L’énigme de la chambre 622

Joël Dicker

622 pages

Éditions De Fallois, 2020

Fin de lecture 19 mai 2021.

J’ai eu le plaisir de lire en version numérique cet ouvrage de Joël Dicker. Je m’y suis mise avec un peu de réticence, car j’avais abandonné il y quelques années L’affaire Harry Québert au bout de 10 pages, je n’accrochais pas du tout !

Et là, alors que le compteur de mon téléphone annonçait 1404 pages (!), j’ai été plongée directement dans l’histoire de l’Ecrivain Suisse, Joël donc, qui à la suite d’une déception sentimentale, part se mettre au vert dans le Valais au Palace de Verbier.

Il y rencontre une jeune femme, Scarlett, qui veut quitter son mari, et un courant sympathique s’installe entre eux.

Leur désœuvrement va les mener à s’interroger sur l’absence de chambre numéro 622 dans cet hôtel, remplacé opportunément par un numéro « 621 bis ». Or, il s’avère qu’un crime y a été commis quelques années auparavant, au cours du week-end annuel itératif organisé par la banque Ebezner, située à Genève.

Les deux compères interrogent le personnel de l’hôtel, les protagonistes de l’histoire, les policiers en charge de l’enquête, afin de reconstituer et de résoudre l’énigme classée comme un « cold case ».

Le fruit de leurs recherches alimente la rédaction du futur ouvrage de l’Ecrivain, qu’il doit transmettre assez vite à son éditeur.

Et voilà le lecteur immergé dans les histoires alambiquées de protagonistes autour de l’hôtel bien sûr, mais aussi de la banque Ebezner, où se croisent des personnages complexes aux intérêts divers : argent, pouvoir, jeux de dupes, amour, jalousie et vengeance sont au programme !

J’ai adoré ! Aucun temps mort, des rebondissements, des allers-retours entre plusieurs époques, le lecteur est retourné régulièrement et s’interroge de prime abord sur cette mystérieuse victime, dont il finit par connaître le nom seulement au deux-tiers du livre… puis, évidemment, sur l’auteur du crime.

Un roman qui ferait se croiser Arsène Lupin et Le Comte de Monte-Cristo, dans une société où tout ce qui brille n’est pas forcément or…

J’ai juste regretté la toute fin que j’ai trouvée un peu trop rapide au regard de l’ensemble du livre… peut-être pour conserver seulement 622 pages ?

Mais on y trouve en préface et au sein de l’ouvrage un très bel hommage de l’Ecrivain Joël/Joël Dicker à son éditeur Bernard de Fallois, qui l’a fait connaître en 2012, et dont le décès en 2018 a imprégné l’écriture. Il offre ainsi une merveilleuse définition du roman et de l’auteur.

« – Qu’est-ce qu’un grand roman ? demanda Scarlett.

⁃ Selon Bernard, un grand roman, c’est un tableau. Un monde qui s’offre au lecteur qui va se laisser happer par cette immense illusion faite de coups de pinceau. Le tableau montre de la pluie : on se sent mouillé. Un paysage glacial et enneigé ? On se surprend à frissonner. Et il disait : « Vous savez ce qu’est un grand écrivain ? C’est un peintre justement. Dans le musée des grands écrivains, dont tous les libraires possèdent la clé, des millions de toiles vous attendent. Si vous y entrez une fois, vous deviendrez un habitué. » »

Coup de cœur !

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