La vie a parfois un goût de ristretto

(Trois jours à Venise)

Laurence Vivarès

216 pages

Éditions Eyrolles, 2018

Merci aux éditions Eyrolles et à Babelio de m’avoir fait parvenir cet ouvrage dans le cadre de la rencontre avec l’auteur Laurence Vivarès prévue le 7 novembre 2018.

Un petit séjour à Venise vous tente, suivez la guide ! La guide c’est Lucie, mais ce peut être aussi Angelo…

Lucie est styliste, elle conçoit surtout la vie et ses collections en noir et blanc et a décidé de revenir passer quelques jours à Venise pour exorciser ces souvenirs.

Lucie revient en effet à Venise comme sur les lieux d’un crime. Le crime c’est la mort de son amour avec Laurent qui s’est jouée six mois plus tôt, au printemps. Laurent qu’elle adorait mais qui la maintenait à distance. Et si leurs vies se sont éloignées, Lucie n’arrive pas à digérer la rupture.

Alors, de retour à Venise sous la pluie de novembre, ainsi que le montre la très belle couverture de ce roman, elle déguste du café, et parcourt tristement les rues autrefois illuminées de soleil.

Mais l’époque permet aussi aussi des rencontres inattendues : une vieille librairie tout d’abord, où on lui parle d’une écrivaine qui lui ressemble, Luna Alba.

Un jeune photographe français, Paul, qui préfère les pigeons aux êtres humains puis un architecte, Angelo, qui va lui montrer la ville sous un nouveau jour, avec des bottes en caoutchouc!

A nouveau l’occasion de goûter du café, de s’intéresser à l’histoire de Venise, ville de musique, de peinture et de sculptures. Et d’y faire connaissance avec Monica, une femme aveugle qui « regarde » la vie autrement.

Dès le deuxième jour, la lumière et les couleurs commencent à s’insinuer en Lucie, comme happée par la beauté d’une Venise qu’elle n’avait su voir, trop obnubilée par sa relation à Laurent.

Angelo, par sa façon douce et respectueuse, emplie d’un humour charmant et non rabaissant, lui fait entrevoir d’autres façons d’envisager l’existence. Venise, ville où se défont les amours, y compris les plus célèbres, comme celles de George Sand et Alfred de Musset, pourrait bien redonner un sens à la vie de Lucie, bloquer son cerveau toujours prompt à faire des noeuds et l’inciter à lâcher prise, enfin!

Une très belle écriture, des épigraphes inspirées, de très jolies descriptions, l’impression de suivre un guide au sein de Venise que je ne connais pas, qui donne envie d’aller visiter la ville, de l’explorer et d’en admirer non seulement les apparences mais aussi tout ce qui fait son identité propre et tout ce qui est intérieur, tout ce qui fait ce qu’elle est, grâce notamment à ses habitants… et de goûter ce café, noir et serré, le fameux ristretto, savouré à de nombreuses reprises dans ce livre, mais également additionné d’autres substances qui semblent dénouer les langues!

Quelle bonne idée de sortir un ouvrage qui se passe en novembre juste au moment de l’acqua alta à Venise!

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