous rapports mais qui semblaient fréquenter des prostituées. Leur cœur, arraché de leur poitrine, est ainsi déposé chez leurs proches. L’enquête mènera Helen et ses collègues dans les bas-fonds de Southampton, tout comme dans ceux des êtres…

Helen doit aussi composer avec la nouvelle commissaire, plus intéressée par sa carrière que par les méthodes de la commandante pour résoudre l’affaire.

« La journée avait mal commencé, et ça s’aggravait. Pour la première fois, depuis qu’elle était entrée dans la police, tout se passait comme si ses collègues lui mettaient des bâtons dans les roues, au lieu de l’aider. (…)

Tout cela, en vérité, ne les avait amenées à rien. Deux personnes avaient été massacrées, il y en aurait d’autres. Et elle n’y pouvait rien. »

Victimes, familles et presse avide de scoop attendent le maximum des enquêteurs. Jusqu’à une infiltration pour s’approcher au plus près du criminel.

L’angoisse est omniprésente, la pression de la hiérarchie et de la presse aussi. Helen est personnellement attaquée dans son intégrité et doit se battre. D’autant que certains de ses choix personnels, initialement louables, pourraient entraîner de très graves conséquences.

J’ai un peu moins aimé ce deuxième livre que le premier, même si l’histoire est habile et le personnage d’Helen Grace toujours aussi attachant. Peut-être est-ce parce que je l’ai lu directement après le premier, et que j’ai été saturée de la violence qui s’en dégage. J’attendrai donc quelques temps avant de poursuivre ma lecture de la saga !

Am stram gram

M. J. Arlidge

407 pages

Éditions 10/18, 2016, Éditions Les Escales, 2015

Fin de lecture 11 janvier 2023

Ce livre a été en pointe il y a quelques années. Mais, premier d’une série, j’avais longtemps hésité à l’ouvrir car je ne suis pas très patiente… j’aime à lire rapidement la suite des aventures de personnages attachants.

Et puis, à la faveur d’une discussion, il m’a été chaudement recommandé à nouveau. Je me suis laissée tenter… et j’ai bien fait !

Southampton. Deux personnes enlevées : amants, amis, collègues, parents, peu importe. Séquestrées dans un lieu abandonné, sans nourriture ni boisson. Un pistolet déposé entre elles. Le deal ? L’une d’elles doit mourir pour que l’autre soit relâchée, une survivance physique, mais une mort psychologique. Ce marché impossible se répète, à plusieurs reprises.

« Pourquoi « elle » faisait ça ? Elle obligeait ses victimes à se livrer à un am stram gram diabolique, en sachant pertinemment que le tireur souffrirait au final beaucoup plus que la victime. »

La commandante Helen Grace, dure d’apparence pour cacher sa sensibilité, est à l’affût : trouver un lien entre ces disparitions, déterminer l’enjeu pour cette tueuse en série par procuration. Toute son équipe est mobilisée, et bientôt tous les policiers des environs. Charlie, Mark, Bridges, … La presse s’empare de l’affaire alors que rien ne doit fuiter pour éviter la panique dans la population.

C’est très bien fait. Chapitre après chapitre, les paires de victimes se succèdent, et on suit, horrifié, leur agonie et les réflexions qui amènent à la décision ultime. Les rouages de l’enquête de police sont bien décrits. A travers les différents rebondissements, la ville de Southampton et certains de ses quartiers ou bâtiments abandonnés s’inscrivent au cœur de l’histoire. Et peu à peu, Helen, la commandante aux mœurs si spéciales, se dévoile, avec toute sa part d’humanité.

Violences physiques et psychologiques marquent ce thriller. Les lieux, les événements, les comportements sont empreints de ces violences, qui perdurent bien longtemps dans les esprits après qu’elles aient cessé. Ce livre interroge la loyauté, les liens qui unissent ou déchirent les êtres. Je l’ai trouvé très fort et bien écrit, au point de vouloir poursuivre dans la foulée la lecture des enquêtes d’Helen Grace.

Mais les thèmes abordés et les descriptions pourraient heurter certaines âmes sensibles !