Le Manuscrit Inachevé

Franck Thilliez

525 pages

Fleuve Éditions, 2018

Fin de lecture 5 juillet 2021.

Je poursuis ma découverte des écrits de Franck Thilliez par sa duologie Le manuscrit inachevé et Il était deux fois, qu’il faut absolument lire dans cet ordre.

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman lors de sa sortie, mais comme très souvent, j’ai plutôt lu les commentaires sur la forme, les appréciations, que sur l’histoire en elle-même, afin de garder intacte ma curiosité. C’est donc avec un œil totalement neuf que j’ai entamé ce livre, et avec une heureuse surprise quant à la forme… que je ne vais pas déflorer ici !

Le manuscrit d’un romancier célèbre est retrouvé après sa mort, inachevé. Il ne reste qu’une dizaine de pages à écrire pour en connaître la fin. C’est son héritier qui l’écrira.

Le roman met en scène deux héros en 2014 : Léane, écrivaine de thrillers aux scènes de crimes très détaillées, dont la fille Sarah a été enlevée quatre ans plus tôt ; Vic, policier Isérois qui enquête sur la disparition de plusieurs jeunes filles en lien avec un tueur en série.

La vie de ces deux êtres qui ne se connaissent pas va basculer au détour d’un fait divers : un jeune garçon vole une voiture à station service, et poursuivi par la douane, échoue dans un ravin. Or le cadavre d’une jeune femme sans visage et sans mains est découvert dans le coffre de la berline, des mains coupées près d’elle.

Léane commence la promotion de son dernier thriller quand un flic proche d’elle, Colin, l’informe que son mari Jullian, dont elle s’est séparée, a été victime d’une agression qui l’a rendu amnésique. Or, juste avant de perdre la mémoire, Jullian avait, semble-t-il, découvert un indice pour comprendre la disparition de Sarah.

Léane va donc s’acharner à découvrir ce qu’il en est, tout en s’inquiétant de certaines similitudes avec son roman.

Vic est hypermnésique, ce qui lui gâche la vie. S’il n’oublie jamais rien de ce qu’il voit, il ne se souvient pas de ce qu’il doit faire au quotidien. Séparé de sa femme et de sa fille, il loge dans un hôtel bas de gamme où il rapporte du travail. Vic et son collègue Vadim enquêtent en tenant compte d’une donnée itérative :

« Les corps sont les points faibles de tous les criminels. (…) Pas de corps, pas de crime. »

De Berck à Annecy en passant par Reims, Paris, Grenoble, …, voici un périple haletant auquel nous convie l’auteur. Entre la maman accablée par la disparition de sa fille puis l’écroulement de son couple et le flic doté d’une hypermnésie qui lui rend la vie familiale impossible, se crée une espèce de fil invisible. Les jeunes filles sont au cœur du roman, celles qui ont disparu au grand désespoir de leurs proches, celles des policiers qui côtoient le vice et le crime.

C’est très très fort. Violent. C’est une mise en abîme de mise en abîme, le romancier qui écrit l’histoire d’un romancier qui met en scène un romancier! L’histoire se tient, un page-turner, même si j’avais un peu envisagé certains points… mais évidemment pas la fin !

La suite est sur ma table de chevet… je vais déroger à ma règle d’alternance pour me plonger directement dedans, je suis trop curieuse de ce qui m’attend !

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L’Arlequin

Sandrine Destombes

380 pages

Hugo Thriller (Collection Hugo Poche), 2021

Fin de lecture 2 juillet 2021.

Je remercie les éditions Hugo Thriller qui m’ont adressé ce livre à l’occasion de la publication de cette réécriture du roman paru en 2015.

C’est le deuxième de la série mettant en scène la commissaire de la brigade criminelle Maxime Tellier, déjà rencontrée dans La faiseuse d’anges.

Son service est désœuvré lorsqu’une vieille dame vient lancer l’alerte : dans son immeuble, plusieurs personnes sont décédées suite à des accidents. L’équipe de Maxime mène l’enquête et découvre que la dernière victime, un certain Desbeaux, était bien plus qu’un simple pharmacien.

Maxime, toujours aussi peu préoccupée de sa vie privée, tombe néanmoins sous le charme du commandant Fabio Cavalli, de la brigade des stupéfiants. Toutes griffes dehors, elle se confronte à lui.

Mais bientôt, une enquête menée au début de sa carrière en collaboration avec son mentor Enzo refait surface. Le Capitaine Brémont, du DSC, (Ils étaient cinq) demande à Camille son soutien en raison de la similitude entre le premier meurtre et ceux de trois jeunes femmes dans le Lubéron. Les quatre jeunes femmes ont en effet été violées, un morceau de peau découpé et habillées et maquillées comme des poupées de porcelaine. Cela remet donc en question la résolution du meurtre initial, et Maxime intègre donc l’équipe d’Antoine, curieuse d’explorer à son tour la façon de travailler des profilers. L’assassin nargue bientôt les enquêteurs par une succession de messages mystérieux.

C’est toujours d’une écriture alerte que Sandrine Destombes conduit ses héros dans des investigations qui mettent en exergue non seulement leur vie professionnelle mais également personnelle. C’est sympathique de voir se croiser et collaborer les personnages de ses deux séries. J’aime le fait que ces héros soient plus que de simples enquêteurs. Leurs meurtrissures profondes exacerbent leur intuition même si Antoine et Maxime ne réagissent pas du tout de la même façon pour se protéger : Antoine tout en froideur apparente, Maxime en empathie pour les autres plus que pour elle-même, mais qui accepte d’ouvrir un peu sa carapace.

Heureusement, les dialogues enjoués au sein des équipes allègent l’atmosphère lourde de l’enquête en cours.

J’ai beaucoup aimé ce livre et ai hâte de découvrir les autres aventures de Maxime et Antoine, ensemble ou séparément !