L’éveil

Line Papin

238 pages

Le Livre de Poche, 2018, Éditions Stock, 2016

Prix de la Vocation 2016, à tout juste vingt et un ans, Line Papin entraîne le lecteur dans un roman envoûtant dès les premières lignes.

Juliet, très jeune fille de l’ambassadeur d’Australie au Vietnam, se confie à Raphaël sur sa rencontre avec l’Homme, celui qui aujourd’hui dépérit et dont on ne connaîtra pas le nom. Elle narre les instants d’avant, ceux durant lesquels elle était innocente, ceux de la vibration de la rencontre qui a tout fait chavirer.

« Dehors, la pluie finit de tomber. Les lanternes et leur jeu de lumière découpent le jardin mouillé d’ombres. Mais une ombre soudain se détache et surgit hors de celle des charmilles : une ombre dansante, qui tournoie, un démon qui file entre les lanternes. Je la suis du regard, intrigué, et vois sortir de derrière les palmes un homme : c’est lui. Oui, dehors, c’est lui que je vois. »

Et l’après

« Ils n’ont pas compris que j’étais rentrée avec cet éveil soudain en moi, sans que rien se soit produit pourtant, cet éveil provoqué par l’absence de son contact, à lui, lui… »

Mais Juliet vit sans le savoir une relation à sens unique. Cet être qu’elle aime plus qu’elle-même, si introverti, ne voit en effet en elle qu’un divertissement, un palliatif. Car on découvre bientôt que son coeur, son corps et son esprit sont tendus vers une autre, pour le pire.

J’ai beaucoup aimé le chassé-croisé des sentiments si bien conté par Line Papin. Elle démonte les illusions de chacune et chacun, la douleur d’aimer sans être l’élu-e de l’autre.

Eu égard à la jeunesse de l’auteure, je trouve cet ouvrage et l’écriture notamment, d’une fluidité et d’une maturité exceptionnelles. Il m’a tenue en haleine jusqu’au bout dans la moiteur de Hanoï.

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