Scène de crime

Maud Tabachnik

309 pages

De Borée, 2018

Fin de lecture 8 août 2021.

Pour découvrir l’univers noir de Maud Tabachnik, j’ai choisi un recueil de dix-sept nouvelles qui tournent autour de la justice et du crime.

Assez féministes, les histoires se déroulent dans différents pays, au présent comme dans un monde imaginaire. L’autrice exploite des situations sociales, politiques ou idéologiques pour placer ses personnages devant des choix sordides.

J’ai beaucoup aimé l’écriture, qui a rendu très « visuels » et enlevés ces courts récits. Elle amène le lecteur à s’attacher ou à détester rapidement certains protagonistes, et si l’action est mise en exergue, la psychologie n’est pas en reste.

Je regrette cependant sur cette édition de nombreuses fautes typographiques qui altèrent la lecture. Mais au regard de son imagination fertile et de sa belle plume, j’aurai plaisir à me pencher sur des ouvrages plus étoffés de l’autrice.

La maison au fond des bois pp 7-43 : Un passé douloureux se croise avec le présent, autour d’une petite fille courageuse et un rien inquiétante…

Une femme ordinaire pp 45-72 : Etats-Unis : Le fait d’être confrontée à une situation extraordinaire modifie le cours de la vie d’une femme ordinaire. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle.

Le petit timonier pp 73-78 : Chine : Où l’ignorance confine à l’absurdité et à la violence… jusqu’à nier les liens filiaux.

En attendant le bonheur pp 79-114 : France : Bienvenue dans un charmante ville où tout le monde est affable, sans stress…

Dieu reconnaîtra les siens pp 115-127 : Palestine : Quand dévotion et perfidie se rejoignent pour le pire…

Équateur pp129-148 : Au Zaïre, entre traditions et désir de s’émanciper…

Explosions pp 149-158 : Egypte : Un contexte explosif, une jeune fille arrachée à ses parents pour une cause dont ils ne souhaitent rien.

Deux sur la banquise pp 159-172 : Groenland : Deux hommes, un ours, une passion, une rivalité…

L’enfer maman pp 173-181 : Italie : Où une jeune fille souhaite garder l’exclusivité…

Ressources humaines pp 183-210 : France : Un homme, trois femmes, une résistance…

Natacha pp 211-219 : Russie : Mafia de la prostitution et empathie ne font pas bon ménage. Une chute inattendue.

Paris au mois de mai pp 221-228 : France (Une évidence au regard du titre) : Crimes commandités dans l’univers feutré du luxe. Ma nouvelle préférée !

Scène de crime pp 229-245 : Un crime sordide dans un monde inconnu… ou peut-être pas si inconnu que cela !

Un heureux événement pp 247-258 : Où une vie bienheureuse peut basculer pour un tout petit quelque chose …

Tous comptes faits pp 259-270 : Quand les envies des uns heurtent celles des autres.

L’héritière pp 271-294 : Machination et faux-semblants pour parvenir à ses fins.

Fin de parcours pp 295-302 : Une chute excellente ! Et quelques clins d’œil à la première nouvelle…

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Madame B

Pour Madame B, le nettoyage de printemps, c’est à chaque contrat ! © CF 5/04/21

Sandrine Destombes

335 pages

Hugo Thriller, 2020

Fin de lecture 25 mars 2021.

Je poursuis ma découverte des livres de Sandrine Destombes avec cet ouvrage prêté par une amie.

Madame B, c’est Blanche Barjac, une nettoyeuse de scène de crimes. Ne croyez surtout pas qu’elle-même est une criminelle, non non pas du tout… elle rend service, tout simplement. Vous avez commis un meurtre, vous souhaitez n’en laisser aucune trace, Mme B le fait pour vous… Contre rémunération, bien entendu ! Et si le titre la désigne par son initiale, c’est parce qu’elle-même inventorie ses clients par l’initiale de leur nom, pour ne pas les trahir.

Mme B vit seule depuis peu, mais est très attachée à son beau-père Adrian, qui la surveille de près : c’est lui qui l’a initiée à son travail, qui lui a fait une réputation auprès de certains milieux. Et il la soutient face à la maladie qui la menace.

Mais voilà que Blanche se retrouve bientôt menacée dans son travail et sa vie : des mails douteux lui font peur, elle si minutieuse voit réapparaître les cadavres qu’elle sait avoir enterrés, le foulard ensanglanté de sa mère décédée tragiquement des années plus tôt surgit et surtout, surtout, son mentor disparaît !

Blanche passe en revue son carnet d’adresses bien rempli pour dégoter qui aurait une dette envers elle : Cédric, un informaticien, est tout trouvé pour l’aider dans ses recherches, mais elle s’associe aussi à des crapules en tous genres pour comprendre ce qui lui arrive et retrouver enfin Adrian.

Loufoque, vous avez dit loufoque ? Pour apprécier ce livre, il faut prendre de la hauteur : je me suis un peu ennuyée, j’avais deviné une partie des intrigues, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher au personnage de Blanche. En effet, cette quadragénaire qui vit en interdépendance avec son beau-père m’a plutôt agacée !

« Il ne supportait aucun gros mot sur son toit. « Si tu ne veux pas être traitée comme un nettoyeur de seconde zone », lui disait-il souvent, « tu dois être irréprochable en toutes circonstances. Ce n’est pas en jurant qu’on se fait un nom dans ce métier ! » »

J’ai été déçue parce que j’aime beaucoup les romans de Sandrine Destombes habituellement. Bien sûr, il y a une histoire, pas mal d’humour -noir évidemment -, quelques retournements de situation, mais je suis passée à côté.

« Tu as remarqué qu’aucun de ces mots ne s’accorde au féminin ? Nettoyeur, homme de main, même agresseur ! Je sais que vous êtes pour la parité mais admet que ça en dit long sur nos prédispositions. »

Peut-être aussi ai-je d’emblée comparé l’incomparable et que mon objectivité s’en est trouvée faussée : parce que j’avais beaucoup aimé il y a quelques années « La nettoyeuse » d’Elisabeth Hermann, excellent livre ayant pour personnage principal une nettoyeuse de scène de crimes employée par la police et non par des mafieux.

Mais une petite déception ne m’empêchera pas de retourner très vite explorer l’univers de Sandrine D !