UnPur

Isabelle Desesquelles

222 pages

Éditions Belfond, 22 août 2019

Je remercie les Éditions Belfond et Babelio pour m’avoir adressé ce livre dans le cadre de la Rentrée littéraire d’automne 2019.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire UnPur. Car si on y découvre l’amour fou entre une mère et ses jumeaux, le lien si particulier entre ces deux enfants, Benjamin et Julien, le pire est à venir.

Benjamin parle à son frère. Il relate son enfance jusqu’à ce jour maudit où à Venise il a été enlevé par celui qu’il nomme le Gargouilleur. Juste trois minutes d’inattention… A la sensation de poésie lumineuse apportée par leur mère si fantasque succède alors une avalanche de sombres détails.

Le lecteur assiste, impuissant, à la narration de moments qu’il ne souhaiterait pas lire. Il s’horrifie et refuse d’entendre le pire. Il assiste au combat d’un Benjamin devenu adulte contre des pulsions qu’il rejette.

J’ai eu le cœur au bord des lèvres parfois, l’envie de refermer ce livre aussi à certains moments. Car on pourrait y voir une certaine complaisance à la relation d’envies ou de faits réprouvés.

Mais je suis finalement satisfaite de l’avoir lu jusqu’au bout.

Car la vérité se dévoile dans les tous derniers instants, celle qui prend à la gorge et mettra du temps à être digérée. Car seul Benjamin peut expliquer à Julien ce qui l’a amené à rester avec son bourreau.

L’écriture d’Isabelle Desesquelles m’a accrochée, entre poésie et sordide, j’ai vu le film de cet enfant devenu un homme se projeter sur ma rétine. Je l’ai vu courir dans Venise, se ratatiner dans sa baignoire sabot, essayer de se reconstruire au Mexique, se décharger enfin de ses années de souffrance au retour dans la maison familiale.

Il va me falloir néanmoins un livre beaucoup plus léger pour me remettre de cette lecture éprouvante.

Citation

« Du temps de la rue Milady, je prenais énormément de plaisir à vivre. Je ne le savais pas. Je n’arrête pas de le savoir. »

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