La chambre indienne

Serge Brussolo

283 pages

Le Livre de Poche, 2005, Éditions du Masque -Hachette Livre, 2001

Fin de lecture 16 mai 2020

Sarah, jeune fille de bonne famille, étudiante promise à un bel avenir, a commis un faux pas : elle a entrepris une relation avec un homme, Jamy, qui ne correspond pas à son niveau social et qui décrète très vite qu’il lui enlèvera l’enfant qu’elle porte.

Alors la vie de Sarah prend une autre tournure : apeurée, angoissée à l’idée d’être la proie de cet homme, elle finit par s’enfuir de Los Angeles pour échouer dans une maison reçue en héritage de son grand-père Job, dans une petite ville du Middle West.

Là, elle est l’intruse. Et son petit garçon, Timmy, ne se fait pas à ce nouvel environnement, privé de toute modernité. Entre peur de le perdre et désir de se protéger, Sarah n’arrive pas à développer de lien tendre avec son fils.

Jusqu’à ce que celui-ci disparaisse, en plein jour, en pleine rue.

Sarah s’effondre.

Évidemment suspectée, elle se lie un peu plus avec sa voisine, Maggie, tombée dans la folie après que son enfant ait lui aussi disparu. Et si les deux affaires étaient liées ? Sarah, convaincue que la vérité réside au sein du village, explore toutes les pistes qui permettraient de retrouver son petit garçon, malgré les années qui passent.

Avec sa maestria habituelle, Serge Brussolo campe l’Amérique des classes sociales qui se défient, les secrets et les tourments intimes qui affectent les êtres humains lorsque leurs rêves leur échappent. J’ai beaucoup aimé l’honnêteté du personnage de Sarah : tiraillée entre son désir d’être une bonne mère et sa peur de s’attacher à cet enfant qui peut lui être ravi à tout moment, son pire cauchemar se réalise et lui fait prendre conscience qu’elle l’aime plus que tout.

Et l’écriture emporte le lecteur à travers la maison sale, les souterrains, les routes poussiéreuses, jusqu’à la chambre indienne, celle qui recèle les plus lourds secrets…

Une fois de plus un coup de cœur pour un roman de Serge Brussolo !

Citations

« Jamy, lui, se moqueait des codes, des bonnes manières. C’était un animal, un animal séduisant, capable de faire face quel que soit le danger. J’ai tout de suite perçu un rayonnement autour de lui, en champ de force, comme dans les histoires de science-fiction. J’ai cru que si je parvenais à habiter au milieu de ce halo invisible, rien de fâcheux ne pourrait m’arriver. J’ignorais qu’une autre sorte de danger m’attendait à l’intérieur du champ de forces. »

« La presse et la télévision cessèrent de parler d’elle. Du jour au lendemain, elle retoma dans l’anonymat. À Heaven Ridge, cependant, les choses ne se raccommodèrent pas. Trop de paroles définitives avaient été prononcées. Sarah comprit qu’elle aurait beau faire, elle ne remonterait jamais dans l’estime de ses voisins. Il resterait toujours quelque chose. Une ombre. Un doute. La conviction qu’elle avait eu, somme toute, ce qu’elle méritait. »

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