Le dernier procès de Victor Melki

Sandrine Destombes

380 pages

Hugo Thriller, 2021

Fin de lecture 4 novembre 2021.

Je remercie les éditions Hugo Thriller pour m’avoir adressé cet ouvrage dans le cadre d’un service presse.

Voici la quatrième histoire de la commissaire Maxime Tellier.

Sauf que celle-ci est en congé de la police. Elle veut souffler un peu après les enquêtes douloureuses qui l’ont fait souffrir.

Mais on ne passe pas d’une suractivité à une vacuité sans difficulté… alors quand des messages anonymes lancent Maxime sur une étrange affaire, elle se laisse entraîner, avec plaisir. Elle est conviée aux funérailles d’un inconnu à Grenoble. Un message sur la couronne funéraire lui est adressé également. Un autre message lui parvient à bord du train de retour.

Inquiète, sans moyen pour mener l’enquête du fait de sa mise en disponibilité, Maxime appelle à la rescousse le Capitaine Antoine Brémont, du DSC, avec lequel elle a déjà collaboré.

« Elle pouvait au moins enfin, répondre à une de ses nombreuses questions : le messager savait à tout instant ce qu’elle faisait. »

Et voilà nos deux héros, bientôt rejoints par Nguyen, lancés sur les routes de France et de Navarre à la recherche de personnages mystérieux qui cherchent à faire justice là où celle-ci leur semble avoir échoué. On se croirait sur un réseau social, soumis à la vindicte populaire en lieu et place de juges professionnels aguerris à la prise de recul essentielle pour juger leurs semblables, sans être pour autant à l’abri d’une erreur malencontreuse.

« (…) tu es face à deux folies qui s’affrontent, Max. Tu ne dois même pas chercher à comprendre. Tu dois avant tout arrêter ce massacre. Il sera toujours temps de te faire ta propre idée une fois cette affaire bouclée. »

Les enquêteurs comprennent ainsi que plusieurs personnes ont été soumises à une épreuve de culpabilité. Un l’est encore et c’est une course contre la montre qui commence, pour sauver Victor Melki.

J’aime voir Sandrine Destombes remettre en service ces personnages attachants, pudiques, bourrus parfois mais ô combien malicieux. L’histoire est rondement menée, sans temps mort, les références aux épreuves de culpabilité et aux pathologies psychiques fort intéressantes. Elle permet de réfléchir aux notions de justice, de justiciable et de discernement dans la commission d’un délit ou d’un crime.

Un très très bon moment de lecture !

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L’Arlequin

Sandrine Destombes

380 pages

Hugo Thriller (Collection Hugo Poche), 2021

Fin de lecture 2 juillet 2021.

Je remercie les éditions Hugo Thriller qui m’ont adressé ce livre à l’occasion de la publication de cette réécriture du roman paru en 2015.

C’est le deuxième de la série mettant en scène la commissaire de la brigade criminelle Maxime Tellier, déjà rencontrée dans La faiseuse d’anges.

Son service est désœuvré lorsqu’une vieille dame vient lancer l’alerte : dans son immeuble, plusieurs personnes sont décédées suite à des accidents. L’équipe de Maxime mène l’enquête et découvre que la dernière victime, un certain Desbeaux, était bien plus qu’un simple pharmacien.

Maxime, toujours aussi peu préoccupée de sa vie privée, tombe néanmoins sous le charme du commandant Fabio Cavalli, de la brigade des stupéfiants. Toutes griffes dehors, elle se confronte à lui.

Mais bientôt, une enquête menée au début de sa carrière en collaboration avec son mentor Enzo refait surface. Le Capitaine Brémont, du DSC, (Ils étaient cinq) demande à Camille son soutien en raison de la similitude entre le premier meurtre et ceux de trois jeunes femmes dans le Lubéron. Les quatre jeunes femmes ont en effet été violées, un morceau de peau découpé et habillées et maquillées comme des poupées de porcelaine. Cela remet donc en question la résolution du meurtre initial, et Maxime intègre donc l’équipe d’Antoine, curieuse d’explorer à son tour la façon de travailler des profilers. L’assassin nargue bientôt les enquêteurs par une succession de messages mystérieux.

C’est toujours d’une écriture alerte que Sandrine Destombes conduit ses héros dans des investigations qui mettent en exergue non seulement leur vie professionnelle mais également personnelle. C’est sympathique de voir se croiser et collaborer les personnages de ses deux séries. J’aime le fait que ces héros soient plus que de simples enquêteurs. Leurs meurtrissures profondes exacerbent leur intuition même si Antoine et Maxime ne réagissent pas du tout de la même façon pour se protéger : Antoine tout en froideur apparente, Maxime en empathie pour les autres plus que pour elle-même, mais qui accepte d’ouvrir un peu sa carapace.

Heureusement, les dialogues enjoués au sein des équipes allègent l’atmosphère lourde de l’enquête en cours.

J’ai beaucoup aimé ce livre et ai hâte de découvrir les autres aventures de Maxime et Antoine, ensemble ou séparément !

Madame B

Pour Madame B, le nettoyage de printemps, c’est à chaque contrat ! © CF 5/04/21

Sandrine Destombes

335 pages

Hugo Thriller, 2020

Fin de lecture 25 mars 2021.

Je poursuis ma découverte des livres de Sandrine Destombes avec cet ouvrage prêté par une amie.

Madame B, c’est Blanche Barjac, une nettoyeuse de scène de crimes. Ne croyez surtout pas qu’elle-même est une criminelle, non non pas du tout… elle rend service, tout simplement. Vous avez commis un meurtre, vous souhaitez n’en laisser aucune trace, Mme B le fait pour vous… Contre rémunération, bien entendu ! Et si le titre la désigne par son initiale, c’est parce qu’elle-même inventorie ses clients par l’initiale de leur nom, pour ne pas les trahir.

Mme B vit seule depuis peu, mais est très attachée à son beau-père Adrian, qui la surveille de près : c’est lui qui l’a initiée à son travail, qui lui a fait une réputation auprès de certains milieux. Et il la soutient face à la maladie qui la menace.

Mais voilà que Blanche se retrouve bientôt menacée dans son travail et sa vie : des mails douteux lui font peur, elle si minutieuse voit réapparaître les cadavres qu’elle sait avoir enterrés, le foulard ensanglanté de sa mère décédée tragiquement des années plus tôt surgit et surtout, surtout, son mentor disparaît !

Blanche passe en revue son carnet d’adresses bien rempli pour dégoter qui aurait une dette envers elle : Cédric, un informaticien, est tout trouvé pour l’aider dans ses recherches, mais elle s’associe aussi à des crapules en tous genres pour comprendre ce qui lui arrive et retrouver enfin Adrian.

Loufoque, vous avez dit loufoque ? Pour apprécier ce livre, il faut prendre de la hauteur : je me suis un peu ennuyée, j’avais deviné une partie des intrigues, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher au personnage de Blanche. En effet, cette quadragénaire qui vit en interdépendance avec son beau-père m’a plutôt agacée !

« Il ne supportait aucun gros mot sur son toit. « Si tu ne veux pas être traitée comme un nettoyeur de seconde zone », lui disait-il souvent, « tu dois être irréprochable en toutes circonstances. Ce n’est pas en jurant qu’on se fait un nom dans ce métier ! » »

J’ai été déçue parce que j’aime beaucoup les romans de Sandrine Destombes habituellement. Bien sûr, il y a une histoire, pas mal d’humour -noir évidemment -, quelques retournements de situation, mais je suis passée à côté.

« Tu as remarqué qu’aucun de ces mots ne s’accorde au féminin ? Nettoyeur, homme de main, même agresseur ! Je sais que vous êtes pour la parité mais admet que ça en dit long sur nos prédispositions. »

Peut-être aussi ai-je d’emblée comparé l’incomparable et que mon objectivité s’en est trouvée faussée : parce que j’avais beaucoup aimé il y a quelques années « La nettoyeuse » d’Elisabeth Hermann, excellent livre ayant pour personnage principal une nettoyeuse de scène de crimes employée par la police et non par des mafieux.

Mais une petite déception ne m’empêchera pas de retourner très vite explorer l’univers de Sandrine D !

Le prieuré de Crest

Sandrine Destombes

348 pages

Hugo Thriller, 2019

Fin de lecture 13 février 2021

Quand le gendarme Benoit exerce un contrôle de routine sur une 205 qui fait quelques embardées, il ne s’imagine pas qu’il va déclencher une succession d’événements dramatiques. La conductrice et l’enfant qui l’accompagne, tiennent des propos incohérents, qui éveillent les soupçons du gendarme. La conductrice s’enfuit, et après une courte course-poursuite, la voiture sort de la route.

La conductrice meurt bientôt, la petite Léa est hospitalisée mais très vite enlevée.

L’appui des experts du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale s’avère nécessaire, d’autant plus que le cadavre d’un homme recherché vient d’être retrouvé non loin, nucléé.

La petite ville de Crest, dans la Drôme, sombre alors dans l’inquiétude. Les cadavres s’amoncellent. Une mystérieuse association située au Prieuré de Crest, qui recueille des femmes victimes de violences, devient bientôt le cœur de l’enquête. Joséphine Ballard, sa responsable, défend pourtant avec ferveur ses protégées.

Le jeune Benoit, associé aux différentes recherches par le Capitaine Daloz avec les lieutenants Vernet et Gardel, découvre des méthodes d’interrogatoire poussées et apprend des techniques d’investigation de la part de ses aînés, ce qui le ravit.

« Benoit était attiré par la criminalistique comme un aimant, or ces hommes y dédiaient leur vie. Ils agissaient sur tout le territoire français, étaient appelés en renfort par toutes les brigades de la gendarmerie. Cette famille, il rêvait depuis trop longtemps de l’intégrer pour retourner à sa caserne comme il le faisait chaque soir depuis deux ans. »

Petit à petit, avec le travail acharné de tous, les contours de l’affaire deviennent plus clairs, permettant sa résolution en une semaine à peine.

Lu quasiment d’une traite, j’ai trouvé le rythme de ce livre très soutenu, avec des retournements de situation qui remettent en cause les certitudes des enquêteurs. Sandrine Destombes s’y entend pour mener ses personnages – et donc le lecteur – par le bout du nez !

J’ai trouvé utile, au-delà de l’intrigue très fouillée, le traitement particulier de plusieurs thématiques.

La place des femmes, les violences dont elles sont victimes et les conséquences qu’elles engendrent, forment ainsi un sujet majeur de ce livre.

C’est également très intéressant du point de vue des rapports sociaux, car une large part est faite à la psychologie des protagonistes de l’histoire. Et on y découvre aussi une sorte de parcours initiatique d’un jeune militaire par ses pairs plus expérimentés.

Un polar bien agréable, qui confirme mon intérêt pour l’auteure de La Faiseuse d’anges.