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Pourquoi ce blog

Il s’agit de l’extrait de l’article.

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Depuis que j’ai su lire… j’ai lu, que dis-je, j’ai dévoré! Jamais sans un livre en cours, de quelque catégorie qu’il soit, et je suis très éclectique en la matière. J’ai bien sûr commencé par Oui-Oui, Le Club des 5 et Le clan des 7 et lu à peu près tout ce que la bibliothèque rose proposait avant de passer à la bibliothèque verte – Alice a accompagné quelques années de ma vie avec Michel et bien sûr les Soeurs Parker, entre autres. Peu portée sur les classiques « obligatoires » prônés par l’éducation nationale, j’ai plongé dans la bibliothèque familiale très fournie et me suis délectée des Cesbron, Stevenson, De Foe, Dumas (père et fils), Verne, contes de Perrault et Andersen, …, tandis que l’abonnement à un célèbre distributeur me permettait d’accéder à des ouvrages plus contemporains, notamment des biographies.

Et déjà lire la nuit… pas en raison d’insomnies récurrentes, non non, mais parce que je voulais à tout prix connaître le dénouement! Je me souviens d’une nuit blanche en fin d’année de 3ème pour avoir voulu finir « Les derniers jours de Pompéi ».

Et d’avoir réitéré à la lecture des aventures de Rouletabille, dont les passages du « Château noir » sont encore dans ma mémoire, terrifiée au moindre bruit de la maison endormie!

Adulte, j’ai eu la chance d’avoir un accès illimité à une bibliothèque d’entreprise dont les livres étaient certes un peu vieillots mais dont les rayons largement fournis ont fait mon bonheur, avant qu’une bibliothécaire dépoussière l’ensemble et me permette d’accéder aux Werber, Jacq, Gallo, … C’était l’époque où je lisais sans discontinuer de la porte du foyer à celle du bureau en passant par le bus, le train et la rue, en pestant contre la pluie qui m’empêchait d’accéder à la suite de l’ouvrage en cours!!!

Et puis, cette énorme bibliothèque dans le château de ma commune, où j’accompagnais mes enfants côté « jeunesse », les laissant quelques minutes choisir leur propre lecture (la série « Monsieur » ou « Madame » a fait notre joie à toutes les trois pendant un certain temps) et m’éclipsais le temps de passer du côté des adultes emprunter les tout derniers livres parus! Policier (Cornwell, Japp, George), science-fiction, espionnage (Cussler, Easterman), romance (Steel), biographie (Lapierre), historique (Follet), … tout faisait ventre!

Et les insomnies sont arrivées, me permettant de grapiller encore du temps de lecture. J’ai alors investi (j’aurais sans doute dû prendre quelques actions dans la société!) dans l’achat de livres mis à disposition par un dépôt-vente et commencé mon fond de lecture. Et pratiqué (toujours d’ailleurs!) le prêt avec mes chères amies, chacune enrichissant l’autre de ses découvertes.

Et depuis une dizaine d’années, je fréquente (très) activement la médiathèque de ma ville où j’ai découvert très récemment (2016), le Club des lecteurs mensuel. Enfin l’occasion de partager, dans un cadre adapté, avec d’autres passionnés, de découvrir d’autres auteurs, d’élargir mon horizon littéraire!!!

Et cette envie de partager, j’en avais bien l’idée autrement, mais pas encore prête peut-être à me lancer… alors merci à ma Marraine Eli Zabeth, dite Zabouille, de m’avoir donné le petit coup de pouce!

Bonne découverte et surtout… bonne lecture!

(PS : ce blog est en cours de construction, soyez indulgents svp mais n’hésitez pas à me donner vos avis, idées pour l’améliorer)

La théorie des six

Jacques Expert

250 pages

Le Livre de Poche 2010, Anne Carrière, 2008

Julien Trussart a décidé de faire sienne la théorie des six énoncée par Frigyes Karinthy et de la vérifier : chaque être humain est proche d’un total étranger par une chaîne formée de quatre autres individus.

Comme il souhaite éliminer une personne en particulier, ce rigoureux employé de l’administration fiscale veut ainsi appliquer cette théorie de façon drastique : il commence par tuer un total inconnu et sympathise avec ses proches pour chercher dans sa chaîne de connaissances un nouvel intermédiaire, et ainsi de suite pour les quatre autres intermédiaires vers sa cible principale.

Et comme ce charmant monsieur est un brin pervers, il adresse en parallèle des courriers énonçant ses intentions à la commissaire divisionnaire Sophie Pont, qui représente tout ce qu’il exècre chez une femme, en vue de la faire échouer.

Alors c’est assez drôle évidemment, si l’on excepte totalement le côté pervers du monsieur, le fait qu’il tue, et notamment que cela peut tomber sur n’importe qui, simplement pour lui permettre d’atteindre son but ultime.

Car Julien est fan du Paris-Saint-Germain, ne lit que l’Équipe, consacre la majeure partie de son temps à son ménage et ses références sont toujours celles de sa maman adorée! Et ses penchants sexuels sont très axés sur les photographies des proches de ses victimes… c’est amoral et drôle à la fois!

Les autres personnages sont eux aussi assez caricaturaux : la commissaire divisionnaire Sophie Pont qui se sent obligée de jouer à la « dure » avec ses subalternes et notamment sa secrétaire Rachel qui est bien plus intelligente que Sophie ne le pense, l’univers policier, les gens croisés par Julien dans sa quête de la bonne personne à tuer – immigrés illégaux, gens de bonne famille, sans domicile fixe, ceux qui ont réussi ou ceux qui ont tout perdu, ceux qui sont en vue ou les parfaits anonymes. Peu importe, ce que cherche le tueur n’est pas là. Il souhaite simplement trouver des personnes ayant un réseau de connaissances suffisamment étendu pour atteindre son but, les individus ne sont plus sujets, mais objets.

C’est un livre court, qui se lit donc relativement vite, mais voilà du grand Jacques Expert! J’aime beaucoup ses livres habituellement mais ici la dose d’humour cynique est un plus, notamment les réflexions du tueur qui nous interpellent sur notre petite propension à vouloir par certains moments éliminer certains de nos proches qui nous tapent sur les nerfs! Et on pourrait même, bien malgré nous, éprouver un peu de tristesse pour ce personnage affecté par la vie…

Citations

« Reconnaissez-le : vous m’enviez ce droit de vie ou de mort dicté par le seul hasard de mon humeur du moment, en toute impunité ! Allez ! Avouez que c’est seulement la peur de vous faire prendre qui vous retient de supprimer un voisin trop bruyant, un supérieur hiérarchique qui vous mène la vie dure, un type avec qui vous êtes fâché, ou même votre chère épouse dans la seule présence vous est devenue insupportable. »

Le paradoxe du bonheur

Aminatta Forna

416 pages

Éditions Delcourt, janvier 2019

Un merveilleux livre de la rentrée littéraire de janvier 2019 adressé par les Éditions Delcourt, que je remercie chaleureusement pour cet envoi.

Petit préambule…

Des renards à Londres? Je ne savais pas. En effectuant quelques recherches, il semble que l’information est scientifiquement prouvée, avec environ dix-huit renards au kilomètre carré… Pourquoi dans une grande ville? Parce que la prolifération des déchets engendre la prolifération des souris et des rats, proies naturelles du roux animal. Celui-ci est donc dénommé « renard urbain », par contraste avec son congénère plus sauvage des campagnes.

… avant mon avis (très) motivé !

Cette étude des renards, c’est une partie du prétexte du roman d’Aminatta Forna. Je n’avais aucun a priori, sinon une curiosité pour ce fait inédit pour moi de l’urbanisation d’un animal que je voyais plutôt côtoyer les champs près de mon domicile.

Une partie en effet. Car si Jean, la biologiste américaine spécialiste de la faune sauvage, étudie le comportement de ces animaux, c’est à l’occasion de la poursuite de l’un d’entre eux qu’elle rencontre – « qu’elle tombe sur » serait plus juste – Attila, colosse Ghanéen, psychiatre spécialisé dans les traumatismes liés particulièrement aux zones de guerre.

Ces deux êtres que tout pourrait opposer, culture, métier, vie passée, mode de vie actuel (la nourriture notamment) vont se démener ensemble pour rechercher le neveu d’Attila, Tano, un petit garçon qui s’est enfui dans Londres. Et dans leur quête, ils vont être aidés par des personnes bien souvent déconsidérées, immigrées, sans qualification, mais avec au cœur des valeurs leur enjoignant de se tourner vers l’autre, même pour un enfant qu’ils ne connaissent pas. Et l’on découvre l’envers du décor de Londres, les portiers, les agents de sécurité, les chauffeurs de taxi, les balayeurs, les contractuels, les aides-soignants, … ainsi que des lieux échappant aux touristes et dans lesquels la nature a repris ses droits.

Mais cette recherche de l’enfant n’est pas non plus le centre du livre.

On y apprend aussi (ou l’on conforte ce que l’on sait) des informations sur les modes de vie des oiseaux, des coyotes et des renards, soit un aspect très « protection de l’environnement » ; mais également, on approche des notions de psychiatrie et de gestion de cas cliniques, tout en explorant la vie présente et passée de Jean et Attila et de certains de leurs proches : Ray, l’ex-mari de Jean, Luke, son fils, Maryse, la femme d’Attila, Rosie, son premier amour qui se meurt, les patients qu’il a aidés, …

De nombreuses réflexions très profondes sur le sens de la vie et les souffrances, des expériences réelles sont abordées dans ce livre : au moyen du personnage d’Attila, Aminatta Forna expose que le déterminisme, l’induction prédictive sont ainsi la cause de bien des erreurs de jugement entre des soi-disants experts et des patients par exemple, mais également entre individus lambdas. La peur de se confronter à de possibles souffrances peut ainsi engendrer le racisme, l’ostracisme, la violence.

***Attention spoil sur une phrase, sautez quelques lignes le cas échéant ***

(L’intense réflexion du psychiatre spécialiste des stress post traumatiques l’amène à comprendre qu’en réalité, ceux qui vivent sans souffrances sont l’exception, alors que l’idée générale pourra être inverse : la démonstration est ainsi très puissante! )

*** Rouvrez vos yeux !***

Un ouvrage d’une grande richesse, plein de poésie, dans lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde, bien que la mise en place ait pu me sembler un peu longue, des personnages très attachants, de vrais moments d’humour (lorsqu’Attila veut se nourrir, il ne fait pas semblant!), des liens humains et des qualités quelque peu oubliées, une certaine douceur.

Un véritable coup de cœur pour un livre qui va rester tout près de moi. La notion de bonheur, qu’il est somme toute assez difficile de préciser, est ici examinée à l’aune de la souffrance et la douleur, de la vie, de la survie, du deuil et de la mort.

La résilience, opposée à la peur de l’inconnu, est pour moi le maître mot de ce livre.

Je verrais bien une adaptation en film pour faire découvrir cette face cachée de Londres et des personnages bien campés, attachés à leurs valeurs.

Ça m’a également donné l’envie d’y retourner et de croiser un gentil renard… à défaut d’Attila!

Citations

 » Certains haïssaient les coyotes pour ce qu’ils étaient, et ce qu’ils étaient échappait au contrôle des humains. Face au droit des hommes d’agir à leur guise, (…), le coyote n’avait aucun droit. Pas même celui de mener sa propre existence.  »

« Pourrions-nous simplement garder en mémoire que nous parlons d’animaux, là ? Ils n’ont ni acte de propriété, ni carte d’électeur, et ne sont pas soumis à nos lois. Ils méritent notre protection.  »

 » Les insouciants ouvrent les bras et basculent dans l’amour, comme les rêveurs planent dans leurs songes sans peur du danger. Ceux qui savent que les histoires d’amour finissent toujours dans la souffrance ne tombent pas. Au lieu de ça, ils passent lentement de l’ignorance à la révélation.  »

 » Et il était au cœur de la ville et néanmoins environné de silence et de calme, un calme si profond qu’il avait l’impression d’avoir brisé quelque chose en venant ici. Tout, autour de lui, dans le jardin, retenait son souffle, semblait attendre qu’il disparaisse.  »

« – ‘La sécurité de nos enfants est ma priorité absolue. Je n’ai pas l’intention de m’aplatir devant ces balivernes politiquement correctes. Moi, je fais bouger les choses. En y mettant les moyens nécessaires. Le premier imbécile venu sait ce que cela implique.

– C’est donc que vous êtes un imbécile’, rétorqua Jean. »

La disparue de la cabine n°10

Ruth Ware

428 pages

Fleuve Noir, 2018

Un commentaire esthétique tout d’abord : la couverture est très belle, ce hublot qui donne vers la mer avec les gouttes d’eau qui coulent en relief, une vraie réussite !

Laura, journaliste pour un magazine touristique, est profondément choquée après le cambriolage de son appartement. D’autant que sa relation avec son petit ami, trop souvent absent pour affaires, est tumultueuse. Traumatisée, peu alerte après plusieurs nuits sans sommeil, elle décide néanmoins de participer pour son travail à la croisière inaugurale d’un luxueux bateau affrété par Richard Bullmer, richissime homme d’affaires.

Les premiers instants à bord sont ceux de la découverte de la magnificence des lieux et des autres passagers conviés par l’armateur autour d’un repas bien arrosé : journalistes, hommes d’affaires, mannequin, photographe, …

Alcool et fatigue ne font pas bon ménage, et lorsque Laura est réveillée par un bruit sourd, elle met du temps à réaliser qu’il s’agit probablement d’un corps qui vient de tomber à l’eau. Dès cet instant, la jolie croisière qui devait permettre à Laura de monter en grade prend une tournure très différente : en effet, la jeune femme est persuadée que la femme qu’elle a vue la veille dans la cabine numéro 10, voisine de la sienne, est forcément celle qui a disparu. Laura alerte les instances de sécurité du bateau, jusqu’au propriétaire lui-même. Mais aucun passager ni membre d’équipage ne manque à l’appel. Et pire encore pour la crédibilité de Laura, la Cabine numéro 10 est inoccupée suite au désistement d’un passager. Et aucun moyen de communiquer à l’extérieur du bateau, cae le wifi ne fonctionne pas.

Laura lutte contre le scepticisme des autres et ses propres doutes, dans lesquels elle se trouve néanmoins confortée lorsque des messages de menace lui sont transmis. Laura veut aller prévenir la police à terre, mais cela sera-t-il possible ?

J’ai bien aimé la montée en tension de la narration, l’alternance avec des mails échangés durant la croisière de Laura. Même si j’avais deviné très très vite l’intrigue, cette lecture m’a divertie. C’était plutôt un bon moment, j’aurais peut-être préféré une fin un peu plus « fun » et une héroïne un peu plus réactive… Voilà, prévisible est le terme sans doute approprié pour l’ensemble du livre, mais pour des lecteurs peu habitués au thriller, ça devrait bien fonctionner.

Citations

« Apparemment, la majorité des robes de bal sont conçues par des fillettes de cinq ans armées de pistolets à paillettes ; mais, au moins, celle-ci n’évoquait pas immédiatement une explosion dans une fabrique de Barbie. »

Beauté

Scénario et couleurs : Hubert

Dessin : Kerascoët

Tome 1 : Désirs exaucés, 2011

Tome 2 : La reine indécise, 2012

Tome 3 : Simples mortels, 2013

Éditions Dupuis

A l’époque des châteaux, des rois du nord et du sud et des valeureux chevaliers, Morue est une jeune paysanne très laide, affublée de ce surnom du fait de l’odeur qu’elle véhicule à force d’écailler du poisson.

Alors qu’elle se désespère de sa laideur, elle prend un jour pitié d’un crapaud et fait couler une larme sur lui. Ce crapaud se change en corbeau-fée dénommé Mab et propose à Morue d’exaucer son vœu le plus cher en remerciement de sa délivrance.

Morue souhaite la beauté, mais Mab ne peut modifier son apparence. Par contre, elle change pour toujours la perception de Morue chez les autres, et notamment les hommes. Ainsi prend naissance Beauté.

Beauté, qui ensorcelle malgré elle les hommes qui la voient, est obligée de fuir, et, trouvant refuge dans un château, s’éprend du chevalier Eudes. Mais la vilaine fée Mab veille et n’a de cesse de provoquer des caprices et des rêves de grandeur chez la jeune femme, qui a bien vite oublié sa précédente condition de servante.

S’ensuivent de nombreuses aventures, durant lesquelles Beauté fera tourner bien des têtes et causera bien des guerres, toujours sous l’œil intéressé des fées.

Bande dessinée en trois tomes, estampillée jeunesse, je la classerais plutôt pour des grands adolescents ou adultes, car certains dessins et dialogues sont assez explicites. Entre violence, appropriation de la femme uniquement pour sa beauté et ébats sexuels, la majorité des messages contenus dans cette série ne me semble donc pas convenir à des enfants, non susceptibles de prendre un recul suffisant. On se croirait dans les vieux contes de fées de Perrault et autres Grimm, bien avant qu’ils n’aient été remaniés à la sauce Disney!

Mais quelques idées dans le troisième tome notamment vont un peu chambouler l’ordre préétabli, ouf!

Ça se lit vite et bien, on a envie de savoir ce qui va arriver à Morue/Beauté et à ceux qui gravitent autour d’elle. Les dessins sont plutôt agréables, les dialogues écrits en caractères suffisamment grands pour ne pas gêner la lecture. Et je confirme que quand on voit Morue sous les traits de Beauté… elle est vraiment, vraiment, très belle! Un peu comme un dessin de manga, avec de grands yeux et pleine de douceur.

Éclair d’été

Tamara McKinley

452 pages

Éditions France Loisirs, 2009, L’Archipel, 2009

De l’Irlande de la fin du dix-neuvième siècle jusqu’aux années soixante en Australie, le destin d’une femme qui découvre tardivement qu’elle a été spoliée de son héritage.

Irlande, fin du dix-neuvième siècle. Henry, jeune homme de bonne famille, peintre, s’éprend de Maureen, jeune femme pauvre du village. Contrainte de s’enfuir pour protéger l’enfant qu’elle porte, Maureen est rattrapée par Henry, que son père a renié. Tous deux, gagnés par l’envie de réussir ailleurs, décident de traverser les océans pour s’installer en Australie.

De son côté, Kate Kelly, jeune fille irlandaise, quitte son village sur les conseils de sa mère pour devenir gouvernante et échapper à la misère et à la condition féminine de l’époque. Elle entreprend ainsi la traversée vers l’Australie pour accompagner un veuf et ses enfants.

Patrick Dempster, dit « Paddy », petit voleur et meurtrier, recherché par la police, espère lui échapper en tentant sa chance vers l’Australie.

C’est sur le bateau que les quatre protagonistes vont faire connaissance et que leurs destins vont se lier durant les six mois que dure le voyage.

Paddy est très attiré par Kate qui le rejette sentant le mauvais homme, manipulateur. Et il souhaite s’associer à Henry pour tirer le maximum de profit de mines de pierres précieuses.

Australie, années 1960. De l’union de Maureen et Henry est née Myriam. C’est elle qui, à soixante-quinze ans, ayant découvert qu’elle a probablement été privée de l’héritage de son père, veut laver son honneur et s’associe les services d’un jeune avocat, Jake, pour mener la procédure en justice.

C’est à travers le récit de Myriam et ses rêveries que l’on découvre le destin de ses parents et le sien propre et ce qui l’amène aujourd’hui à s’interroger sur cette possible spoliation. On fait ainsi connaissance avec la nouvelle génération, la fille de Myriam, Chloé, artiste peintre, son ex-mari Léo, lui aussi artiste renommé, et ses deux petites-filles, Louise et Fiona.

On suit la vie et les aventures des personnages tant du passé que du présent, avec pour cadre d’une part l’Irlande miséreuse et d’autre part, l’Australie des mines, des « stations » d’élevage, des grands espaces, de la chaleur et de la poussière.

J’ai lu plusieurs ouvrages de Tamara McKinley, j’ai toujours aimé son talent de me faire m’évader totalement grâce à des destins de femmes hautes en couleurs, dans cette Australie où tous les rêves semblaient pouvoir se réaliser, et celui-ci n’y échappe pas. Dépaysement total, je me suis laissée porter par ce livre déniché en Ressourcerie en septembre 2018, et j’en suis ravie!

J’aimais mieux quand c’était toi

Véronique Olmi

CD audio lu par l’auteure

3 h 09 découpées en 15 plages, dont une interview de l’auteure de 26 minutes

Audiolib, 2015, Éditions Albin Michel, 2015

La quatrième de couverture est si explicite qu’il me semble plus simple d’en poster la photographie pour exposer le sujet du livre.

Je n’avais pas lu la quatrième de couverture car bien souvent sur les livres audio, elles sont plus explicites que sur les ouvrages papiers. Ça m’intéressait donc de découvrir un court livre écrit par l’auteure de Bakhita, lu et beaucoup aimé en 2018. Et de surcroît, qu’il soit lu par l’auteure elle-même, qu’elle puisse ainsi faire doublement passer ses intentions.

Mais j’ai eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire du fait de la voix de l’auteure. Bien qu’elle soit également écrivain de théâtre et comédienne, sa voix n’est, à mon sens, pas vraiment « radiophonique » et a gêné mon écoute. De plus, j’ai trouvé peu intéressant le début, sauf quelques réflexions de Nelly sur sa famille, ses enfants, son métier.

Le tournant du livre et d’une certaine façon une mise en abîme de son personnage principal intervient lorsqu’elle monte sur scène et se retrouve pétrifiée par ce spectateur inattendu.

Dès cet instant, le rythme est plus soutenu, une sorte de schizophrénie se met en place, Nelly la femme et Nelly l’actrice se dédoublent, semblent vivre des existences parallèles durant le premier acte de la pièce de théâtre. Il s’agit à mon avis du meilleur moment du roman : on vibre avec la comédienne, on voudrait la soutenir, l’aider à se lever, lui faire oublier la femme meurtrie pour ne plus se préoccuper que du jeu scénique.

Après cet acte, la narration perd à nouveau ce rythme, jusqu’au moment où Nelly décide de faire un choix quand à ce perturbateur, non seulement de sa vie de femme, mais aussi de sa carrière. Elle va le trouver pour lui signifier sa décision et on sent la tension lorsqu’elle se remémore leur passé commun, l’opportunité de l’avenir et les impossibilités qui s’offrent à eux.

À ce moment, la narration s’emballe, les mots sont des pulsations du cœur de la femme qui doute, et la femme prend le dessus sur la comédienne.

J’ai un avis très mitigé sur ce livre : des moments où je me suis franchement ennuyée, mon esprit vagabondant durant l’écoute. D’autres durant lesquels je me suis dit que j’attendais impatiemment de savoir pourquoi Nelly disait à son interlocuteur – réel ou imaginaire – de la gare de l’Est, qu’elle était « morte hier », que tout son univers s’était écroulé. D’autres encore où j’ai bien aimé en connaître plus sur le déroulement de la journée d’une comédienne, et sur ses ressentis : excitation, peur de perdre sa voix, son texte, nécessité de faire le vide pour ne se donner qu’à son personnage, obligation de faire face sur scène quoi qu’il arrive.

Et j’ai vraiment été happée par deux moments clés : comment Nelly doit affronter son spectateur inattendu, et la toute dernière scène.

Enfin, et c’est une première depuis que j’écoute des livres audio, un entretien avec l’auteure est placé en dernière plage (15) du CD. Durant vingt-cinq minutes, Véronique Olmi expose à la fois ses intentions d’écriture du présent ouvrage et son envie de porter elle-même la version audio, mais revient également sur d’autres livres et les sujets qui lui tiennent à cœur, sa manière de travailler. J’ai vraiment apprécié d’en apprendre ainsi plus sur l’auteure.

Le journal de ma disparition

Camilla Grebe

428 pages

Calmann-Lévy, 2018

Deuxième livre du challenge annuel lancé par Séverine (blog Ilestbiencelivre), avec pour le mois de janvier la consigne de lire un livre avec une couverture évoquant l’hiver.

Ce livre fait suite à Un cri sous la glace, on y retrouve les mêmes personnages, qui doivent aider à résoudre une vieille affaire du meurtre d’une enfant dans un petit village enneigé, Omberg.

Mais voilà que Peter a disparu. Hanne est retrouvée errant dans la neige et ayant perdu ses repères. La jeune Malin, inspectrice originaire du village, et qui avait autrefois découvert la fillette morte, va assister le policier Manfred, ami et collègue de Peter, pour mener l’enquête.

Jake, un jeune garçon déboussolé par la perte récente de sa mère, prend part malgré lui à cette affaire, car il a trouvé le journal que tient Hanne depuis que sa perte de mémoire devient plus prégnante. C’est au travers de sa lecture qu’on va comprendre petit à petit ce qui s’est passé.

L’histoire se construit donc de l’alternance du récit de Malin et de Jake, lui-même lisant le journal de Hanne.

On est quasiment dans un huis clos avec ce village reculé qui compte quelques familles disséminées par-ci par-là, une bourgade qui a perdu presque tous moyens économiques et dont les migrants, qui sont installés dans une ancienne boutique reconvertie en centre d’accueil, sont devenus la cible de propos et d’actes outrageants.

Une fois de plus, les personnages sont particulièrement fouillés, leurs ressentis décortiqués, avec en toile de fond la misère sociale et la xénophobie latente. Ils semblent tous être sur le point de basculer dans une autre vie : Hanne qui perd la mémoire, Jake qui cherche son identité, Malin qui doit se marier.

Le déroulement et la résolution de l’enquête vont les mener à s’interroger et à opérer des choix très importants pour leur avenir.

L’atmosphère est oppressante, la neige semble tout envelopper et permettre que les crimes restent impunis en effaçant les traces.

C’est très bien fait et malin de la part de l’auteure d’intégrer les pages du journal d’Hanne dans la narration de Jake… je n’avais qu’une envie, tourner plus vite les pages en me disant que si j’avais été le garçon, je serais allée directement à la dernière !

J’ai encore plus apprécié cet ouvrage que le premier roman de Camilla Grebe, j’ai hâte de lire le prochain qui sera édité en français !

Citations

« J’écris le journal de ma disparition. Pas physique, mais métaphorique – car chaque jour qui passe, je m’enfonce un peu plus dans le brouillard. »

« P. est comme une drogue pour moi. Une drogue extraordinaire dont je ne veux me passer sous aucun prétexte.

Il était la drogue ; j’étais la toxicomane, qui suis-je pour l’accuser à présent ? »

« Peut-être ai-je peur d’Ormberg – ou plus exactement, de ce qu’Ormberg ferait de moi si je restais. Je suis persuadée que je me transformerais, serais engloutie dans le désespoir qui plane sur ces contrées et deviendrait’s comme tous les autres.

Gris, étroits d’esprit, sans rêves. »