Am, Stram, Gram… Ce sera toi qui me plairas!

Catherine-Rose Barbieri

357 pages

Éditions Eyrolles, 2019

Ravie, ravie, ravie! Touchée par ce premier roman plein de fraîcheur et d’humour, de gaieté et jolis sentiments qui font du bien dans la grisaille de ce mois de novembre! Et quand je parle de bons sentiments, ce n’est pas niais, bien au contraire.

Car l’histoire comptée par Catherine-Rose Barbieri nous entraîne dans la vie de Camille, jeune Lyonnaise de 25 ans, qui semble s’ennuyer dans son job, dans ses baskets, car très seule. Pourquoi? À cause d’une déception amoureuse qui lui a ôté toute confiance dans les hommes notamment, mais également dans l’humanité. Devenue un brin paranoïaque, Camille préfère les livres et les séries à ses compagnons bipèdes.

Aussi Camille est-elle surprise le jour où elle reçoit un mail anonyme d’un admirateur dont elle va chercher l’identité tout au long du livre, guettant des signes à chaque rencontre masculine, pour le plus grand bonheur du lecteur!

Cette quête va l’amener à s’ouvrir aux autres, qu’il s’agisse de ses collègues de bureau, dont elle découvre une face cachée bien loin des a priori qu’elle pouvait tenir, ou des personnes demeurant tout près d’elle dans son immeuble. Avec l’aide de sa meilleure amie Anna, Camille va connaître bien des bouleversements dans sa petite vie bien rangée, pour le meilleur!

L’écriture est fluide, et avec en fond les rues et monuments de Lyon, on s’attache très vite à Camille. Elle est sincère, pleine d’humour, on compatit avec ses gênes, ses doutes, et on vit intensément avec elle sa recherche de l’auteur anonyme de ces mails. Les autres personnages, dont Anna et Colm, sont bien campés également et j’ai trouvé bien agréable ce jeune homme droit et rassurant, à l’écoute des autres.

C’est un très joli livre que j’ai beaucoup aimé, un vrai coup de cœur, car il fait du bien!

Bien qu’étant un roman, il distille subtilement des messages aux aspects de conseils en développement personnel, notamment sur la possibilité de se reconstruire après un échec amoureux même très difficile.

Un grand merci aux Éditions Eyrolles et à Babelio de m’avoir permis de découvrir cet ouvrage et son auteure, dans le cadre de la rencontre organisée le 16 novembre 2018.

Citations

« C’est hyper traître, la vodka-pomme. On croirait boire un jus de pomme vaguement aromatisé à quelque chose et on ne se rend compte que trop tard de la montée en flèche de son taux d’alcoolémie. »

« Depuis quand son cerveau souffre-t-il d’un syndrome proche de celui de la Tourette, l’amenant à PENSER n’importe quoi, n’importe quand, en présence de n’importe qui ? C’est comme avoir quelqu’un qui te parle dans l’oreillette en même temps que tu discutes avec une autre personne. Comme un présentateur de télé qui doit gérer les conneries que la régie lui débite en même temps qu’il s’adresse au public. »

« Camille se sent parfois enfermée dans une tour dont les seules ouvertures sur le monde seraient des meurtrières. Ça paraît glauque, un donjon, mais ça peut aussi être rassurant, parfois. On se sent à l’abri, loin du tumulte, protégé des hordes sauvages au dehors. Des fois, on envisage même d’installer des rideaux occultants aux meurtrières, parce que le peu de lumière qui entre suffit à créer des reflets sur l’écran de la télé. Et quand on s’y est habitué, à son donjon, on a du mal à avancer sereinement au grand jour, parce qu’on se sent constamment exposé. Et même quand on a réussi à sortir et à passer les douves, on continue malgré soi de voir les gens comme à travers l’orifice d’une meurtrière, c’est-à-dire mal, de loin, comme des ennemis qui voudraient nous percer de flèches. »

Publicité