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Pourquoi ce blog

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Depuis que j’ai su lire… j’ai lu, que dis-je, j’ai dévoré! Jamais sans un livre en cours, de quelque catégorie qu’il soit, et je suis très éclectique en la matière. J’ai bien sûr commencé par Oui-Oui, Le Club des 5 et Le clan des 7 et lu à peu près tout ce que la bibliothèque rose proposait avant de passer à la bibliothèque verte – Alice a accompagné quelques années de ma vie avec Michel et bien sûr les Soeurs Parker, entre autres. Peu portée sur les classiques « obligatoires » prônés par l’éducation nationale, j’ai plongé dans la bibliothèque familiale très fournie et me suis délectée des Cesbron, Stevenson, De Foe, Dumas (père et fils), Verne, contes de Perrault et Andersen, …, tandis que l’abonnement à un célèbre distributeur me permettait d’accéder à des ouvrages plus contemporains, notamment des biographies.

Et déjà lire la nuit… pas en raison d’insomnies récurrentes, non non, mais parce que je voulais à tout prix connaître le dénouement! Je me souviens d’une nuit blanche en fin d’année de 3ème pour avoir voulu finir « Les derniers jours de Pompéi ».

Et d’avoir réitéré à la lecture des aventures de Rouletabille, dont les passages du « Château noir » sont encore dans ma mémoire, terrifiée au moindre bruit de la maison endormie!

Adulte, j’ai eu la chance d’avoir un accès illimité à une bibliothèque d’entreprise dont les livres étaient certes un peu vieillots mais dont les rayons largement fournis ont fait mon bonheur, avant qu’une bibliothécaire dépoussière l’ensemble et me permette d’accéder aux Werber, Jacq, Gallo, … C’était l’époque où je lisais sans discontinuer de la porte du foyer à celle du bureau en passant par le bus, le train et la rue, en pestant contre la pluie qui m’empêchait d’accéder à la suite de l’ouvrage en cours!!!

Et puis, cette énorme bibliothèque dans le château de ma commune, où j’accompagnais mes enfants côté « jeunesse », les laissant quelques minutes choisir leur propre lecture (la série « Monsieur » ou « Madame » a fait notre joie à toutes les trois pendant un certain temps) et m’éclipsais le temps de passer du côté des adultes emprunter les tout derniers livres parus! Policier (Cornwell, Japp, George), science-fiction, espionnage (Cussler, Easterman), romance (Steel), biographie (Lapierre), historique (Follet), … tout faisait ventre!

Et les insomnies sont arrivées, me permettant de grapiller encore du temps de lecture. J’ai alors investi (j’aurais sans doute dû prendre quelques actions dans la société!) dans l’achat de livres mis à disposition par un dépôt-vente et commencé mon fond de lecture. Et pratiqué (toujours d’ailleurs!) le prêt avec mes chères amies, chacune enrichissant l’autre de ses découvertes.

Et depuis une dizaine d’années, je fréquente (très) activement la médiathèque de ma ville où j’ai découvert très récemment (2016), le Club des lecteurs mensuel. Enfin l’occasion de partager, dans un cadre adapté, avec d’autres passionnés, de découvrir d’autres auteurs, d’élargir mon horizon littéraire!!!

Et cette envie de partager, j’en avais bien l’idée autrement, mais pas encore prête peut-être à me lancer… alors merci à ma Marraine Eli Zabeth, dite Zabouille, de m’avoir donné le petit coup de pouce!

Bonne découverte et surtout… bonne lecture!

(PS : ce blog est en cours de construction, soyez indulgents svp mais n’hésitez pas à me donner vos avis, idées pour l’améliorer)

Une joie féroce

Sorj Chalandon

316 Pages

Éditions Grasset et Fasquelle, 2019

Rentrée littéraire

Brigitte, Assia, Mélody, Jeanne.

Quatre nouvelles amies, rencontrées sur les bancs de la peur, de l’annonce du cancer du sein.

Quatre femmes réunies pour un geste fou : braquer une bijouterie pour sauver la fille de l’une d’elles des griffes d’un ex-conjoint.

Et Jeanne qui écrit dans son journal.

C’est le premier livre de Sorj Chalandon que je lis. Il semble, au regard des critiques que j’ai pu lire ici et là, que cet ouvrage sorte de ses écrits ordinaires.

Pour ma part, j’ai aimé ce livre. L’auteur relate une plongée dans l’enfer de la maladie avec des détails très réalistes, (choix douloureux d’un foulard ou d’une perruque, par exemple) aussi bien pour celles qui la subissent que pour ceux qui en sont les témoins, qu’ils choisissent d’aider ou de fuir. Mais par ailleurs, c’est factuel, sans pathos aucun, et laisse place à beaucoup d’humour, voire un certain cynisme.

C’est aussi, et surtout, l’histoire d’une amitié et les conséquences que peut avoir cette amitié lorsqu’elle est exacerbée au point que ces femmes peuvent en arriver à décider de commettre un crime – voler des bijoux – pour aider l’une d’entre elles. Évidemment, c’est amoral, mais on se prend à suivre avec tendresse et amusement les préparatifs et la réalisation quasi professionnels du braquage, mais également les remords inévitables qui suivent… Car n’est pas bandit en toute conscience la citoyenne qui a toujours vécu honnêtement !

J’ai donc apprécié la « leçon de résilience », car quand tout est déjà perdu, autant se jeter à fond dans une autre bataille. Le final est mené royalement par ses femmes meurtries, trahies par leur corps et leur entourage.

J’ai bien aimé l’écriture, la façon dont Jeanne expose les faits, dont elle décrit les personnages – même si certaines m’ont un peu exaspérée -, ses propres doutes face à ses « amies » que finalement elle ne connaît que depuis peu. C’est un livre qui se lit très rapidement, et offre une autre approche de la maladie.

Citations

« Depuis que j’avais emménagé chez les filles, mon journal avait changé. Terrorisés, sanglotant le long des premières pages, mes mots étaient devenus durs. Je ne pleurnichais plus, j’avais une joie féroce. »

« Moi c’était d’un geste que je rêvais. Saccager Jeanne Pardon. La bonne fille, la bonne élève, la bonne épouse qui acceptait tous des autres, de l’indifférence au mépris. »

Hortense

Jacques Expert

319 pages

Sonatine Éditions, 2016

Cela faisait longtemps que je voulais lire Hortense, me voici partie à la découverte de mon cinquième roman de Jacques Expert, l’un de mes auteurs préférés. Délices de me plonger à nouveau dans des personnalités complexes, de me laisser mener par le bout du nez par l’auteur qui se joue de son lecteur, pour mieux le surprendre et le ravir ! Ou le terrifier…

Ici, on entre dans une procédure judiciaire, on lit les dépositions des témoins d’une affaire troublante survenue vingt-deux ans auparavant : la disparition d’une petite fille, Hortense, enlevée par son géniteur qui avait pourtant rejeté l’idée même de la grossesse. Et Sophie Delalande a dû commencer à élever seule son enfant jusqu’à ce jour funeste où son ex-conjoint la lui a ravie. Sophie a ainsi vu s’effondrer sa vie qui tournait autrefois autour de sa petite. Entre recherches et procédures en tout genre entreprises pour retrouver Hortense, Sophie y a laissé sa santé et son argent et elle vivote, sans penser à l’avenir.

Mais aujourd’hui, elle a cru la reconnaître dans une jeune serveuse qui officie dans un restaurant proche de chez elle : comment faire pour ne pas l’effrayer ? Mais surtout comment ne pas chercher à s’approcher toujours plus de celle qui lui a tant manqué ?

En racontant l’histoire comme on lirait un fait divers, Jacques Expert m’a embarquée dans cette procédure : j’ai souffert avec Sophie, je me suis indignée comme elle, je me suis questionnée comme Hortense, j’ai pris en compte les témoignages des voisins, amis, familiers… J’ai cherché à lire entre les lignes de cet auteur que j’affectionne… et une fois de plus, je me suis faite avoir !

Évidemment addictif car on sait que tout n’est pas noir ou blanc, mais juste des apparences, ce livre est difficile à lâcher une fois qu’on l’a ouvert ! Il joue sur la corde sensible : quoi de plus terrible en effet pour un parent que de ne pas savoir où se trouve son enfant, de n’en avoir aucune nouvelle. Et il faut attendre les toutes dernières lignes pour savoir enfin la vérité… Les émotions qu’il suscite sont exacerbées par la maîtrise du rythme et de l’écriture, les détails qui plongent le lecteur dans le désarroi et l’attente.

Pari réussi, encore un excellent livre de Jacques Expert !

Citations

« Combien de fois avais-je cru l’apercevoir ? Des centaines de fois, davantage encore ? (…) À peine repérais-je une petite fille aux cheveux blonds que j’étais persuadée que c’était elle, mon Hortense. Cela se produisait sans arrêt, n’importe où, dans la rue, le métro, un magasin. Une bouffée d’espoir s’emparait de moi. Je ne m’appartenais plus, je ne voyais plus que cette enfant, si semblable à celle qu’on m’avait prise. »

Si un inconnu vous aborde

Laura Kasischke

Traduit par Céline Leroy

119 pages

Le Livre de Poche, 2018, Page à Page, 2017

Véronique Ovaldé décrit avec une grande justesse, dans la préface de ce recueil de nouvelles, la personnalité littéraire de l’auteure : « sa délicatesse de ballerine et sa précision de médecin légiste. »

C’est en effet l’ambivalence que l’on retrouve dans ces quinze écrits, les descriptions ciselées, les sentiments exacerbés, sans forcément qu’il y ait une chute, laissée à l’imagination du lecteur, ce qui peut le gêner.

Encore une fois, il faut entrer dans l’espace de Mme Kasischke, s’y plonger sans réfléchir, se délecter des paysages, des odeurs et des sons, pour en ressortir en s’ébrouant devant l’étrangeté des histoires qu’elle nous conte.

Mais pour certaines d’entre elles, j’aurais vraiment aimé avoir le fin mot de l’histoire !

Mona

Cette nouvelle n’encourage pas les mères à fouiller dans les affaires de leur fille…

Melody

Où un homme en instance de divorce, toujours amoureux fou de sa femme, vient participer à l’anniversaire de sa fille.

Notre père

Une nouvelle grise comme la suie de l’effort de Guerre.

La maîtresse de quelqu’un, la femme de quelqu’un

Où un triangle amoureux peut avoir des conséquences inattendues, mais dramatiques…

Virée

Quand un jeune homme accompagne à contrecœur son père dans une balade en vieille décapotable.

La saisie

Ne jamais se fier aux apparences, l’envie est souvent bien mal placée…

Vieil homme disparu: les recherches se poursuivent

Une plongée dans les abîmes d’un cerveau abîmé.

La barge

L’histoire d’une petite fille qui grandit, le passage vers l’adolescence, et pire encore…

Monument aux morts

« Qui aime un enfant mort après la mort de sa mère ? »

La nouvelle que j’ai préférée.

Tu vas mourir

Comment annoncer avec plein d’égards à son père que sa fin est proche ?

Le bâton fleuri

Quand un jeune homme dont la compagne est plus âgée rencontre la mère de celle-ci.

Les prisonniers

On oscille entre voyage hors du temps ou asile psychiatrique… le lecteur y prendra ce qui lui convient !

Ça doit être comme ça, l’enfer

Comparer son enfer à celui d’un autre peut permettre de relativiser grandement la situation vécue…

Le don

Un vrai don ? Ou juste une coïncidence ? Et si se retenir d’utiliser ce don était le vrai pouvoir ?

« Si un inconnu vous aborde pour vous demander de transporter un objet à bord d’un avion »

Avertissement aéroportuaire à suivre en toutes circonstances, et nouvelle à ne pas lire au moment du décollage !

Jackson Hole

Karel Gaultier

446 pages

Slatkine et Cie, 2019

Karel Gaultier, banquier de profession, nous fait entrer par la petite porte dans les arcanes des dirigeants de l’économie mondiale, les vrais dirigeants de la planète.

Tel un spectateur invisible juché sur l’épaule du Napolitain Matteo Andreani, génie de la finance devenu gouverneur et président de la Banque Centrale Européenne, le lecteur découvre les petites tractations et les arrangements entre amis, surtout pour en tirer des bénéfices personnels ! Corruption, chantage, procédés mafieux, l’innocence n’est pas de mise au sein de ce pouvoir bien plus important que celui des politiques.

Un banquier ingénieux, beau et élégant… qu’on aime adorer et détester tour à tour, tel est Matteo. Entre deux jets privés ou parties fines pour supporter le poids des réunions d’affaires, il se démène pour faire fructifier ses avoirs.

Mais voici que l’économie mondiale subit une crise sans précédent, et Matteo risque de perdre ses fonctions s’il n’arrive pas à prendre, comme à son habitude, les décisions qui s’imposent. La réunion de la dernière chance à Jackson Hole, petite ville des États-Unis, marquera donc un tournant dans la vie de Matteo, mais également dans celle des pays représentés par leurs grands argentiers.

Ne vous y trompez pas : la finance n’est pas pour le peuple, le tout-venant. Elle n’est valable que pour ceux qui n’hésitent pas à tuer, mentir, trahir, voler pour arriver à leurs fins : toujours plus de profit…

Un thriller politico-financier mené de main de maître, haletant et édifiant !

Un premier roman, un coup de cœur.

Merci aux Editions Slatkine et Cie de m’avoir permis de rencontrer l’auteur et son ouvrage lors d’une séance de dédicaces dans les murs mythiques du Café de Flore.

N B : Ce livre m’a replongée dans mes souvenirs de cours d’économie, et comme certaines parties plus techniques peuvent sembler difficiles d’abord, le glossaire de fin de livre est très appréciable pour les précisions qu’il apporte.

La Princesse noire

Serge Brussolo

285 pages

Le Livre de Poche, 2004

Lu dans le cadre du Black November 2019.

Lecture 2ème semaine : lire un huis-clos

Une adolescente, Inga, douée de ses mains, façonne des bijoux. Enlevée par des Vikings, conduite sur une île, elle se retrouve vendue à une mystérieuse femme, « La Princesse Noire ». Celle-ci l’emmène dans son château où elle recueille tous les enfants abandonnés par leurs parents en raison de malformations congénitales.

Prisonniers malgré eux, les enfants sont apeurés par la certitude qu’une créature monstrueuse hante les souterrains du château et s’en prend à ceux qui y sont terrés, les aveugles.

Et sur la lande, une autre bête s’en prend aux moutons, tandis qu’une autre, dotée de grandes ailes, vole et s’approche dangereusement du château…

Inga mettra tout en œuvre pour sauver les enfants dont elle a la charge. Mais il lui faut pour cela découvrir la vérité entre tous les mensonges proférés par ceux qu’elle pourrait s’allier.

J’ai beaucoup aimé ce thriller médiéval dans lequel rites païens et superstitions côtoient les tentations de conversion au christianisme, et où les apparences sont trompeuses.

Les descriptions de la lande, des souterrains aveugles du château, semés de profondes crevasses dont nul ne peut réchapper, concourent à placer le lecteur dans une atmosphère oppressante. (Même si je n’ai pas eu peur, tant cela se rapproche du fantastique !)

Il se lit très vite, car on souhaite savoir ce qui s’est vraiment passé sur l’île et le dénouement de cette aventure portée par une jeune fille courageuse face à la couardise des autochtones.

C’est le deuxième livre de Serge Brussolo que je lis, le premier était Les emmurés , lu dans le cadre de The Black November 2018… donc à l’année prochaine sans doute pour le troisième !

La veuve

Fiona Barton

Traduction de Séverine Quelet

411 pages

Fleuve Éditions, 2017

La veuve, c’est Jane Taylor, une femme qui menait une vie plutôt paisible en apparence jusqu’à ce que son mari Glen se retrouve accusé de l’enlèvement d’une petite fille, Bella Elliott.

Alors sa vie bascule, avec un déchaînement médiatique terrible.

L’enfant n’est pas retrouvée et quatre ans plus tard, le mari décède dans un accident de la circulation.

Les médias sont à nouveau très insistants auprès de la veuve pour l’amener à donner plus de précisions sur sa vie de couple et son mari.

Une journaliste notamment, Kate Waters, qui avait sympathisé avec la maman de l’enfant enlevée, décide le tout pour le tout en voulant obtenir une interview exclusive de la veuve. Et comme une nouvelle enquête policière a été ouverte pour déterminer exactement les causes de la mort de Glen, la journaliste collabore avec le policier chargé de l’enquête, qui n’a jamais pu se résoudre à clore le dossier de la disparition de l’enfant.

Le livre est construit sur l’alternance de la narration des faits relatifs aux personnages principaux : la mère de l’enfant disparue, la journaliste, l’inspecteur de police Sparks et bien évidemment, la veuve. Seule cette dernière expose sa vision de sa vie personnelle et de couple en utilisant la première personne du singulier, ce qui renforce son discours, avec de fréquents retours dans le passé de sa vie commune avec Glen. En effet, elle seule détient la vérité et peut la dévoiler à présent que son mari est décédé.

Mais si elle savait quelque chose, cela ne fait-il pas d’elle la complice de son mari ? Pourquoi n’a-t-elle rien révélé ?

Le livre montre ainsi combien la disparition de la petite fille va modifier le cours de la vie des personnages gravitant autour de l’enquête au point de devenir une obsession, à des degrés divers, affectant largement leur vie privée et professionnelle. On y découvre aussi la complexité de certaines relations de couple et les difficultés à s’en extirper. Et l’acharnement médiatique, avec la « course au scoop », sans aucun respect des personnes, est également largement dénoncé.

J’ai plutôt aimé ce livre, même si j’ai eu, à plusieurs reprises, envie de secouer cette veuve pour l’amener enfin à s’exprimer… Mais il faut attendre très longtemps pour comprendre ce qui s’est joué dans cette petite maison de Greenwish.

À lire par les adeptes de thrillers domestiques et psychologiques.

Citations

« J’ai l’impression de raconter l’histoire d’un roman d’amour ; Kate Waters boit mes paroles, elle griffonne sur son calepin, me scrute par-dessus ses petites lunettes et hoche la tête comme si elle comprenait. Je ne suis pas dupe. »

« Je ne peux pas lui confier que je restais éveillée la nuit, à espérer que Glen soit mort. Bon, pas vraiment mort. Je ne voulais pas qu’il souffre ou quoi que ce soit, je voulais juste qu’il ne soit plus là. »

« (…) le mal était une substance visqueuse, qu’on ne repérait que de temps à autre, ce qui le rendait d’autant plus effroyable. »

Les Passagers

John Marrs

Traduction Vincent Guilluy

442 pages

Éditions Hugo Thriller, 7 novembre 2019

Que peuvent avoir en commun une femme enceinte (Claire), un jeune homme stressé (Jude), une actrice sur le retour (Sofia), un couple qui va fêter son anniversaire de mariage (Sam et Heidi), une femme qui fuit son foyer (Shabana), un vétéran de l’armée royale (Victor) et une Somalienne réfugiée politique (Baquis) ?

Ils sont tous, au même moment, en Grande Bretagne, dans une voiture autonome dont le système de commande vient d’être piraté par un hacker.

Filmés malgré eux, ils doivent répondre de leurs actes passés et présents face à une Commission habituellement chargée de déterminer les charges à retenir entre un véhicule autonome et les victimes d’accidents routiers.

Le Hacker impose en effet aux membres de ladite Commission de désigner l’un des Passagers afin de lui sauver la vie, les autres devant périr dans une collision inévitable.

Au sein de la Commission, des professionnels sont rassemblés, dont un député très influent, Jack Larsson, un médecin, une représentante œcuménique, … mais également une représentante du peuple tirée au sort pour y siéger temporairement, l’infirmière Libby.

Qui sera désigné par la Commission pour survivre ? Ses membres sont aidés dans leur décision par un spécialiste des réseaux sociaux, qui leur fournit les tendances… Car, bien évidemment, tout ceci se déroule sous le regard voyeur d’un public accroché à ses écrans et claviers.

Ce livre est génial ! Une multitude de thèmes y sont abordés : les avancées technologiques et leurs failles, évidemment, mais également la corruption, l’éthique, les petits secrets que nous croyons bien gardés et qui sont finalement accessibles très facilement, mais également les apparences qui peuvent être si trompeuses ! L’influence des réseaux sociaux y est également dénoncée, tant la prise de décision anonyme derrière un écran est simple…

Et il m’a semblé que les personnages, qu’ils soient dans leur voiture ou dans la salle de décision, sont tous prisonniers du Hacker : il les tient en son pouvoir, ce qui amène les uns et les autres à dévoiler le pire comme le meilleur.

J’ai beaucoup aimé la construction du livre. Chapitre après chapitre, on découvre chacun des protagonistes et leurs pensées, les retournements de situation sont nombreux et inattendus (sauf un qui m’avait titillé mais pas au point de tout comprendre!). Et les têtes de chapitre comportant des statistiques, début d’articles de journaux ou autres informations contribuent à donner réalité et rythme à cet ouvrage assez horrifiant par instants.

L’écriture permettrait une excellente adaptation en film ou série, j’ai visualisé les scènes comme si j’y étais. Enfin, non, je ne voudrais surtout pas y être ! Et cette lecture ne me donne pas vraiment envie de me promener de sitôt dans une voiture autonome…

Je remercie les Éditions Hugo Thriller pour m’avoir adressé ce livre que j’ai pris grand plaisir à découvrir… Reste à lire le premier opus de l’auteur Âmes sœurs, qui est cité à plusieurs reprises dans le présent ouvrage.